• Le duel tant attendu au centre du terrain entre Semi Radradra et Virimi Vakatawa a tenu toutes ses promesses.
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Le dernier mot pour Radradra

(30-34) Très actifs tous les deux, les centres Semi Radradra et Virimi Vakatawa se sont rendus coup pour coup. Mais c’est le Fidjien qui a réussi à faire gagner son équipe.

Ce n’est vraiment que la saison prochaine, qu’il sera possible de vérifier si "nul n’est irremplaçable", comme le signifiait en début de semaine Christophe Urios, au sujet de l’actualité du départ de Semi Radradra vers Bristol. L’esprit sans doute un peu chatouillé par la limite économique atteinte par son club dans ce dossier brûlant, ce transfert record établi sur le montant d’un million de livres sterling par saison - 1,2 million d’euros - dépassant les possibilités de financement de son président Laurent Marty, et menaçant trop son équilibre des dépenses pour ne pas sabrer le "salary cap" à la française, le manager bordelais avait préféré relativiser cette fuite en Angleterre en tapant dans les adages, plutôt que d’avouer la gravité de la perte. Le match de samedi lui a rappelé à quel point ce joueur se délace très au-dessus de la catégorie des interchangeables. Les deux compositions d’équipes annoncées par les managers préfiguraient un duel très excitant entre le fidjien et son adversaire Virimi Vakatawa. Les deux internationaux avaient quitté le Mondial japonais en laissant derrière eux une impression folle. Le match hallucinant de Semi Radradra livré contre le pays de Galles, dans le chant du cygne de la dernière apparition des Fidjiens, et la solidité de l’international français revigorant une ligne d’attaque tricolore bien trop pâle en son absence, les avaient placés dans la liste des meilleurs spécialistes du poste malgré la faiblesse de leurs collectifs pendant la compétition.

Un essai florilège

Leur duel de samedi après-midi a confirmé que leur niveau d’excellence les élevait dans une dimension parallèle.

Deux essais inscrits chacun par des interventions très tranchantes, et un carton jaune en prime reçu par tous les deux, pour un défaut d’engagement trop appuyé, ont signifié leur poids identique dans la partie par le biais simplifié des statistiques. Positionnés tous deux au poste de second centre, ils se sont parfois croisés au prix de quelques étincelles, se rendant coup pour coup dans le jeu courant, en se jaugeant sans retenue. Et malgré les éclairs lumineux de Virimi Vakatawa - deux prises d’intervalles très justes pour marquer ses deux essais - c’est bien Semi Radradra qui a eu le dernier mot, en inscrivant l’essai de la gagne, dans le florilège d’un petit condensé de toutes ses facultés. Une feinte de percussion pour masquer sa prise d’intérieur sur Brice Dulin, et un raffut puissant en bout de course, ont donné le succès aux siens. Son impact a été déterminant, et tout offensive et séduisante que cette équipe de Bordeaux se soit montrée, elle a pu tirer réellement son efficacité en s’appuyant sur sa présence.

Celui qui a décidé de déménager à sa guise, de façon à opérer un tour d’Europe rémunérateur, en signant dans un troisième club après seulement deux années et demie de présence sur le continent, continue à donner à son équipe d’aujourd’hui toute l’énergie qui le caractérise. On s’arrache donc Semi Radradra, et le coup que Laurent Marty avait joué à Mourad Boudjellal, vient de lui être rendu. Il reste quelques mois aux Bordelais pour profiter encore de sa présence facilitante. À ses côtés, dans cette ligne où Santiago Cordero retrouve le feu qui lui avait manqué pour partir au Mondial, le grand espoir Matthieu Jalibert touche les dividendes du confort de pouvoir s’appuyer sur un joueur capable de tout exécuter. Ça ne durera pas, qu’ils en profitent.

La récidive Teddy Thomas

Ce match de gala à huit essais, qui devait se terminer sur un nul équitable, a fini par pencher vers un succès bordelais en raison d’une erreur de jeu au pied de Teddy Thomas. Il n’a pas trouvé une touche dans un moment de forte pression subie par les siens, et la relance instantanée menée par le duo Cordero-Radradra a séché les Franciliens. Un peu comme les Toulousains les avaient séchés la saison dernière, en quart de finale de Coupe d’Europe, quand ils avaient eux même relancé un jeu au pied aléatoire de l’ailier international. Cette récidive a empêché les Racingmen de sortir de cette partie à haute intensité, un peu mieux payés de leurs efforts. Dans le sillage d’un Virimi Vakatawa des grands soirs, les hommes de Laurent Travers avaient livré une partie très convaincante. Et en début de deuxième mi-temps, quand Semi Radradra a écopé d’un carton jaune, alors que Virimi Vakatawa venait juste de finir de purger lui même un temps de suspension, les Racingmen ont profité de leur supériorité numérique pour marquer deux essais et prendre dix points d’avance (27- 17). Une pénalité de Matthieu Jalibert et une action sublime conclue par Lekso Kaulashvili, ont remis les pendules à l’heure, avant que Radradra ne profite des largesses de Thomas pour asséner un coup de grâce.

Guillaume CYPRIEN
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