• L’Argentin Axel Müller a débloqué à lui seul la rencontre pour permettre aux Brivistes de l’emporter. Photo Emilie Coutheillas
    L’Argentin Axel Müller a débloqué à lui seul la rencontre pour permettre aux Brivistes de l’emporter. Photo Emilie Coutheillas
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Top 14

L’éclair de Müller à Brive

(26-21) Danger permanent pour la défense parisienne, l’ailier argentin a grandement participé à la courte victoire des siens en s’illustrant à des moments décisifs.

Au coup d’envoi, on trouvait deux internationaux argentins sur la pelouse. Côté parisien, l’ouvreur Nicolas Sanchez. Côté briviste, l’ailier Axel Müller. Le premier a disputé la Coupe du monde au Japon. Le second n’a pas eu cette chance et y a assisté depuis son canapé, en Corrèze. Mais à la fin du match, notre voisin briviste nous faisait cette réflexion : "C’est lequel qui a joué la Coupe du monde déjà ?" "— Le moins bon des deux", a-t-on répondu. Un constat terrible mais indiscutable, tant Sanchez a signé une prestation dans la droite ligne de son Mondial raté où, après des saisons passées en tant qu’ouvreur titulaire des Jaguares en Super Rugby et des Pumas sur la scène internationale, le supposé maître à jouer des Argentins ne fut que l’ombre de lui-même, au point de devenir le remplaçant de l’invité de dernière minute Benjamin Urdapilleta.

Et en face, il y avait Axel Müller. Un joueur de 26 ans au talent indéniable mais dont la reconnaissance internationale se limite à des sélections avec l’équipe à VII et les moins de 20 ans. Un joueur aujourd’hui bien connu en France puisqu’il dispute sa quatrième saisons dans l’Hexagone après deux ans passés en Top 14 à Toulon puis à Oyonnax avant de rejoindre le CABCL et l’aider à retrouver l’élite la saison dernière (quinze matchs, treize titularisations, 2 essais). Mais qui, à ce jour, n’a encore jamais eu le privilège d’être appelé avec les Pumas alors qu’il semble avoir les qualités pour être testé au niveau international. "C’est un très bon joueur, qui possède des qualités physique exceptionnelles, nous confiait son manager Jeremy Davidson. Sa vitesse, ses appuis et son assurance sous les ballons hauts font qu’il est précieux pour nous. Son interception nous a d’ailleurs beaucoup soulagés." En effet, c’est lui qui coupa la trajectoire d’une passe sautée de Sanchez pour filer sous les poteaux, alors que le tableau affichait 6-3 au score et que Brive subissait les assauts d’un Stade français en mission commando. "Je connais bien Nicolas. Il est Argentin comme moi et au moment de faire sa passe, j’ai vu qu’il allait forcer pour l’allonger. Il suffisait juste de partir au bon moment et de courir jusqu’à l’en-but", confiait l’intéressé. Plus facile à dire qu’à faire, vous en conviendrez. Car si Müller avait manqué son coup, le match aurait pu être totalement différent…

Hirèche : «C’est un vrai Puma»

C’est aussi lui qui, quelques minutes plus tard, ramassa un ballon tombé par un de ses partenaires au milieu du terrain pour le porter jusqu’aux 5 mètres du Stade français, mystifiant toute la défense parisienne. "Nous avons besoin de mecs comme ça, capables de coups d’éclats, expliquait le capitaine Saïd Hirèche. à chaque fois qu’il prend le ballon, on sait qu’il va créer un changement de rythme, qu’il va emballer la situation. Axel, c’est un vrai Puma, on ne sait jamais où il va aller ! Quand on se trouve autour de lui, on se met à son service et on le suit du mieux qu’on peut." Un vrai Puma qui ne compte aucune sélection avec l’Argentine… "C’est vrai, il n’a pas été retenu pour le Mondial. C’est dommage pour lui mais cela nous a servis ici, à Brive. Il a fait de beaux matchs avec nous."

Müller continue pourtant de rêver : "Bien sûr que je veux jouer avec les Pumas. L’année dernière, ce n’était pas possible car on sait qu’en Pro D2, nous sommes moins exposés qu’en Top 14 et que les sélectionneurs vont moins chercher des joueurs dans cette division. Et puis l’Argentine compte de très bons ailiers, aussi. Mais ce n’est pas grave, l’important c’est le club et si je suis performant avec Brive, alors peut-être que cela viendra." On ne peut que lui souhaiter de suivre la trajectoire de son adversaire de dimanche, le troisième ligne Pablo Matera, avec qui il a disputé en 2013 la Coupe du monde des moins de 20 ans…

Paris fait trembler Brive

Brive s’impose avec pragmatisme même s’ils ont subi la puissance de leurs adversaires durant quatre-vingts minutes. Le Stade français ouvre le score grâce à des assauts répétés mais non abouties dans les 22 mètres adverses. Le CABCL réagit grâce à l’indiscipline adverse. Durant le premier quart, ils ne montrent rien, si ce n’est une défense solidaire et puis, soudain, Muller surgit. Une interception et une percée, à chaque fois depuis son camp, qui permettent aux locaux d’inscrire quatorze points contre le cours du jeu. Avec un score de 20 à 3, les visiteurs se seraient écroulés un peu plus tôt dans la saison mais là, ils restent soudés, notamment grâce à un secteur où ils dominent outrageusement : la mêlée. En supériorité, ils scorent après la première sirène, grâce à un départ derrière une mêlée conclut en bout de ligne par Delbouis. Les visiteurs grappillent leur retard durant tout le deuxième acte, sans parvenir à vraiment concrétiser. À force d’insister, Hamdaoui se trouvent bien décaler pour inscrire l’essai de l’espoir à l’heure de jeu. Toujours sous pressions, les Blanc et Noir se nourrissent des petites erreurs adverses pour obtenir des pénalités. Insuffisant pour se mettre à l’abri, Joris Segonds ramène les siens dans le bonus défensif juste avant la sirène. L’exploit ne viendra pas, la dernière relance finissant par un en-avant. Victoire très pragmatique des Brivistes. Les Parisiens, eux, poursuivent leur progression.

Simon VALZER simon.valzer@midi-olympique.fr
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