• Anthony Belleau a délivré les Toulonnais au bout du temps additionnel d’une ultime transformation après l’essai de Charles Ollivon.
    Anthony Belleau a délivré les Toulonnais au bout du temps additionnel d’une ultime transformation après l’essai de Charles Ollivon. / Julien Poupart
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Challenge Cup

Toulon : Cardiaques, s’abstenir

(17-16) Malmenés par des Scarlets bien organisés, les joueurs du RCT ont dû attendre la 91e minute, et une transformation d’Anthony Belleau au bout du bout du suspens pour enchaîner un deuxième succès en Challenge Cup. Et prendre seuls la première place de la poule 2.

Devinette : à quand faut-il remonter pour trouver trace d’une série de quatre matchs sans défaite du RCT ? Tic tac, tic tac. Le temps est écoulé. Vous donnez votre langue au chat ? Alors on vous aide : il faut se replonger dans la saison… 2016-2017. Alors entraînés par Richard Cockerill, les Varois terminaient leur saison en boulet de canon, enchaînaient six victoires consécutives et n’échouaient qu’en finale du Top 14, contre Clermont. Le dernier succès de cette série ? La demi-finale contre le Stade rochelais, entraîné par… Patrice Collazo. Le bourreau des Maritimes ? Un certain Anthony Belleau qui, en pleine découverte du très haut-niveau, décrochait un drop d’anthologie à la dernière seconde de la rencontre. Alors cette transformation qui rentrait après avoir heurté le poteau du stade Mayol à la 91e minute de jeu a dû rappeler de drôles de souvenirs au coach, désormais toulonnais. "La transformation ? Je l’ai regardée oui. Mais avec Anthony Belleau… Je savais qu’il allait la mettre. Il m’a tellement fait de mal avec le drop passé au Vélodrome, que je me suis dit que peut-être, pour une fois, il allait me faire du bien, s’amusait le manager du RCT après la rencontre. Cela ne va pas effacer tout le mal qu’il m’a fait, mais c’est important surtout pour tout le bien qu’il a fait pour l’équipe."

Le duo Gros-Setiano en démonstration

Car les Toulonnais ont une nouvelle fois failli scier la branche sur laquelle ils étaient confortablement installés. Dominateurs, grâce notamment à la performance du duo Gros-Setiano, qui mettait au supplice la mêlée galloise, les Varois construisaient sereinement leur succès. Mieux, les coéquipiers de Belleau voyaient Ratuva - Scarlet le plus performant depuis le coup d’envoi - écoper d’un carton rouge (40e+4) pour un déblayage à la tête sur Gorgodze. Leurs protégés en supériorité numérique, les supporters qui avaient choisi d’affronter l’alerte pluie qui menaçait Mayol pensaient alors voir leur équipe dérouler. Mais le sport n’est pas une science exacte. Et encore moins quand il est pratiqué par le RCT. Ici tout est différent ? Encore et toujours, ma bonne dame. Car au retour des vestiaires, le collectif varois s’est délité. La sortie de Carbonel, inspiré malgré une défense agressive des Scarlets ? La parfaite lecture des lancers en touche de l’ancien Toulonnais, Kruger ? Le syndrome de la supériorité numérique qui fout les chocottes ? "On a baissé de rythme, tout simplement. Nous ne sommes pas restés dans le cadre, et peut-être qu’inconsciemment nous nous sommes relâchés avec le carton rouge", tentait d’expliquer Ollivon. Il faudra alors un supplément d’âme pour que les Varois fassent basculer la rencontre. Et bien aidés par l’entrée d’un excellent Parisse, et le récital de son pack, les Varois finissaient par prendre le meilleur sur leurs adversaires, d’un essai inscrit sur ballon porté à la 89e minute. Un score de 15-16 en faveur des visiteurs, une ultime transformation en coin pour Anthony Belleau au bout du suspens, une parole de Baptiste Serin à l’oreille de son coéquipier, une prise d’élan, un poteau… Vous connaissez la suite de l’histoire. Toulon, désormais seul en tête de la poule 2, peut rebasculer sur le Top 14, et son déplacement à Pau. Pour enchaîner un cinquième match sans revers ? Réponse samedi prochain…

Pierrick Ilic-Ruffinatti
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