• À l’image de ses deux internationaux Emerick Setiano et Sergio Parisse, le RCT a fait preuve de beaucoup de courage pour empocher un succès mérité. Photo Midi Olympique — Patrick Derewiany
    À l’image de ses deux internationaux Emerick Setiano et Sergio Parisse, le RCT a fait preuve de beaucoup de courage pour empocher un succès mérité. Photo Midi Olympique — Patrick Derewiany
Publié le / Modifié le
Top 14

Toulon : Team spirit sous la pluie

(9-19) Sous une pluie torrentielle, le RCT est venu infliger la deuxième défaite de la Section sur ses terres en s’appuyant sur une défense consistante et une solidarité fraternelle.

"Nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou, qui descendons de la montagne vers la mer." Cette fois-ci, les joueurs de la Rade retourneront vers la Méditerranée avec une victoire glanée au pied des Pyrénées. Un succès acquis grâce à la mentalité guerrière avec laquelle se sont présentés les joueurs varois sous le déluge du Hameau, ce samedi soir. Un caractère qui en dit beaucoup sur l’état d’esprit qui règne dans le vestiaire. Après la rencontre, Emerick Setiano et Sergio Parisse ont, chacun leur tour, évoqué un match de combattants, remporté au courage. "Le terrain était très gras, le ballon glissant. Dans des matchs comme cela, il faut être propre, discipliné et présent dans le combat. On s’était promis des choses et on a été cohérent avec ce qu’on s’était dit dans le vestiaire. Ce que j’ai ressenti sur le terrain, c’est que mentalement on le voulait plus qu’eux. On est sorti et on a fait la guerre", expliquait la légende italienne. Face à une Section difficilement manœuvrable dans son Hameau, les hommes de Patrice Collazo ont montré un collectif soudé, comme en mission. Sur le terrain, les actes solidaires ont illustré les mots évoqués lors du discours d’avant-match. À chaque mêlée gagnée, chaque ballon gratté, chaque plaquage effectué, les uns venaient taper sur la tête des autres, en guise de félicitations.

Comme lorsque sur un temps fort palois, Anthony Belleau coffrait Thibault Daubagna à quelques mètres de la ligne et offrait de l’oxygène aux siens. Daniel Ikpefan venait alors de son aile pour féliciter le buteur toulonnais de son geste défensif, pendant que les joueurs se congratulaient. Patrice Collazo félicitait son groupe pour cette cohésion. "Tout le monde s’est mis au boulot pour le copain à côté et cela a donné un match solide, sur les fondamentaux. On a eu besoin des quinze, des vingt-trois même. Les ailiers sous les ballons hauts pour emplâtrer les mecs en dessous, les gros pour pousser en mêlée, on a eu besoin de tout le monde." La mêlée était d’ailleurs un secteur de jeu dans lesquels les hommes de la Rade ont dominé leurs homologues. Quatre remportées sur leur introduction, deux piquées aux Verts de la Section. Dans un match joué dans la boue, le pack du Rugby Club Toulonnais n’a pas failli.

Collazo : «On s’est construit dans la difficulté»

"C’était important de marquer à ce moment du match, juste avant la pause, pour creuser l’écart", expliquait le seul marqueur du jour Sergio Parisse. Au vu du temps capricieux, il était évident que l’équipe qui marquerait le premier essai prendrait l’ascendant sur son adversaire. D’autant plus dans un match où les munitions se faisaient peu nombreuses. Toulon, malgré cet ascendant certain, n’a pas voulu laisser de miettes à Pau, pas même à la toute fin de match, quand les corps étaient épuisés et que les hommes manquaient de lucidité. Sur l’ultime touche, alors que la sirène avait retenti, le deuxième meilleur sauteur du Top 14 Swan Rebbadj chipait le dernier lancer palois. Les joueurs toulonnais pouvaient lever les bras, fiers d’avoir réalisé un véritable match d’équipe. Une prestation collective qui valait plus que quatre points. "Avec une victoire aujourd’hui, peut-être que l’équipe va se libérer pour la suite, espère Patrice Collazo. C’est bien pour la confiance du groupe. On s’est construit dans la difficulté, en ne jouant pas toujours très bien, mais en ayant une énorme volonté." Le manager toulonnais ne voulait pas s’avancer sur le fait que les siens se rapprochent du haut de tableau. Pourtant, avec un état d’esprit comme celui démontré ce samedi, combiné au talent de ces joueurs, le RCT semble bien parti pour passer les fêtes au chaud. Le prochain match à Félix-Mayol sera tout aussi décisif pour le RCT puisqu’ils affronteront leur concurrent clermontois le 22 décembre.

Parisse signe sa rentrée

La pluie épaisse n’a laissé aucune minute de répit aux acteurs de cette rencontre où l’équipe la plus efficace a eu le dernier mot. Pour le reste, les amateurs de combat de tranchée ont été ravis des débats. Il fallait batailler dans la gadoue, gagner les impacts pour les quelques centimètres décisifs sur la ligne d’avantage et enfin compter sur la précision du jeu au pied pour faire s’installer dans le camp adverse. À ce petit jeu, on pensait que la Section avait trouvé la formule magique lors de sa victoire à Bayonne dans des conditions similaires. Les Béarnais étaient d’ailleurs plus incisifs en début de rencontre, menant 6 à 0 sans pour autant parvenir à inscrire un essai qui aurait permis de faire le break. Ils en allaient payer cette absence d’efficacité face à des Toulonnais moins joueurs mais plus pragmatiques, capables de ne commettre aucune faute de mauvais goût sur le plan stratégique grâce à son trio infernal (Serin, Carbonel, Belleau) et pouvant s’appuyer sur leur arrière Bryce Ian Heem pour punir les Palois sur les jeux au pied approximatifs. Les Toulonnais n’avaient besoin que d’une seule séquence offensive jouée à la perfection pour inscrire le seul essai de la rencontre juste avant la pause : une touche, un maul, une percée de Belleau et enfin un retour dans le fermé permettaient à Sergio Parisse de signer sa première titularisation sous ses nouvelles couleurs.

Tristan FAILLER
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir