Soir de gala ce dimanche à Mayol

  • A peine débarqué, Baptiste Serin s'est imposé au RCT. Le nouveau Toulon de Collazo est en marche et il pourrait offrir une belle sortie à Mourad Boudejllal en cas de succès face à l'ASM.
    A peine débarqué, Baptiste Serin s'est imposé au RCT. Le nouveau Toulon de Collazo est en marche et il pourrait offrir une belle sortie à Mourad Boudejllal en cas de succès face à l'ASM. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Pour clôturer la 11e journée, Toulonnais et Clermontois se retrouveront comme à la belle époque, ce dimanche à 21 heures. Invaincu depuis plus de deux mois et troisième à égalité, le RCT peut frapper fort et s’installer dans le haut du tableau en cas de succès. Ce match, en plus d’être le dernier de la décennie à Mayol, sera le jubilé officieux de Mourad Boudjellal. reconstruction en coulisses, le club suit sa révolution : effectif, identité, projets. Tout change actuellement sur la rade. L’effet Collazo et Lemaître...

Dimanche soir, Mayol, ses héros et ses supporters vont dire au revoir à une décennie historique : les années 2010. Dix ans au cours desquels, sur la rade, tout aura été différent et mémorable avec quatre titres, dix finales, des stars en pagaille, des rebondissements en série… Dimanche soir, le RCT va vivre un moment riche en émotions avec le jubilé officieux du futur ex-boss Mourad Boudjellal : "J’aimerais fêter mon départ à Mayol, pour le match contre Clermont, le 22 décembre, avait-il annoncé dans ces colonnes. Finir les années Boudjellal avec une victoire contre l‘ASM, la boucle serait bouclée. " Pour compléter le décor, l’adversaire du soir se nommera Clermont, le rival préféré, et le tout se tiendra devant les caméras de Canal +, en "prime-time".

Ce rendez-vous pas comme les autres attisera des sentiments contrastés chez les nostalgiques de cette époque révolue, celle des galactiques et des excès en tous genres. Une page va symboliquement se tourner. Et l’avenir, dans tout ça ? Après une frustrante saison de transition et un début de championnat mitigé, les sourires sont progressivement revenus au long de la main courante du centre d’entraînement de Berg, où les plus fadas se retrouvent chaque semaine. À raison : le RCT n’a plus perdu depuis deux mois et un court revers à Paris, le 13 octobre. Certes, au cours de cette série de sept matchs sans revers, on trouve un match nul à domicile contre Montpellier, une victoire étriquée devant Bayonne et quatre succès en Challenge, à l’importance peut-être moindre, mais la dynamique n’en incite pas moins à l’optimisme. Raphaël Lakafia et ses partenaires pointent à la troisième place du Top 14, à égalité avec Clermont, Montpellier et Toulouse. Ils dominent aussi leur poule continentale et peuvent de nouveau croire en des printemps radieux.

La fabrique à champions, cœur du nouveau projet

Lentement mais sûrement, le club triple champion d’Europe parvient à retrouver de la compétitivité en se réinventant. Son vestiaire est désormais partagé, avec une modération nouvelle, entre vedettes internationales (Etzebeth, Parisse, Savea…) et joueurs tricolores à potentiel, de Serin à Gros en passant par Rebbadj. Son rugby, porté par l’enfant du pays Patrice Collazo, trouve de la consistance dans le sillage d’un paquet d’avants de plus en plus dominateur, dans la pure tradition locale. Son identité, enfin, évolue et, avec, une politique de développement nouvelle : la frénésie dépensière, à coups de transferts retentissants, laisse désormais place à un investissement en dur et sur le long terme. Après avoir accueilli Botha, Giteau et Sonny Bill Williams dans des "Algeco", le RCT va se doter d’un centre d’entraînement ultramoderne, une autoproclamée "fabrique à champions" afin de s’affirmer comme un club formateur par excellence sur le long terme.

En coulisses, le Toulon nouveau se dessine. Mais sa réussite doit dès à présent s’écrire sur le terrain. Dimanche soir, plus que jamais, le peuple rouge et noir attendra une victoire de ses favoris face à son prestigieux rival pour s’installer dans le haut du tableau, clôturer dignement une décennie inoubliable et éclaircir un peu plus son horizon. Ce dimanche, à Mayol, c’est soir de gala.

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