Un plan révolutionnaire

  • La Ligue a repensé le système d’intervention dans les écoles. Plutôt que d’y envoyer des formateurs, elle veut former les professeurs des écoles. Photo CIFR
    La Ligue a repensé le système d’intervention dans les écoles. Plutôt que d’y envoyer des formateurs, elle veut former les professeurs des écoles. Photo CIFR
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La ligue francilienne a reconsidéré les moyens de pénétrer le monde scolaire du premier degré. un plan innovant a été voté en comité directeur.

Le comité directeur de la Ligue d’Ile-de-France, réuni lundi dernier, a validé un plan stratégique pour que le rugby trouve une meilleure place dans les écoles maternelles et primaires. à rebours des réflexes qui prévalaient jusqu’alors, ce plan renverse le paradigme traditionnel, qui voulait que les clubs envoient des formateurs dans le monde scolaire pour sensibiliser les enfants à la pratique. Il prévoit au contraire de recruter des professeurs des écoles pour qu’ils fassent eux mêmes ce travail. «Concrètement, à ce jour, les clubs envoient des licenciés se former à un Brevet d’état (BE) pour réaliser cette entreprise de sensibilisation, synthétise Peter MacNaughton, le vice-président. Mais ce que nous pouvons observer, c’est que ce travail est très limité par divers paramètres indépassables.»

Le premier de ces paramètres tient au coût d’un diplôme, qui avoisine une dépense de 10 000 € pour chaque licencié formé. Les clubs n’en ont pas forcément les moyens. Ces licenciés formés ne peuvent pas couvrir l’ensemble de leur territoire. Une étude a montré que chaque club francilien est environné d’une cinquantaine de classes. Les BE ne peuvent pas démultiplier leurs interventions et ceci quand ils sont réellement opérationnels ou qu’ils n’ont pas quitté le territoire. Un coût élevé pour un résultat discutable, c’est le bilan tiré qui a incité à penser le problème à l’envers.

Une enveloppe de 81 000 €

Les responsables franciliens ont décidé de lancer une campagne auprès des clubs pour qu’ils se déclarent volontaires à leur participation à ce programme. Une lettre d’information a été envoyée jeudi aux cent cinquante clubs. Soixante seront retenus pour lancer l’expérimentation appelée «60 clubs, 60 ambassadeurs». Ils devront présenter une candidature dans laquelle figurera leur professeur référent du monde scolaire. Ils devront participer au financement de l’opération à hauteur de 1 350 €. La Ligue mettra la même somme sur la table pour chacun des clubs, ces 2 700 € réunis - le plan global coûte 81 000 € - devant servir à financer le matériel dédié à la pratique et toutes les dépenses annexes, pour une durée d’initiation prévue sur six semaines. Le professeur des écoles recevra en outre un livret pédagogique, rédigé par des professeurs eux-mêmes, dans lequel figurera une sommes d’exercices à réaliser avec les élèves, en plus de la pratique du rugby sans contact. «C’est important car le langage utilisé dans ce livret est le leur, explique Florian Grill, le président francilien. 92 % des professeurs des écoles sont des femmes qui n’ont pas forcément connaissance de notre sport. Nous devons leur montrer son aspect pédagogique qui, dans sa dimension sans contact, est sans doute le sport le plus mixte de tous. Ces professeurs sont le mieux placés pour enseigner. Nous allons leur faciliter la tâche, en leur montrant également tout ce qu’il peuvent décliner comme pédagogie autour du rugby dans les autres matières enseignées.»

La sélection des clubs se fera jusqu’à la fin de l’année, pour lancer les initiations avant la fin de l’année scolaire, de façon à ce que les élèves puissent s’inscrire à leur prochaine rentrée. Cette innovation, qui sollicite directement les professeurs, est totalement innovante dans son approche. Et jusqu’ici, les innovations lancées par le président ont rencontré beaucoup de succès. Le rugby à 5 est devenu un sport national. La géolocalisation, ce système établi pour permettre au club de mieux penser son développement, a été reprise au niveau national, tout comme sa décision de changer les règles à l’école de rugby pour favoriser le jeu de mouvement. L’Ile-de-France est le laboratoire du candidat déclaré à la présidence de la FFR. à un an de l’élection, sa nouvelle idée sera suivie de près.

Guillaume CYPRIEN
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