La colline a des yeux

  • Fritz Lee (Clermont) face aux Harlequins
    Fritz Lee (Clermont) face aux Harlequins Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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S’ils souhaitent sceller leur retour au plus haut niveau européen, les Auvergnats devront faire fi du contexte intimidant de Ravenhill.

Si les enjeux financiers du rugby professionnel ont conduit la province de l’Uslter à rebaptiser son stade Kingspan, du nom d’une multinationale irlandaise spécialisée dans les matériaux de construction, on ne s’imagine pas plus d’une seconde lui préférer son actuelle dénomination à l’historique et romantique Ravenhill, alias « la Colline aux corbeaux ». Un lieu mythique, dont l’évocation à elle seule évoque un lieu lugubre. Pour ne pas dire un coupe-gorge, une citadelle imprenable digne des décors tout proches de la série culte « Game of Thrones ». Bref, un stade historique de la Coupe d’Europe, où les Clermontois ont perdu lors de leur dernière visite après y avoir ramené un double bonus homérique (39-32), et où les petits gars de Belfast attendront encore leurs visiteurs de pied ferme après leur précieux succès ramené de Bath, à la grâce de deux contres conclus en vitesse par Cooney et Lyttle, ainsi que d’un sauvetage in extremis de Jacob Stockdale à la dernière seconde, interceptant du bout des doigts une passe de Mercer pour Rokodoguni. « On a regardé le match de l’Ulster ensemble, alors nous avons pu voir à quel point ils étaient déjà en place en défense, solidaires et opportunistes », confiait l’arrière Nick Abendanon. « Ce sera un gros combat, un défi de tous les instants face à une équipe qui ne lâche rien durant quatre-vingts minutes », prolongeait de son côté le flanker Alexandre Lapandry, de retour à la compétition, tandis que Paul Jedrasiak louait de son côté une équipe « très agressive dans ses montées, très impliquée au grattage dans les zones de rucks et experte dans la gestion des ballons portés » sur laquelle le demi de mêlée écossais croyait de son côté déjà déceler la patte de son ancien entraîneur Dan McFarland.

Hausser les standards physiques

Injouable, alors ? Certainement pas, à la double condition de voir les Auvergnats évoluer eux aussi à leur meilleur niveau, et surtout tenir physiquement le rythme endiablé que chercheront à leur imposer leurs adversaires. « L’un des marqueurs du rugby irlandais est la capacité à enchaîner les longues séquences de jeu à haute intensité et l’Uslter n’y fait évidemment pas exception, pointait Franck Azéma. Selon les standards européens, il y aura une quinzaine de séquences de jeu supérieures à une minute contre cinq en moyenne en Top 14. Comme nous n’avons que quatre jours de récupération, il s’agira d’abord pour nous de « refaire du jus » pour y répondre… Ensuite, il conviendra d’élever tous les curseurs, dans l’agressivité, la discipline et la lucidité pour s’assurer d’une défense bien en place et être capable de profiter et de jouer au mieux toutes les opportunités qui se présenteront. »

Des occasions sur lesquelles les Raka, Yato, Moala et autres Toeava brûleront de se jeter. Comme pour mieux ramener au silence cette colline aux corbeaux qui voudra pourtant pousser de tout son poids, vendredi soir, et sceller définitivement aux yeux de l’Europe du rugby le retour de Clermont à son meilleur niveau…

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