Montpellier : au bonheur des choses simples

  • Caleb Timu (Montpellier), face à Gloucester.
    Caleb Timu (Montpellier), face à Gloucester. Icon Sport / Icon Sport
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(30-27) Grâce à ce succès étriqué, décroché après avoir passé plus de vingt minutes à quatorze, les héraultais gardent un espoir de qualification. L'essentiel est assuré, malgré le bonus laissé aux Anglais.

« ll va falloir insister dans le combat, en faisant des mêlées et mauls pour gagner. Car dans le jeu de mouvement, les Anglais jouent très vite. » Analyse prémonitoire à quelques instants du coup d’envoi, signée du directeur du rugby du MHR, Vern Cotter, assis en tribunes. Quatre-vingt minutes plus tard, les Cistes décrochent un succès capital grâce à leur mêlée et leur travail de sape dans les rucks. La mêlée d’abord, qui fut une base de lancement de jeu prioritaire, puisque deux de leurs trois essais sont consécutifs à une domination dans ce secteur clé. Le premier inscrit par Jan Serfontein à la suite d’une superbe passe sautée de Bouthier et d’un coup de pied à suivre de Reilhac. Et le second est consécutif à un ballon récupéré sur une introduction adverse à cinq mètres de la ligne, bonifié tout en puissance par Timu. Sans oublier la dernière pénalité passée par Benoît Paillaugue (64e ), après une faute récoltée en… mêlée. Au total, les Héraultais auront récolté cinq pénalités dans ce domaine capital, où Grégory Fichten aura fait souffrir mille supplices à son vis-à-vis anglais Fraser Balmain. Défaillants en début de saison sur ce point, les locaux ont retrouvé de la cohésion et de l’avancée.

Chilachava, la « poison » pilote

Un constat que l’on pourrait aussi dresser sur la prestation défensive des partenaires de l’irréprochable Jan Serfontein. Bousculés pendant vingt minutes suite à l’exclusion de Jacques Du Plessis, les Héraultais se sont resserrés en défense pour résister aux assauts anglais. Et s’ils ont cédé à trois reprises au total, ils ont réussi à sauver l’essentiel. En s’appuyant également sur des mauls gagnants, sauf près des lignes. Autre secteur clé, surtout en première période, les rucks. Les Montpelliérains ont dominé les débats sur le jeu au sol et récupéré de nombreuses munitions. Dont trois précieuses pénalités. Intenable, Levan Chilachava a régné en maître dans cette zone (trois fautes glanées). En ralentissant aussi de nombreuses sorties de balle anglaise pour réduire la vitesse élevée de leur jeu de mouvement.

La solution dans l'axe

Sans briller, les hommes d’un Xavier Garbajosa très remonté par le scénario presque catastrophique du match (lire l’entretien), ont misé sur un jeu de pression très efficace. Ils ont contenu les joueurs de Gloucester dans leur camp, qui ont eux continuellement tenté de relancé à la main proche de leur enbut. Et à force de s’exposer, les Anglais se sont fait piéger. Patients, les Bleu et Blanc ont exploité avec brio la puissance supérieure de leurs avants, qui ont souvent avancé dans un rugby axial programmé. Parfois simpliste, certes, mais pour une fois globalement maîtrisé. Au bonheur des choses simples, le MHR retrouve la voie du succès, après un nul ramené de Toulon et une défaite frustrante au Connacht, où ils avaient péché sur ces points évoqués. Dommage qu’ils retombent toujours, à un moment ou à un autre, dans leurs travers, qui leur ont coûté le bonus offensif dimanche. Et permis à Gloucester de ramener un bonus défensif. Préjudiciables pour la suite ? Certainement… Mais Montpellier est toujours en vie en Champions Cup !

Julien LOUIS
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