Sinzelle : « Ma carrière n’est pas ratée »

  • Jérémy Sinzelle (La Rochelle)
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Jérémy Sinzelle, centre de La Rochelle, s’est comme souvent livré sans langue de bois avant le "derby" de l’Atlantique dimanche.

Jérémy Sinzelle fait du bien au rugby. Et le rugby lui rend bien. Sur le terrain, ses performances régulières, son état d’esprit toujours irréprochable et sa mise à disposition du collectif fait rêver chaque entraîneur. Mais surtout en dehors. Dans un sport de plus en plus aseptisé, il est de ceux qui ne se cachent pas. De ceux qui affichent clairement leur opinion, que cela plaise ou non. "Les réseaux sociaux n’aident pas, explique le joueur de 29 ans. Beaucoup ont peur que leurs propos soient mal repris ou déformés. Mais au bout d’un moment, il faut arrêter. Dis ce que tu as envie de dire !" Une maxime que le Niçois ne cesse de démontrer depuis le début de sa carrière, qu’il prolongera sur la Côte Atlantique jusqu’en 2023 depuis sa récente prolongation.

Face aux performances moyennes des Rochelais dans le contenu depuis la fin août, Sinzelle n’a jamais baissé la tête. Avant d’affronter l’UBB, "une équipe très très bien organisée où tout est bien huilé", les Maritimes l’ont remis (la tête) à l’endroit en Écosse avec une victoire contre Glasgow, la première à l’extérieur, sous le signe de la jeunesse. Sinzelle n’était pas du voyage mais veut espérer que la performance sera bénéfique pour un groupe qui doit encore grandir ensemble. "Sans un groupe soudé, on ne peut prétendre à rien. La vie de groupe est le plus important. On me parle de défense, d’attaque, de bien jouer au rugby. C’est sûr que l’année où je suis champion de France avec le Stade français (en 2015, N.D.L.R.), on jouait et on défendait très bien. Mais la base de tout, c’était la cohésion entre Français et étrangers, entre jeunes et vieux. Et c’est la clé cette année."

"L’équipe de France ? Le train est passé !"

Leader sur le terrain et en dehors, son nom n’a jamais été évoqué avec sérieux en équipe de France. À tord ? Pas pour l’intéressé : "Le train est clairement passé. Aujourd’hui, il y a deux générations de champions du monde des moins de 20 ans et il faut s’appuyer dessus. Un joueur de presque 30 ans sans aucune sélection, ça n’a aucun intérêt. Mais ce n’est pas parce que j’ai zéro cape que ma carrière est ratée. Bien au contraire. J’ai eu la chance de jouer pendant dix ans en première division. L’équipe de France, c’est un plus." Désormais installé comme centre, un poste qui va bien à celui qui aime "mettre [ses] camarades dans les bonnes positions et les bons espaces", Jérémy Sinzelle compte bien gagner un titre avec le Stade rochelais, comme partout où il est passé depuis son premier Bouclier avec les cadets de Toulon en 2007. "La Coupe d’Europe, on ne va pas se mentir, c’est désormais terminé. À nous d’essayer d’atteindre le top 6 et de nous donner les moyens pour prétendre à quelque chose car je pense que nous en avons a les capacités."

Râleur, parfois agaçant mais vaillant - "la base d’un joueur de rugby" - et toujours le premier à mettre la tête là où d’autres ne mettraient pas le bout du nez, c’est au fond comme ça que peut se définir le joueur Sinzelle. Avec une bonne dose de talent en plus, n’en déplaise au Niçois, qui à l’instar de tous ses coéquipiers, tentera de réaliser un gros coup au Matmut Atlantique.

Paul Arnould
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