L’opposition grimpe, la campagne est lancée

  • Le trésorier Alexandre Martinez a présenté le bilan financier annuel de la Fédération, excédentaire de 211 000 euros, ce samedi à Clermont-Ferrand. Photo FFR
    Le trésorier Alexandre Martinez a présenté le bilan financier annuel de la Fédération, excédentaire de 211 000 euros, ce samedi à Clermont-Ferrand. Photo FFR
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Si les comptes de la FFR ont été approuvés par l’assemblée générale, le vote a aussi marqué une nette progression de l’opposition à Bernard Laporte, lequel a néanmoins annoncé que l’entrée du fonds d’investissement CVC dans le Tournoi rapporterait 80 millions d’euros à la FFR.

C’est une drôle de guerre civile qui secoue le petit monde du rugby français, à moins d’un an des élections fédérales. Une querelle entre "Laportiens" et "Grillistes" qui a connu sa première vraie bataille samedi matin, à Clermont-Ferrand, au fil de la 149e assemblée générale financière de la FFR. Pour ce rendez-vous, traditionnellement aussi glamour qu’un congrès du Parti Communiste en pleine guerre froide, les clubs s’étaient donc mobilisés en masse, obligeant les organisateurs à "pousser les murs pour contenir un record de participation historique", selon les termes du président Laporte, jamais avare d’une hyperbole : de fait, avec près de 800 votants et la quasi-totalité des 1 958 clubs français représentés par le jeu de la transmission des pouvoirs, une AG financière fédérale avait rarement connu un tel engouement. Sans surprise, les Ligues les plus actives furent ce matin-là l’Occitanie, plus que jamais favorable à l’alliance Laporte-Doucet (427 clubs), la Nouvelle-Aquitaine, toujours divisée (379 clubs), l’Auvergne Rhône-Alpes plutôt "Grilliste" (259 clubs), la région Paca (130 clubs) fidèle à la gouvernance actuelle et une Ile de France (161 clubs) largement favorable à la liste d’opposition menée par Florian Grill, Jean-Marc Lhermet, Éric Champ, Jean-Claude Skrela et Serge Blanco, tous présents à Clermont-Ferrand.

Dans un premier temps, le trésorier Alexandre Martinez et son président, Bernard Laporte, ont donc exposé les raisons d’un résultat financier annoncé bénéficiaire à hauteur de 211 000 euros pour la saison 2018-2019 : "Après le déficit de l’an passé, expliquait Laporte en préambule, je suis fier de présenter ce budget excédentaire. Surtout, ce sont 9 millions d’euros qui ont été dernièrement distribués aux clubs amateurs ; le prix des licences a diminué et le remboursement des indemnités kilométriques a augmenté. Au 30 juin 2020, on aura aussi à disposition les 160 Cadres Techniques de Clubs annoncés durant la campagne. […] Car la FFR n’est pas là pour thésauriser sur le dos des clubs ou pour établir des records financiers. Elle est là pour redistribuer ses bénéfices au monde amateur." À ce sujet, Bernard Laporte a d’ailleurs confirmé à Clermont-Ferrand ce que Midi Olympique avait révélé il y a quelques semaines : "Le fonds d’investissement CVC nous a dernièrement proposé un projet pour augmenter les ressources fédérales. On parle de 80 millions d’euros sur cinq ans (soit 16 millions d’euros par saison, N.D.L.R.), à partir de 2020. Ces bénéfices, comme ceux de la Coupe du monde 2023, iront tous aux clubs amateurs."

Bernard Laporte adoube CVC

À l’issue de cet exposé, Florian Grill et plusieurs opposants au camp Laporte ont interrogé le trésorier général et le commissaire aux comptes sur la réalité des 9 millions d’euros versés par la FFR aux clubs amateurs. Si le commissaire aux comptes a alors avoué ne pas avoir examiné "les comptes dans le détail", Martinez, lui, s’est ardemment défendu : "Je vais être clair avec vous : nous n’avons plus de projet Grand Stade à financer, nos résultats financiers ne vont plus là-dedans et sont tous reversés aux clubs. Je ne suis pas un menteur."

Passée cette escarmouche orale, les votants ont enfin été appelés à valider le bilan financier présenté par Laporte et Martinez. Verdict ? Si les comptes de la FFR ont été approuvés à la majorité par l’assemblée générale (66 % de voix pour), on note néanmoins que la voix "contre" (33 %), celle représentée par l’opposition, est en claire augmentation par rapport à l’an passé, où elle avait péniblement atteint 25 %. Est-ce un signe de l’évolution du rapport de force dans la campagne ? Florian Grill gagne-t-il du terrain ? C’est en tout cas ce qu’a conclu samedi son camp, dont l’objectif avant l’AG de Clermont-Ferrand était de réunir 20 % de voix "contre". En clair, la campagne est aujourd’hui lancée. Et entre les deux camps, le match s’annonce plus disputé que jamais ; plus incertain, en tout cas, qu’on aurait pu le penser il y a encore trois mois…

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