• Ballon en main, un joueur de l’équipe de France de rugby adapté vient défier les défenseurs du XV de l’Élysée : ce premier match entre valides et personnes souffrant de handicap mental, a fait sauter bien des barrières.
    Ballon en main, un joueur de l’équipe de France de rugby adapté vient défier les défenseurs du XV de l’Élysée : ce premier match entre valides et personnes souffrant de handicap mental, a fait sauter bien des barrières. Gérard Larroque / Gérard Larroque
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Première pour l’équipe de France de rugby adapté

À l’initiative du XV de l’Élysée, le premier match de l’équipe de France de rugby adapté s’est déroulé à Suresnes contre une équipe de joueurs sans handicap. L’expérience sera renouvelée.

C’est une grande première, et cet événement sportif a nourri l’élan vital de l’inclusion véritablement des personnes handicapées mentales dans la société : l’équipe de France de rugby adapté a disputé son premier match samedi dernier à Suresnes, et c’était contre une équipe de joueurs sans handicap. Ce match a été initié par le XV de l’Élysée, l’équipe du Palais présidentiel, créé il y a une dizaine d’années, et dont l’activité comprend dans sa nature des sorties caritatives. Il y a quelques mois, ses responsables avaient sollicité la Fédération Française des Sports Adaptés (FFSA), l’association qui gère le sport des personnes souffrant de handicaps mentaux, pour organiser cette rencontre inhabituelle dans un sport de combat. "Nous voulions monter qu’il n’était pas nécessaire d’être valide pour jouer au rugby et pour avancer dans la vie, explique Cédric Ahuir, le secrétaire général de l’AS Élysée Rugby. Et quoi de mieux pour le montrer, que d’organiser un match réel, avec engagement réel, entre une équipe de rugby adapté et une équipe classique."

Il a fallu quelques mois pour organiser la chose, un an à peu près, jusqu’au match de samedi et ce rassemblement hétéroclite. L’équipe de France de rugby adaptée n’existait pas. Il a fallu la créer.

Noël avant l’heure

La deuxième finale du championnat de France FFSA, organisée à Hyères au mois de juin, avait servi à superviser l’ensemble des pratiquants. Les quatorze joueurs sélectionnés ont reçu leur convocation il y a quelques semaines, et ils sont venus à Suresnes par leurs propres moyens, le jour même ou la veille, et d’à peu près tous les coins de France, de Charente, du Centre, du Nord, d’Auvergne et des Pays-de-Loire. "Je remercie vivement ce XV de l’Elysée de nous avoir proposé ce grand moment de partage, de convivialité, d’échange et d’amitié, s’est émue Colette Feron Grenouilleau, la secrétaire générale adjointe de la FFSA. C’est une belle leçon d’humilité d’y avoir pensé. Et je peux vous dire que nos joueurs étaient aux anges de pouvoir jouer cette rencontre. Ils m’ont dit que c’était Noël avant l’heure." Pour pouvoir organiser une opposition équilibrée, les règles du rugby adapté ont été utilisées. Les deux équipes se sont affrontées en rugby à 7 sur un demi-terrain avec deux mi-temps de sept minutes. Pour le reste, les joueurs se sont affrontés selon les règles de l’art, avec plaquage et percussion sans aucune restriction. L’Élysée s’est imposé dix essais à deux. "Mais on a pris des tampons, et on a encaissé le premier essai, relate Cédric Ahuir. Ils ont marqué en tapant un par-dessus qui nous a scotchés, et c’est la première fois qu’ils jouaient ensemble. Ils ont vraiment eu la "gnac" et nous ont surpris. C’était vraiment intéressant, sur le plan sportif et sur le plan humain. Il n’y a vraiment aucune barrière dans le sport." Le principe d’un deuxième match a déjà été arrêté pour la saison prochaine.

Guillaume Cyprien
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