Nouvelles secousses autour du MHR

  • Mohed Altrad, le président de Montpellier.
    Mohed Altrad, le président de Montpellier. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Les tensions entre Ligue et Fédération ont été ravivées par la décision de la commission d’appel de la FFR de réviser la sanction de la Ligue envers Montpellier pour dépassement du Salary Cap. Explications.

Sanctionné le 7 octobre par la LNR d’une amende de 400 000 euros pour un dépassement du salary cap (saison 2017-2018), le Montpellier Hérault Rugby avait alors décidé d’interjeter appel devant la commission compétente de la FFR. Une démarche qui a abouti, ce jeudi, la commission d’appel fédérale décidant d’annuler ladite sanction, fixant seulement la somme de 120 000€ pour "manquement du club aux obligations de transparence." Une décision d’ordre réglementaire qui aurait pu disparaître dans le flot des informations. Sauf que le contexte, explosif, a fait grincer des dents.

Tout d’abord, cette relaxe est prononcée neuf jours seulement après que les Saracens, mastodonte du rugby outre-Manche, aient écopé d’une sanction record (plus de 6 millions d’euros d’amende et 35 points de retrait au classement de leur championnat) pour des pratiques également contraires aux règlements du salary cap anglais. Les Saracens avaient d’ailleurs annoncé, quelques jours plus tard, renoncer à faire appel.

Souvenirs de 2018

En France, l’identité du club mis en cause a généré des suspicions. Propriété de Mohed Altrad, dont l’entreprise est également sponsor maillot du XV de France, le MHR et son président avaient déjà été les cibles, par le passé, d’accusations de favoritisme sur un dossier arbitré en leur faveur… par la commission d’appel de la FFR. Sur ce cas, le président de la FFR Bernard Laporte est mis en cause, accusé d’être personnellement intervenu auprès du président de la commission d’appel, Jean-Daniel Simonet. C’était en 2018 et l’affaire est toujours en cours de traitement au parquet national financier.

Le passif est propice aux suspicions, donc, concernant le rendu de ce dernier verdict. Auquel la LNR (Ligue nationale de rugby) a choisi de répondre, par le biais d’un communiqué de presse, en commençant par affirmer le sérieux du jugement qui avait été rendu de son côté, en première instance. "La LNR ne peut que s’étonner et déplorer la remise en cause de cette décision de 1re instance, prise sur la base du rapport du Salary Cap Manager et en application des procédures prévues par le règlement du Salary Cap dont il est de la responsabilité des commissions compétentes d’assurer l’application. Elle attend donc les attendus de cette décision d’appel pour déterminer les suites qu’elle y donnera." Une manière tout juste cordiale de placer une pierre dans le jardin de la FFR. La démarche est tout sauf anodine, alors que les tractations sont actuellement vives, en coulisses, entre la FFR et la LNR pour décider des modalités de mise à disposition des joueurs internationaux auprès du XV de France.

Symptomatique de ces tensions, la FFR a décidé, à son tour, de répondre à son homologue, toujours par voix de communiqué de presse. Elle rappelle sa souveraineté sur ces dossiers réglementaires. "La Fédération Française de Rugby a pris connaissance du communiqué de la Ligue Nationale de Rugby commentant une décision de la Commission d’Appel de la FFR relative à un dossier de Salary Cap impliquant un Club professionnel. La FFR souhaite rappeler que les organes disciplinaires ont une compétence souveraine pour prononcer des sanctions à raison de faits contraires aux règles posées par les statuts et règlements de la ligue professionnelle." Après une année d’accalmie, les relations LNR-FFR viennent de perdre soudainement de leur esprit constructif.

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