Fabre : «Beaucoup plus respectée»

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Nathalie Fabre - Ex-présidente de Saint-Cyprien (Promotion Honneur) la Maire de Montferrand-du-Périgord a passé la main en juillet et revient sur son expérience à la tête d’un club de rugby.

Vous étiez présidente du Saint Cyprien Athlétique Club, en Dordogne, depuis 2016 et vous venez de céder votre poste à trois coprésidents-joueurs. Pourquoi ?

Parce que lorsque j’ai pris la présidence, nous avions écrit un projet avec les joueurs qui était de remonter en Promotion Honneur. J’ai été au bout du projet puisque le club évolue aujourd’hui à ce niveau. Ensuite, je pars du principe qu’un président ne doit pas s’accaparer un club. On vous fait une passe et vous devez transmettre le ballon du mieux possible. On le fait pour les entraîneurs que nous choisissons pour trois ou quatre saisons. Il faudrait le faire pour les présidents car au-delà, on n’apporte rien de neuf. C’est ma vision des choses. Il faut savoir se préparer à partir.

Une femme présidente a-t-elle autant de pouvoir qu’un homme ?

Bien sûr. Les liens avec les joueurs sont complètement différents. Il y a de la discussion et des échanges mais pas de conflits. Une femme présidente est beaucoup plus respectée. Cela fait ma deuxième expérience de présidente après celle à Lanquais (Dordogne). Ce furent des années magnifiques. Il y a du partage avec les joueurs.

Vous n’avez jamais pratiqué le rugby. Mais quel regard portez-vous sur la pratique féminine ?

En tant qu’officielle, j’ai été désignée sur des matchs de féminines et je trouve dommage que cette discipline ne soit pas davantage médiatisée. Les filles sont portées vers le jeu, elles font vivre le ballon. Elles doivent conserver leur identité même si elles savent aussi célébrer les troisièmes mi-temps. Finalement, les femmes n’ont rien à envier aux hommes.

Croyez-vous aux vertus éducatives du rugby ?

Oui, j’y crois parce que nous inculquons le respect de l’arbitre, de l’adversaire, de ses copains et la solidarité dans la vie de groupe. Je crois à ces valeurs. Il y a aussi le travail de l’éducateur qui doit enseigner ces valeurs aux enfants. Le club a un rôle très important à jouer, notamment sur l’intégration. Un enfant réservé peut prendre confiance en lui et devenir un excellent joueur.

La femme serait-elle l’avenir du rugby ?

Je ne suis pas une féministe et je ne souffre pas d’être une femme dans le rugby. Je suis née dedans. L’avenir, non, mais plutôt la continuité. Pour le rugby, je place hommes et femmes à égalité. C’est ensemble que nous ferons avancer notre sport mais ça reste quand même un milieu d’hommes et ils ne sont pas toujours tendres avec les femmes.

Propos recueillis par G. P.

Midi Olympique
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