Colomiers : les rois du money-time

  • Pro D2 - Gregoire MAURINO (Colomiers)
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(19-21) Sans jamais paniquer, les Columérins ont réalisé le match parfait à l’extérieur, grâce à une maîtrise et une patience remarquables.

Comme toujours à Sapiac cette année, il fallait rester devant le match jusqu’à l’ultime seconde. C’est à la 84e minute que Thomas Girard, pourtant l’auteur d’un médiocre 50 % face aux perches, a eu la bonne idée de passer la pénalité de la gagne. "C’était difficile mais on s’est vraiment accroché comme on le fait tous les week-ends pour aller jusqu’à la 84e, salue l’entraîneur heureux Julien Sarraute, et ce soir ça a souri." Dans la peau du quatrième, Colomiers avait bien une chance de s’imposer à Montauban, peu à l’aise sur sa pelouse. Mais à l’issue de la rencontre, le technicien de la Colombe ne mâchait pas ses mots : "Pour nous c’est un exploit de gagner à Montauban. C’est une grosse équipe qui va, j’en suis sûr, remonter dans ce championnat." Dans tous les cas, l’équipe la plus intelligente l’a emporté ce dimanche, au bénéfice d’une discipline et d’une constance précieuses.

Sarraute : «C’est aux avants que l’on doit la victoire»

Jamais inquiétés malgré un score défavorable pendant cinquante minutes, les Columérins ont usé d’une grande patience pour l’emporter. Si la rencontre n’a pas été un grand spectacle, l’entraîneur de l’USC sait qui remercier : "Nous n’avons pas été brillants dans le volume et l’intensité qu’on souhaitait proposer, c’est le résultat de la pression défensive de Montauban. Mais le rugby est comme ça. Quand on est en difficulté, on reprend par la base ; les mêlées et les mauls. Et c’est aux avants que l’on doit la victoire ce soir."

Un avant en particulier, Gaëtan Barlot, s’est distingué, et a été le symbole d’un coaching gagnant. Entré à la 47e minute, il a participé à la mainmise des siens sur le jeu au retour des vestiaires. Mieux, le talonneur remplaçant s’est offert un essai de filou, sortant d’un regroupement sur le petit côté, complètement oublié, et marquant quarante mètres plus tard malgré les retours défensifs. "Ce n’est pas vraiment ma spécialité, souriait l’intéressé, mais j’ai eu ma chance ! Je lève la tête, ne vois personne et ça me permet de partir. Après la chance est avec moi."

Colomiers a su attendre, maintenir la possession sans faire de faute. Et cela a fait mal aux locaux, souvent contraints de se mettre à la faute. Avec une touche irréprochable, et trois pénalités obtenues dans la minute qui a précédé l’ultime coup de pied, le pack columérin peut en effet se satisfaire d’une telle prestation, qui pourrait en appeler une autre la semaine prochaine contre Biarritz. Ce sera le duel du quatrième contre le cinquième et on saura si Colomiers est bien l’équipe de cet automne, après une seule défaite en sept matchs, depuis le 18 octobre.

Montauban inconsistant

On croyait le match revenir dans les mains des Montalbanais lors de dix dernières minutes remarquables provoquées par un sursaut d’orgueil. Mais une faute provoquera la pénalité de la gagne quatre minutes après la sirène. Juste avant, les avants s’étaient resserrés pour gagner de précieux mètres et laisser à Bosviel l’occasion de mettre un drop à cinq minutes du terme. Sapiac pensait tenir son exploit, après avoir forcé son retour. Mais son extrême indiscipline, symbolisée par trois fautes successives dans le moneytime, lui sera fatale. À la mi-temps pourtant, les Montalbanais s’étaient mis à l’abri grâce à vingt minutes de haute volée, marquées par un essai de Sitauti (6e ), un drop (12e ) et une pénalité (18e ) de Bosviel. La perte sur blessure de Maninoa et le faux rythme de Colomiers ont peu à peu bridé la machine de l’USM qui perd pour la troisième fois dans sa cuvette.

Midi-Olympique.fr
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