Le Roux : « Promis, je ne râlerai plus »

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Absent à cause d’une blessure à une épaule contractée à son retour du mondial, l’international français, Bernard Le Roux, est enfin disponible pour son club. L’occasion de revenir avec lui sur la Coupe du monde et de se projeter vers l’avenir...

Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre parcours en Coupe du monde ?

J’ai encore beaucoup de déception au fond de moi. J’en ai eu encore plus lorsque j’ai vu la demi-finale entre l’Afrique du Sud et le pays de Galles. Il y avait vraiment la place pour faire mieux. Mais bon, c’est comme ça… Je préfère retenir ces quatre mois vécus avec un groupe génial. Pour moi, ce sont les quatre meilleurs mois de ma carrière. C’était vraiment incroyable. Depuis que je suis gamin, je rêvais de participer à une Coupe du monde. En 2015, j’y étais mais je n’y ai pris aucun plaisir. Je n’avais même pas envie d’en faire une autre tellement j’avais mal vécu cette compétition. Or, cette fois-ci, quel bonheur !

Votre sélection, alors que vous étiez suspendu et que vous ne pouviez pas jouer les matchs de préparation ni la rencontre face à l’Argentine, a fait un peu jaser. Comment l’avez-vous vécu ?

Ça a été une période difficile. J’ai reçu, sur les réseaux sociaux, des centaines de messages pour me dire que je ne méritais pas d’être sélectionné, que je n’avais pas ma place en équipe de France. Mais franchement, aujourd’hui, je m’en fous. Le pire, c’est que les mêmes personnes m’ont envoyé des messages pour s’excuser après le Mondial en disant que j’avais été bon… Personnellement, ce qui m’importe, c’est ce que les entraîneurs pensent.

Vous avez toujours revendiqué un poste de troisième ligne. Or, vous avez réalisé une très belle Coupe du monde en deuxième ligne. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je me suis toujours dit que si cette question se posait encore à mes 30 ans, j’arrêterais de vouloir absolument jouer en troisième ligne. Aujourd’hui, j’ai atteint cet âge. Donc, promis, je vais arrêter de râler (rires). Que ce soit en équipe de France ou au Racing, je jouerais en 2e ligne si on me le demande. De toute façon, c’est vrai que j’aime le combat. Je kiffe mettre de gros plaquages. Si tu me donnes trop d’espace, je ne sais pas quoi faire avec le ballon. Alors autant que j’aille dans les rucks pour faire le boulot (rires).

On dit que sur un terrain, vous êtes un vrai méchant. Vrai ou faux ?

(Il éclate de rire) Disons que pendant 80 minutes, je n’ai plus d’ami. Je pense que je suis un combattant… Enfin, c’est ce que je pensais avant de faire le stage avec le GIGN en amont la Coupe du monde (rires). Parce que franchement, eux, ce sont de vrais méchants, de vrais soldats. Eux, c’est un vrai boulot difficile. Nous, ça reste du rugby. Et puis, dans la vie, je ne suis pas méchant avec ma femme, ni avec les gens. Je ne fais pas de mal aux animaux. J’essaie d’avoir toujours la banane.

Avez-vous eu une discussion avec Laurent Travers à votre retour de la Coupe du monde à propos de votre poste sur le terrain ?

On en a parlé effectivement. Toto m’a dit que je jouerais au poste où l’équipe a besoin de moi. Mais il faut bien comprendre que c’est très compliqué de passer d’un poste à un autre. Ça implique d’apprendre des positions différentes dans l’alignement, dans la redistribution sur le terrain. Tout n’est pas si simple. Mais franchement, aujourd’hui, je prends tellement de plaisir que je m’en fous un peu.

L’aviez-vous perdu ce plaisir ?

Après la Coupe du monde 2015, je me suis posé beaucoup de questions. J’ai souvent été blessé, j’étais usé mentalement. Je n’arrivais pas à enchaîner les performances. Avec le recul, je pense que je me mettais trop de pression. Aujourd’hui, je ne joue que pour le plaisir.

Pendant le Mondial, a-t-il été difficile de voir la situation du Racing ?

Oui, bien sûr. Nous ne restions pas éveillés jusqu’à trois heures du matin pour voir les matchs, mais nous les avons tous enregistrés. Et on se retrouvait avec tous les Racingmen au petit-déj pour regarder les rencontres. On voyait bien que c’était difficile pour les jeunes mais ça leur a donné beaucoup d’expérience. Regardez samedi dernier contre le Munster, ils ont assuré.

Quel rôle jouez-vous avec les jeunes ?

Quand je suis arrivé au Racing, Jacques Cronje, Sébastien Chabal ou encore Johnny Léo’o m’ont beaucoup aidé. J’essaie donc de faire pareil. La transmission, c’est important. Je parle beaucoup par exemple avec « Ibou » (Ibrahim Diallo). D’ailleurs, je disais l’autre jour à « Wen » (Lauret) : « put… Ibou, il m’a emmerdé à l’entraînement avec des mouvements que je lui ai appris. » Bientôt, il va me piquer la place (rires). Mais, je suis heureux de le voir progresser.

Quel est votre avenir ?

Il me reste peut-être encore quatre ou cinq ans de rugby. Mon premier objectif, c’est d’atteindre les 200matchs avec le Racing. Il m’en manque que quelques-uns. Ensuite, j’aimerais bien un jour gagner la Coupe d’Europe. Je repense souvent à ces deux finales perdues… Et j’ai encore les boules. Et puis, si mon corps me le permet, pourquoi ne pas faire une troisième Coupe du monde ?

L’avenir immédiat, c’est le match contre l’UBB…

(Il coupe) Match très important. On a des points de retard, on doit absolument gagner. Surtout, ne pas penser aux Ospreys. On a eu une bonne réunion ce matin (lundi dernier) avec les leaders et c’est le message qui est ressorti pour ce match ! 

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