À Toulouse, le ciel est (pourtant) dégagé

  • Jerome Kaino, suivi par Maxime Médard, fut parmi les meilleurs Toulousains dimanche soir.
    Jerome Kaino, suivi par Maxime Médard, fut parmi les meilleurs Toulousains dimanche soir. Icon Sport - Icon Sport
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Souvent loués pour leur jeu flamboyant, les Stadistes ont logiquement dominé le MHR en s’adaptant aux trombes d’eau qui s’abattaient sur Ernest-Wallon. Et se sont, par la même occasion, ouvert la voie vers la qualification.

Imaginez qu’en début d’après-midi, ce dimanche, le temps était resplendissant sur Toulouse. Sauf que les prévisions, depuis plusieurs jours, annonçaient que la pluie risquait de s’abattre sur Ernest-Wallon. Ce qui n’a pas raté : à seulement quelques minutes du coup d’envoi, des trombes d’eau sont venues gorger la pelouse heureusement hybride de l’enceinte stadiste. Modifiant les plans initiaux des deux équipes. Même chacun avait anticipé l’hypothèse, comme l’avouait le manager Ugo Mola dès vendredi : "S’il y a une météo qui ne permet pas ce jeu de passes et de duels, on s’en remettra peut-être à celui des avants et à la longueur de jeu au pied. Mais on préfère le grand beau (sourires)." Il faut dire que son équipe, réapparue sur les premiers plans nationaux et européens depuis près deux ans, a construit sa résurrection sur la pratique d’un rugby ambitieux et aéré. Pas forcément sur celui fermé et pragmatique qu’imposait le climat dominical. Pourtant, une semaine plus tôt, c’est déjà sous la pluie, et avec une formation remaniée, qu’elle avait étrillé Bayonne. Face au MHR, l’adversaire était d’un autre acabit et la capacité de ce Stade toulousain à passer en mode tout terrain serait mise à rude épreuve. Mola en était conscient : "On a su le faire mais de là à ce que ce soit quelque chose d’acquis de manière permanente…" Le technicien peut être rassuré. "Même si on n’a pas dû apporter beaucoup de licenciés à la Fédé sur ce match, gagner sans trop trembler face à un adversaire aussi costaud est une bonne chose", souriait-il après le coup de sifflet final.

La défense des ballons portés

Face à une armada terrifiante quand il s’agit d’appuyer sur les fondamentaux, les coéquipiers de Jerome Kaino ont démontré qu’ils avaient encore grandi. D’entrée quand ils ont annihilé une touche adverse sur leurs cinq mètres. "On savait sur quoi on allait être attendus contre une équipe qui avait marqué sur trois ballons portés le week-end précédent, analyse François Cros. Même si on s’est pas plus imposés que ça sur nos munitions, on a réussi à contrer les leurs. Puis on a occupé et mis la pression défensivement pour les empêcher de jouer." Mieux, le premier essai des locaux est arrivé d’une succession de charges devant la ligne d’en-but sur laquelle ils ont fait preuve de justesse. Dans le sillage d’un Joe Tekori qui, après une entame délicate, a profité de chaque impact pour placer les Héraultais sur le reculoir, les Toulousains ont remporté le défi physique. Autant que celui de l’occupation, point fort habituel du MHR. "Il ne peut pas toujours y avoir du soleil, note Romain Ntamack. C’est difficile de faire du spectacle dans ces conditions. On a tenté des coups mais le ballon était glissant. Il fallait d’abord un engagement fort, merci aux avants pour ça. Puis le jeu au pied est une arme de plus en plus utilisée. Sous la pluie, on doit s’appuyer dessus." Grâce à un Thomas Ramos des grands jours, les Stadistes sont parvenus à toujours sortir proprement de leur camp.

Grand favori pour la première place

Avec ce précieux succès, le demi-finaliste de la dernière édition s’est ouvert le tableau. Seul pensionnaire de cette poule invaincu après trois journées, Toulouse compte six longueurs d’avance sur Gloucester (qu’il recevra lors de l’ultime rendez-vous du groupe) et huit sur Montpellier. Autant avouer qu’il fait donc figure de grandissime favori pour sortir leader et voir les quarts de finale. "Le plan est respecté", se réjouit Ntamack. Son manager poursuit : "Trois victoires en trois matchs quand nos poursuivants en ont une seule, c’est positif. Même si je pense qu’on peut être encore plus tueurs, notamment autour de la 60e minute quand on a eu l’opportunité d’enclencher un troisième essai qui aurait changé des choses pour la fin de rencontre. Il reste une marge par rapport aux grosses écuries de la phase aller que sont le Leinster et Exter." N’empêche, ses troupes sont en position de force et il conviendra dorénavant de ne pas gâcher. Mais, entre la manière dans un contexte qui ne lui était pas spécialement favorable et un bilan mathématique des plus réjouissants, le champion de France en titre a fait le plein ce dimanche. De points, de confiance mais surtout de certitudes.

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