Clermont devra partir à point

  • Les Clermontois d’Isaia Toeava rencontrent pour la première fois de leur histoire européenne Bath.
    Les Clermontois d’Isaia Toeava rencontrent pour la première fois de leur histoire européenne Bath. Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport
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Fragilisés depuis le début de saison par des entames de match difficiles, les Auvergnats ont pleinement conscience qu’une nouvelle absence leur serait fatale à Bath comme elle le fut en Ulster, et sonnerait le glas de leurs chances de qualification. Cette fois, plus question de rêver…

Jamais encore, dans leur longue histoire européenne, Bath et Clermont ne s’étaient rencontrés dans le cadre de la Champions Cup. Autant dire que cette rencontre prendra un tour tout à fait particulier… En effet, cette grande première dans la "grande" Coupe d’Europe (qui fut l’affiche d’une finale de Challenge remportée par les Auvergnats en 2007) coïncidera avec le centième match de l’histoire de Bath en Coupe d’Europe. Un cap symbolique que les Anglais souhaiteront forcément fêter par une victoire, quand bien même leurs chances de qualification semblent d’ores et déjà évaporées (deux défaites en deux journées). Ce qui n’arrange pas franchement les affaires de Clermont, vous en conviendrez…

Pourquoi ? Tout d’abord parce qu’on peut s’attendre que les coéquipiers de François Louw, motivés en diable, attaquent ce match tambour battant. Le genre d’écueil sur lequel les Clermontois ont pris la fâcheuse tendance de buter depuis le début de la saison, dont ils parviennent tant bien que mal à se dépêtrer en championnat, mais qui ne pardonne pas en Champions Cup, comme on a pu s’en apercevoir du côté de Ravenhill, en Ulster. "Ces mauvais débuts de match, c’est un problème récurrent chez nous et cela doit nous mettre en alerte, râlait le capitaine Morgan Parra après la réception d’Agen. On sait parfaitement qu’on ne pourra pas se permettre la même entame contre Bath, et il va falloir cette fois réussir à mettre du combat et de l’agressivité dans les vingt premières minutes. Pour cela, on travaille entre nous, il y a de l’échange avec le staff et les joueurs mais rien n’enlève la vérité du rectangle vert, à l’entraînement comme en match. À nous de nous connecter mentalement pour commencer du mieux possible à Bath."

Hécatombe et usure aux postes de combat

Ces solutions, justement ? Au-delà des discours et des protocoles d’avant-match, elles passeront nécessairement par des mobilisations plus personnelles, et des joueurs bien décidés à combattre, notamment au sein du pack. Le problème, c’est que celui-ci est actuellement amputé de nombreuses forces vives aux postes de deuxième et troisième ligne (9 au total entre Cancoriet, Jedrasiak, Clément et Thibaud Lanen, Merrick, Van Tonder, Dessaigne et désormais Yato blessés, sans oublier Sébastien Vahaamahina suspendu). De quoi sur-utiliser des trentenaires comme Timani ou Lee, logiquement moins saignants ces dernières semaines ? Forcément un peu, quand bien même Lee demeure le joueur ayant remporté le plus de turnovers en Coupe d’Europe cette saison (5). Preuve que l’esprit peut encore demeurer supérieur à la matière, lorsqu’il s’agit de rugby… Et cela tombe bien, c’est peu ou prou sous cet angle quelque peu romanesque que les Auvergnats ont pris le parti d’aborder cette rencontre. " Au-delà du résultat et de ses conséquences, on a envie de partager quelque-chose de fort entre nous, expliquait dans la semaine le manager Franck Azéma. Avoir des rendez-vous comme ça ce sont des matchs qui restent gravés. On en a parlé avec les joueurs, ce sont des déplacements comme celui-là qui forgent le caractère d’une équipe et qui restent en mémoire quand tu as fini de jouer au rugby. L’adversité, le format de la compétition, tout est exacerbé. C’est déterminant. Même à titre de sensation pour l’équipe. De temps en temps, tu as besoin de te mettre sous pression et voir ce que tu vaux."

Clermont aime l’Angleterre

Dramatisé, comme tableau ? Quelque peu, si l’on considère que Bath est à la peine dans son championnat domestique et qu’il n’a remporté qu’un seul de ses cinq derniers matchs face à des équipes du Top 14, tandis que Clermont présente un reluisant 7/8 contre des adversaires issus du Premiership. Reste que les belles histoires n’ont vocation à être racontées que pour être crues et qu’à ce titre, lorsque Franck Azéma parle d’étalonnage pour son équipe, c’est plus probablement par rapport à elle-même… "On va pouvoir s’évaluer et le match en Ulster va nous servir. Il y a des similitudes, des choses à mieux maîtriser comme les ballons aériens et le jeu au pied, des détails décisifs sur ces matchs-là." De ceux que Clermont a appris à maîtriser saison après saison, et qu’il s’agira de retrouver dans l’antique théâtre du Rec.

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