Garbajosa : « N’être pas loin, ça ne veut rien dire pour moi ! »

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Manager de Montpellier Dimanche face à Gloucester, les Héraultais jouent déjà leur survie européenne. Cette semaine, le ton de l’entraîneur en chef du MHR, comme l’intensité des séances, sont montés de deux crans.

Comment s’est déroulé votre début de préparation après cette défaite inaugurale au Connacht ?

Encore une fois, il a fallu mettre le doigt sur des choses qui sont désagréables mais qui nous coûtent cher depuis pas mal de temps. À savoir, la discipline (11 fautes et un jaune en Irlande, N.D.L.R.) et les détails. Car on a laissé filer ce match au Connacht, qui, à mon avis, nous tendait les bras. Par manque de maîtrise, d’organisation et aussi parfois de solidarité. À un moment donné, c’est facile de tomber sur les uns et les autres quand ils font des fautes. Mais pour moi, quand il y en a un qui se trompe, c’est toute l’équipe qui se trompe. On a donc tenté de replacer les choses dans leur contexte et de mettre plus d’exigence dans le travail.

Par quoi cette volonté s’est-elle matérialisée au quotidien ?

Nous sommes montés en intensité lors des séances, dans les efforts demandés comme sur la durée. Je ne crois qu’au travail et je pense qu’on devra passer par des moments un peu rudes, difficiles, afin de pouvoir créer du liant et de la cohésion entre nous. Trouver des certitudes quand on est dans le dur physiquement, car il n’y a que comme ça qu’on parviendra à relever le défi. Il faut que ça soit difficile aux entraînements pour que le match reste un plaisir. Aujourd’hui, ce n’est pas tout à fait le cas.

Malgré cela, le MHR ne semble pas loin de gagner à chaque fois…

C’est vrai. Mais pour moi, ça ne veut rien dire ça ! Pour l’instant on n’est pas prêt et l’équipe n’est pas dans les clous. Ça en revanche, c’est réel. On a donc travaillé plusieurs détails : la continuité de notre jeu et surtout, la non-acceptation de faire tomber des ballons (16 turnovers concédés au Connacht) ou de mal jouer une combinaison annoncée. Je crois que si chacun respecte son travail ; au-delà des schémas et des systèmes ; tout en donnant son meilleur pour l’équipe, elle en tirera les bénéfices.

Les retours des leaders, peuvent-ils justement aider le groupe à trouver ce déclic collectif dimanche ?

Une équipe reste un assemblage d’individus. Parler, discuter, c’est une chose. Mais les paroles s’envolent et les faits restent […] Certes, les leaders ont un rôle important à jouer dans le groupe, sur le choix de certaines choses dans la préparation, sur le terrain et dans l’exemplarité. Mais il n’y a pas qu’eux ! Les autres, y compris les garçons qui sont hors groupe, doivent aussi prendre conscience que c’est l’hétérogénéité de ce groupe, technique et mentale, qui fait sa richesse. Et si tous les joueurs se sacrifient pour l’équipe, là, les attitudes et les signaux seront bons.

Après avoir protégé vos troupes, vous semblez désormais vouloir chasser toute forme de positivisme de votre discours…

Arrêtons de voir le positif et concentrons-nous sur le fait que nous n’y sommes pas. Le groupe doit continuer à bosser avec cette idée en tête, avec cette frustration qui était la nôtre en partant du Connacht. Car il faut aussi savoir se rappeler de ce genre d’épisode, de ce goût amer qu’il laisse dans la bouche. Et surtout, revenir avec l’envie de faire mieux. On peut se tromper une fois, mais répéter continuellement les mêmes erreurs, ça devient une faute.

Avez-vous tenté d’apporter aussi des changements stratégiques au plan de jeu de votre équipe, qui semble sans solution dans la difficulté ?

Nous n’avons pas tout changé, mais on a plus appuyé sur certains points que d’habitude. Je crois qu’au lieu de chercher plusieurs solutions, on (le staff) va essayer d’en trouver une et de s’y tenir. Tout en tentant d’être plus convaincants avec les joueurs, afin qu’ils soient convaincus. On va donc prendre une option de jeu tactique et ne plus en déroger. Et surtout, la travailler à haute intensité, sous la fatigue, afin de le mettre en application dimanche.

Ce premier match couperet de la saison dimanche, devrait vous apporter une réponse sur la capacité de votre groupe à se transcender…

La réponse, je l’ai déjà eue le week-end dernier sur notre incapacité à gagner un match déterminant pour la suite. Maintenant les garçons savent que pour se qualifier, ce qui reste un objectif majeur du club, il faudra gagner les cinq prochains matchs. Ils avaient le droit à un joker ? Et bien ils l’ont posé sur la table dès le début ! Il n’y a pas de souci. Maintenant, à eux de se responsabiliser.

Un mot sur Gloucester ?

C’est une équipe habituée aux joutes européennes, qui, quel que soit l’adversité, à un haut niveau d’investissement et d’engagement. Nous avons vu le week-end dernier, les Toulousains, qui ont aujourd’hui retrouvé une forme de halant et de dynamique, avoir les pires difficultés du monde pour battre Gloucester. Et si on ne retient que la première mi-temps des Anglais, avec une énergie débordante en défense et énormément de pression, il faut s’attendre une nouvelle-fois à un gros (gros) rendez-vous.

Julien Louis
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