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Premiership

Eldorado sous surveillance

Si le championnat anglais est plus attractif que jamais, la récente affaire des Saracens montre que les Anglais ne badinent pas avec le salary cap.

Et une star de plus dans le championnat anglais, une ! La semaine dernière, les richissimes Bristol Bears ont réussi à recruter celui que tous les grands clubs de la planète s’arrachaient : le centre international fidjien Semi Radradra (27 ans, 10 sélections) qui évolue actuellement à Bordeaux-Bègles. Durée du contrat : 3 ans. Montant annuel : un million d’euros. Vous comprendrez que le club girondin n’a pas cherché à surenchérir. Même le richissime club australien de rugby à XIII des South Sydney Rabbitohs, propriété de l’acteur Russell Crowe, a jeté l’éponge face au club anglais du milliardaire Stephen Lansdown. Radradra a donc suivi l’exode 2019 des plus grands joueurs mondiaux parmi lesquels on trouve Stuart Hogg (Exeter), Martin Landajo (Harlequins), Tomas Lavanini, Jordan Taufua (Leicester), Sean O’Brien, Sekope Kepu, Waisake Naholo, Nick Phipps, Adam Coleman (London Irish), Owen Franks (Northampton), Robert et Jean-Luc du Preez, Lood de Jager (Sale), Damian Willemse, Sam Wainwright (Saracens) et Malakai Fekitoa (Wasps).

Vous l’aurez compris, cette liste ne regroupe que les joueurs qui n’évoluaient pas en Angleterre l’année dernière. On vous passe donc les transferts d’Elliott Daly aux Saracens, de Mark Wilson à Sale ou de Nathan Hughes et Dave Attwood à Bristol… La liste est donc impressionnante, et montre le pouvoir d’attraction des clubs anglais. Et pourtant, leur salary cap est inférieur à celui de nos clubs français : 8,21 millions d’euros contre 11,3 millions pour chaque club en Top 14.

Des Saracens qui servent d’exemple

La grande différence, c’est que les clubs anglais ont ce qu’ils appellent des "marquee players", ou "excluded players" : comprenez là des joueurs aux salaires mirobolants qui n’entrent pas dans le décompte de la masse salariale. Chaque club en possède deux : à Bath par exemple, il s’agit du troisième ligne springbok François Louw et le numéro huit gallois Taulupe Faletau. Aux Saracens, il s’agit de deux internationaux anglais : le capitaine et ouvreur Owen Farrell, et le deuxième ligne Maro Itoje. Cela signifie donc que les salaires des autres stars telles que Liam Williams, Elliott Daly, ou les frères Vunipola entrent bien dans la masse salariale… Sauf que celle-ci dépasse allègrement la limite depuis quatre ans et pour laquelle les Saracens ont été lourdement sanctionnés il y a trois semaines : 6 millions d’euros d’amende et 35 points retirés au classement. Et ce n’est peut-être pas fini car aujourd’hui, le président d’Exeter Tony Rowe, est monté au créneau pour demander réparation des trois finales de Premiership perdues contre les "tricheurs" (2016, 2018 et 2019), ainsi qu’un audit de contrôle supplémentaire en milieu de saison.

À ce jour, les Saracens affirment qu’ils sont désormais en règle. Difficile à croire, puisqu’ils n’ont absolument pas réduit leur effectif pléthorique… Alors oui, l’Angleterre est toujours un eldorado pour les grandes stars mondiales. Mais au vu de l’intransigeance des instances anglaises (Montpellier, à l’opposé, n’avait écopé que de 400 000 euros d’amende pour le dépassement de salary cap, mais cette sanction a été annulée), on se demande si l’exemple des Sarries ne va pas refroidir les ambitions de certains présidents de Premiership…

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