Grenoble : changement de gouvernance

  • Michel Martinez, ci-dessus, a quitté ses fonctions de président du Directoire de Grenoble et a été remplacé par Nicolas Cuynat.
    Michel Martinez, ci-dessus, a quitté ses fonctions de président du Directoire de Grenoble et a été remplacé par Nicolas Cuynat. Icon Sport / Icon Sport
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Le président du Directoire du FCG Michel Martinez a quitté ses fonctions jeudi soir tandis que celui du Conseil de surveillance Éric Pilaud en fera de même d’ici une quinzaine de jours, les deux hommes se trouvant respectivement remplacés par Nicolas Cuynat et Laurent Pélissier. Chronique d’une révolution de velours, anticipée depuis plusieurs mois.

Si l’attention médiatique s’est logiquement portée ces derniers jours sur les bruissements à la tête du RCT, son rival historique du Sud-Est a lui aussi effectué une mue à son image, en douceur… Ainsi, à l’issue de l’assemblée générale du Conseil de Surveillance qui s’est tenue jeudi soir, le président du Directoire du FC Grenoble Michel Martinez a été relevé de ses fonctions, où il a été remplacé par Nicolas Cuynat. Le premier étage d’une fusée qui verra d’ici une quinzaine de jours Laurent Pélissier succéder à Éric Pilaud en tant que président du Conseil de Surveillance. Révolution ? Sûrement pas. Ce changement de gouvernance n’était en réalité, depuis quelques mois, qu’un secret de polichinelle dans le milieu des affaires grenoblois. "Cette décision de passer la main a été prise bien en amont, avant même que l’équipe dispute l’access match à Brive, nous expliquait Michel Martinez. Avec Éric, nous étions fatigués, usés. Quatre ans de présidence au FCG, c’est probablement l’équivalent de 8 à 12 ans ailleurs…"

2,7 millions d’euros d’augmentation de capital

Il faut dire que les deux hommes ont considérablement investi. De leur argent personnel, d’abord, pour permettre au club de réduire son déficit et d’éviter la faillite à la fin de la saison 2016-2017, lorsqu’il s’agissait à la fois de digérer le décès du mécène historique, Serge Kampf, et dans la foulée le départ de l’actionnaire principal Sogeti. De leur temps et de leurs relations, ensuite, lorsqu’il s’est agi de bâtir un modèle économique viable, avec l’inconfort de la situation sportive d’un club voué à osciller entre Top 14 et Pro D2… D’où la création de SPP, une holding rassemblant à part à peu près égales une dizaine d’entrepreneurs grenoblois dans l’actionnat du club, dont le but était d’injecter 2,7 millions d’euros en trois ans pour le recapitaliser. "Cette augmentation de capital doit d’abord permettre de répondre déjà aux exigences de la DNACG, précisait voilà quelques mois Éric Pilaud. Le club aura suffisamment de fonds propres et, avec en plus la troisième tranche d’augmentation, aura les reins suffisamment solides pour pouvoir continuer à investir."

Gouvernance tournante

Voilà pourquoi, dans une logique de gouvernance tournante, c’est au sein de cette holding SPP que se sont déclarés les successeurs, à commencer par le nouveau président du Directoire Nicolas Cuynat (dont le groupe Mare Nostrum vient tout juste de réussir son entrée en Bourse, et a connu sa première cotation mercredi). Un timing parfaitement calculé, qui explique cette passation de pouvoir en pleine saison, dont les joueurs avaient été informés voilà deux semaines tandis que Franck Corrihons et Stéphane Glas l’avaient été dès le mois de juin, afin de pouvoir travailler en toute transparence. Quant à Michel Martinez et Éric Pilaud, à qui les supporters du FCG doivent une fière chandelle, ces derniers demeureront actionnaires au sein de SPP et membres du Conseil de surveillance, avec la satisfaction de laisser à leurs successeurs un club en bonne santé, susceptible de retrouver l’équilibre financer à la fin de la saison prochaine. En Top 14, si possible…

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