Les paradoxes franciliens

  • Le capitaine Henry Chavancy, bien que l’auteur d’un joli coup avec ses coéquipiers, a exprimé des remords, notamment sur le nombre de fautes concédées.
    Le capitaine Henry Chavancy, bien que l’auteur d’un joli coup avec ses coéquipiers, a exprimé des remords, notamment sur le nombre de fautes concédées. Icon Sport - Icon Sport
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Bien que larges vainqueurs d’une équipe des Ospreys terriblement indisciplinée et au bord de l’implosion, les Racingmen n’étaient pas vraiment satisfaits de leur prestation, samedi soir. Voici pourquoi…

Il est certaines défaites qui ressemblent à des victoires, et certaines victoires… Qui ressemblent à des défaites. Ainsi est fait le sport. La semaine dernière, les Racingmen tombaient à domicile au terme d’un combat de titans face à l’UBB "new-look" de Christophe Urios alors que les joueurs des Hauts-de-Seine avaient signé une prestation majuscule. Et cette semaine, en Champions Cup, c’est l’inverse. Ils ont inscrit six essais et remporté haut la main un point de bonus offensif qui les place en tête de la poule de la mort où ils cohabitent avec les Irlandais du Munster et les double champions d’Europe en titre, les Saracens. Malgré tout cela, les Racingmen n’avaient pas vraiment la tête des grands jours au sortir de cette troisième journée. Même l’irrésistible Simon Zebo se limita à une seule vanne lors de son habituel one man show des conférences de presse (lire ci-contre)…

Et côté staff, on se voulait pragmatique : "Nous sommes satisfaits de la victoire à cinq points mais beaucoup moins de la discipline, sur laquelle nous avons failli. Il va falloir vite remédier à ce problème dans les prochaines échéances", lançait en préambule le manager Laurent Travers. "Nous avions vraiment à cœur de gagner ici pour rester en vie dans cette poule extrêmement difficile. C’est chose faite, et c’est ce que l’on retiendra. On retiendra aussi qu’il nous reste beaucoup de travail, tant on a été imprécis et indisciplinés", prolongeait le capitaine Henry Chavancy.

Chavancy : "On a fait n’importe quoi"

L’indiscipline. Voilà la raison du courroux des Racingmen : "Je ne sais pas combien de fautes on a commises… Entre 16 et 19 je crois, soufflait le centre international. À ce niveau-là, c’est impossible. On a l’habitude qu’on ne peut pas gagner au-dessus de 10. Par moments, on a joué à la baballe, on est sorti de notre stratégie. Voyant qu’ils étaient en sous-nombre, on a voulu marquer trop vite et on a fait n’importe quoi." Il faut dire que ce match fut bizarre. Très bizarre même, tant il fut perturbé par les innombrables fautes des deux équipes : au total, le Racing a concédé 16 pénalités et reçu deux cartons jaunes. Les Ospreys n’en ont concédé que quatre mais ont écopé de deux cartons jaunes et d’un rouge, ce dernier ayant été donné après trente-sept petites secondes de jeu. Les Gallois ont donc évolué à 13 et même à 12 pendant un court instant en première mi-temps. Dans ces conditions, il leur était impossible de tenir un premier rideau digne de ce nom tout en couvrant le fond du terrain. Alors le Racing en profita, parfaitement guidé par un Finn Russell joueur à souhait et un Virimi Vakatawa intenable. Résultat, les Franciliens ont inscrit trois essais en dix minutes (Baubigny 10e, puis Thomas par deux fois 23e et 30e) et laissé K.O. debout des Ospreys dont le cauchemar continue (neuf défaites en dix matchs) : "La qualité de nos joueurs sur les extérieurs nous a permis de prendre le large au score. Malheureusement, cette victoire vient davantage de ces supériorités numériques que de la qualité de notre prestation", reconnaissait avec franchise Chavancy.

Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, le Racing domine toujours la poule de la mort, et qu’il leur reste encore deux matchs à l’Arena (Ospreys le week-end prochain et le Munster le 11 janvier) pour espérer décrocher une qualification : "Bien sûr, nous sommes contents de tous ces points accumulés, même si nous avons quelques regrets sur ce match nul accroché au Munster. En tout cas, nous avons les cartes en main. On doit gagner nos deux prochains matchs à domicile pour avancer encore vers la qualification. Le moindre faux pas à domicile reste rédhibitoire."

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