Heymans : « C’est un entraîneur qui grandit »

  • Cédric Heymans, ancien ailier international tricolore.
    Cédric Heymans, ancien ailier international tricolore. Icon Sport / Icon Sport
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L’ancien ailier international, témoin privilégié de la carrière du coach du MHR, voit en ce dernier un héritier de l’école toulousaine.

Vous avez passé six saisons ensemble au Stade toulousain, quel joueur était Xavier Garbajosa ?

Un joueur impulsif avec un gros caractère, de la détermination, un vrai puncheur en somme. Mais aussi un joueur avec un bagage technique au-dessus de la moyenne.

Retrouvez-vous en Xavier Garbajosa, l’entraîneur, des traits du joueur qu’il était ?

Ce que l’on retrouve par-dessus tout, c’est cette passion et cet entrain qu’il a toujours, c’est une certitude. Il était déjà un joueur passionné et je crois qu’il est devenu un entraîneur passionnant. Il est à la croisée d’un management très affectif mais également très exigeant. C’est la culture que l’on a reçue de Guy Novès (Xavier Garbajosa a évolué de 1996 à 2007 sous ses ordres, N.D.L.R.). Il peut être un entraîneur très porté sur l’affectif mais jamais au détriment de l’exigence de tous les jours. C’est à mon sens ce que Xavier doit rappeler à ses joueurs aujourd’hui, en tant que coach, que l’on peut se brancher, déconner… Mais que leur devoir avant tout c’est d’être intransigeant vis-à-vis d’eux-même, irréprochables sur la technique individuelle.

Ses proches disent de lui que, comme tout compétiteur, il a la défaite en horreur mais que le concernant ,cela peut atteindre des proportions rares…

(Il coupe) Trop, c’est trop ! Quand vous jouez avec lui c’est un bonheur, en revanche quand vous jouez contre lui c’est un enfer. J’ai eu la chance de joueur plus avec lui que contre lui mais, par exemple, quand on faisait des petits matchs de foot ou des parties de tennis ballon, dans l’engagement, cela finissait souvent par une arcade ouverte parce qu’il y avait de l’engagement à outrance. Défaite interdite.

Quelle est aujourd’hui la part d’héritage dans sa méthode, mais aussi dans ses credo d’entraîneur?

Le plus bel exemple c’est l’éclosion de l’ailier de Montpellier. Pas de numéro dans le dos, vous êtes avant tout des joueurs de rugby. Ce qui veut dire qu’à tout moment, un avant peut faire une passe de trois-quarts et un trois-quarts peut faire le boulot d’un en-avant. L’héritage, c’est ce jeu de mouvement et debout, qui s’adapte en permanence à l’adversaire. En cela, nous avons été bercés par l’intelligence situationnelle de Deleplace, Villepreux. On le retrouve dans le jeu que prône Xavier à Montpellier, ces similitudes, vouloir faire bouger sans cesse le ballon mais être capable à tout moment de changer de stratégie, de s’adapter en permanence. On possédait à l’époque des avants capables de gagner le combat et c’est aussi grâce à cela que l’on a pu développer ce jeu.

Est-ce que, déjà, vous aviez senti cette influence lorsqu’il était en poste à La Rochelle ?

Complètement, je dirais même que c’était encore plus flagrant à La Rochelle. (Il a atteint en tant qu’entraîneur adjoint des techniques individuelles puis des trois-quarts, les demi-finales de Top 14 en 2017 et 2019 et la finale de Challenge européen avec le club, N.D.L.R.). Là, à Montpellier il n’en est qu’aux prémices. Il commence à habituer les joueurs à sa façon de concevoir le jeu, ce besoin de vitesse. Il est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Voyez-vous aujourd’hui en lui le vrai numéro 1 qu’il est à Montpellier ?

Xavier est un entraîneur qui a grandi et clairement, aujourd’hui, c’est un numéro 1. Cela ne veut pas dire qu’il ne serait pas capable de s’intégrer dans un staff. Je ne doute pas qu’il saurait le faire parce que c’est un mec qui sait rester à sa place. C’est avant tout un entraîneur qui grandit. Mais, ce qui est surprenant avant tout pour les gens qui le connaissent, c’est la rapidité avec laquelle il s’est affirmé comme un entraîneur avec une vraie identité. Il a très tôt imposé son système à lui. Déjà lors qu’il était à La Rochelle, où il a travaillé avec Patrice Collazo qui venait aussi du Stade toulousain. Mais aussi, aujourd’hui, à Montpellier où on sent son influence.

Peut-on imaginer le voir un jour revenir entraîner au Stade toulousain ?

Waouh ! Je ne sais pas si, lorsque tu as goûté à ce rôle de numéro 1, tu peux revenir dans un rôle de numéro 2. Hormis en équipe nationale. Mais je pense malgré tout que si cela lui était un jour proposé, et parce que c’est quelqu’un qui n’a pas de fierté mal placée, il serait capable d’accepter.

Et un destin national, peut-être en commençant par les U20 ?

La force de Xavier, c’est qu’il a entraîné les jeunes au Stade toulousain. Eux n’ont pas de filtre. Quand ta séance est nulle, elle est nulle. Et ça, c’est un véritable plus pour la réflexion de ta séance. Mais il est passé chez les grands et, prendre une équipe nationale… Dans deux Coupes du monde, pourquoi pas ?

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