La Rochelle : fâcheux détails

  • Champions Cup - Alexi Balès et les Rochelais n’ont pas su trouver la faille dans la défense d’Exeter. Il faudra relever la tête à Sale.
    Champions Cup - Alexi Balès et les Rochelais n’ont pas su trouver la faille dans la défense d’Exeter. Il faudra relever la tête à Sale. Icon Sport / Icon Sport
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Après la défaite contre Exeter, Jono Gibbes et ses joueurs ont regretté les petits détails, offrant selon eux la victoire aux Anglais. Des choses qui seront à rectifier pour la deuxième journée et ce déplacement à Sale, déjà capital pour la qualification des Rochelais.

Deux thèses sont possibles pour analyser la défaite des Rochelais contre Exeter (12-31). La première, sans concession, alarmiste et sans doute un peu extrême : celle qui déplore que La Rochelle n’avait pas le niveau contre les Anglais, est dépassée et a montré ses réelles limites face à un adversaire rodé, juste et ambitieux à défaut de surjouer. La seconde thèse, celle que les Maritimes ont répétée à foison devant les médias, est beaucoup plus nuancée. Il serait question, selon Jono Gibbes, Arthur Joly ou encore Romain Sazy, de simples détails, modifiables et très vite modifiés, permettant à La Rochelle d’arriver au niveau du vice-champion d’Angleterre pour ne parler que de lui. "J’ai expliqué aux gars que même si c’était une défaite à la maison, il y a énormément de choses qu’on est capables de garder et peut-être même de voler à Exeter, soulignait le manager rochelais. Si on garde cet esprit défensif et qu’on arrive à avoir un ballon plus propre, plus rapide pour les demis de mêlée, on peut gagner ce petit demi-mètre en plus que les trois-quarts ont besoin pour casser la ligne d’avantage."

Ne s’agit-il que de cela ? Sans doute pas mais hors de question d’être naïf et de croire que les Rochelais sont dupes quant à leur réel niveau du moment. À la sortie du stade samedi dernier, nous rapportions rapidement à un fidèle abonné les récents propos entendus en conférence de presse et le même son de cloche entendu chez tous. Sa réponse ? "S’ils disent ça, c’est qu’ils savent très bien que la marge est grande entre les deux équipes. Le plus important c’est qu’entre eux, ils en soient conscients."

Une première réponse dimanche

Pourtant, vous imaginez bien que les Rochelais ont raison de ne pas se montrer alarmistes. Dans une saison où tout peut changer extrêmement vite, où la forme de la veille peut être aux antipodes de celle du lendemain, tirer la sonnette d’alarme viendrait instaurer qu’un climat de défiance autour d’un groupe qui n’a jamais paru aussi soudé. "On doit passer ce cap en Champions Cup pour créer une histoire pour les joueurs, pour cette génération de Rochelais, disait Jono Gibbes samedi soir. C’est le niveau qu’on recherche, notre ambition est d’être compétitif en Champions Cup chaque année. Les matchs comme ce soir, c’est la réalité des choses qu’on a besoin d’améliorer." Comme pour anticiper les analyses des journalistes et/ou des supporters, le pilier droit Arthur Joly a rejeté une quelconque crise. "Ce n’est pas la crise, ce n’est rien du tout." Mais qui avait parlé de crise ? Loin de nous cette idée-là, certes alléchante pour vendre un papier pour certains mais bien souvent éloignée de la vérité. Indéniablement, la réalité du moment requiert une réaction.

Elle sera attendue dimanche à Sale contre les Sharks, également défaits à Glasgow lors de la première journée (13-7). En une semaine, il serait étonnant que les Rochelais aient réglé tous les petits détails qui les éloignent des équipes en forme de novembre. Ce qui est sûr, c’est qu’il est plus facile d’ajuster quelques petits ingrédients, de préciser quelques petits éléments, de spécifier quelques petits paramètres, pour que les détails tournent enfin en faveur des Rochelais. Et surtout, que la petite voix répétant cette idée nauséabonde qu’un plus important problème alimente les récents résultats en dents de scie du Stade rochelais, retourne très vite dans le cachot des analyses farfelues et des "blablateurs" du dimanche.

Paul Arnould
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