• Alors qu’il avait très peu joué ces derniers mois, l’international français Jules Plisson a séduit le public de Deflandre pour sa première avec La Rochelle. Photo Xavier Léoty
    Alors qu’il avait très peu joué ces derniers mois, l’international français Jules Plisson a séduit le public de Deflandre pour sa première avec La Rochelle. Photo Xavier Léoty
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Top 14

C'est déjà la Plisson mania à La Rochelle

(22-13) Remplaçant au coup d’envoi, Jules Plisson a parfaitement réussi ses débuts sous ses nouvelles couleurs avec une entrée pleine d’assurance et de détermination. L’histoire débute bien.

Que les choses soient bien claires, Jules Plisson n’a pas survolé la rencontre entre La Rochelle et Castres. Pour calmer très vite les pisse-vinaigre et les barbons qui en ont vu d’autres, vous ne trouverez pas ici un éloge incandescent de la récente recrue du Stade rochelais. Pourtant, reconnaissez que l’enfant du Stade français a sacrément bien débuté sa nouvelle histoire avec le club charentais-maritime ! De toute façon, vingt-six minutes de jeu, c’est encore trop peu pour juger réellement l’intégration de Plisson dans le jeu rochelais, sa relation technique avec ses nouveaux coéquipiers et le rôle qui sera le sien dans les semaines à venir. L’important était ailleurs. Car dans une rencontre morose, loin des standings d’un Racing - UBB alléchant et d’un très haut niveau, le joueur de 28 ans a sorti son nouveau club du marasme actuel en apportant un vent de fraîcheur appréciable. C’est simple, son nom revenait partout à l’issue de la victoire étriquée du Stade face aux Tarnais (22-13). Scandé en tribune, souhaité en conférence de presse, malgré ses six petites titularisations en Top 14 la saison dernière, ses quatre-vingt-quatorze maigres minutes passées sur le terrain avant samedi soir, Plisson est de ceux qui attirent les supporters, donnent envie aux gamins d’acheter son maillot et surtout a du talent à revendre.

17 h 55 samedi soir. À l’annonce de la composition du Stade rochelais, son nom est abondamment applaudi par le stade Marcel-Deflandre, heureux de récupérer un joueur qui a souvent rendu hommage à ce public et surtout excité à l’idée de le voir fouler ses premières minutes face à Castres. "On était surtout pressé de le voir enfin sur le terrain et de regarder ce qu’il allait donner", confiait un supporter. Les spectateurs de Deflandre ont dû attendre cinquante-quatre minutes avant de le voir en action. Avant cela, La Rochelle n’a pas rayonné face à des Castrais "pénibles et qui parlent beaucoup" comme les définissaient Dany Priso. Bousculés dans les rucks, ballottés dans les contacts, occupés territorialement par un très bon jeu au pied de la charnière Kockott-Urdapilleta, les Maritimes ont subi et étaient même menés 3-13 à la 36e minute. "On s’était dit qu’il fallait marquer avant la pause, expliquait Dany Priso. Ce sont des moments où on voit le caractère de l’équipe. Ne pas s’affoler, ne pas baisser les bras, je pense que ce soir on a pu démontrer qu’on ne les baissait pas facilement." En effet, grâce à l’une des seules longues séquences du match, les coéquipiers d’un Kevin Gourdon tranchant, brisaient la muraille défensive tarnaise grâce à du jeu rapide dans l’axe et à la puissance de Mathieu Tanguy, beau finisseur d’un travail collectif précis.

Double sauveur des Rochelais

Mais revenons à Jules Plisson et replongeons quelques semaines en arrière. 31 août 2019, celui qui était encore parisien loupait sur la sirène la transformation du match nul au stade Marcel-Deflandre. Inconsolable, il prenait alors ses responsabilités en assumant son erreur, s’excusant même sur les réseaux sociaux. Pratiquement trois mois plus tard et un départ précipité du Stade français, l’international tricolore faisait son entrée sur la même pelouse, acclamé par le même stade, avec l’intention de commencer une nouvelle histoire. Son premier ballon ? Un régal de jeu au pied trouvant une touche magnifique dans les 22 mètres castrais. Si l’on connaît sa faculté à attaquer la ligne, c’est bien avec sa patte droite que Jules Plisson s’est mis Deflandre dans la poche. Deux pénalités converties, capitales dans l’obtention de la victoire et surtout compliquées à rentrer : l’ouvreur est au vert dans sa tête et le public lui a rendu. Poing serré, il permettait aux Rochelais de prendre neuf points d’avance et de priver Castres d’un possible retour. "Il y a un nombre de petits actes très importants dans un match comme ça, confiait Jono Gibbes tout sourire en conférence d’après match. Jules Plisson qui tape un ballon de presque 50 mètres, c’est énorme. […] Jules a eu l’opportunité de montrer sa classe, ça s’est bien passé pour lui et pour le groupe c’est parfait." Et l’intéressé, qu’est-ce qu’il en pense ? Pas encore présent en conférence de presse, il s’est tout de même confié au micro de Canal + : "C’est un peu particulier, c’est la première fois que je mettais un autre maillot. J’ai accumulé beaucoup de frustration depuis pas mal de temps et j’avais besoin de ressortir ça. Aujourd’hui, c’était cool." Redeviendra-t-il le joueur qui a connu 16 sélections avec le XV de France et qui a soulevé le Brennus en 2015 ? C’est en tout cas dans ce but que le demi d’ouverture a posé ses valises sur la côte atlantique. S’il va de soi que le temps sera seul juge de cette question, le Français a retrouvé de la sérénité et du désir. Vite, la suite !

À l’ancienne !

Pas beaucoup de grandes envolées et de débordements samedi soir au stade Marcel-Deflandre. Geoffrey Palis ou encore Vincent Rattez ont dû sacrément s’ennuyer et s’ils le reconnaissaient cela serait tout à fait logique. Mais pas non plus de surprise à La Rochelle. Cette semaine déjà, les clés du match avaient été définies en conférence de presse : gros combat dans les rucks, duel de buteurs et bonne gestion de la charnière. Cela s’est confirmé. Malgré une bonne entame pleine d’engagement et d’agressivité positive, les Maritimes ont trop subi et ont laissé aux Tarnais le contrôle de la rencontre. Le talent de Kockott faisant le reste, le CO menait 13-3 avant l’essai de Mathieu Tanguy à la sirène, après un bon travail de Gourdon et Murimurivalu. Deux essais, il n’y en aura pas plus. Dans le second acte, l’affrontement s’est déroulé dans les rucks et le combat et entre buteurs respectifs. Julien Dumora était le premier à craquer à la 50e , ne permettant pas à son équipe de passer devant au score. Brock James et Jules Plisson faisaient eux ce qu’il fallait et les Rochelais basculaient définitivement devant au tableau d’affichage, privant même le CO du bonus défensif.

Paul ARNOULD
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