Et Lagarde flancha...

  • Raphaël Lagarde (Agen) contre Toulouse
    Raphaël Lagarde (Agen) contre Toulouse Icon Sport / Manuel Blondeau / Icon Sport
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Les Agenais sont passés près d’un exploit face au champion de France en titre. Mais une dernière munition gâchée par un coup de pied manqué de Raphaël Lagarde les en a empêchés…

Christophe Laussucq n’a pas donné une conférence de presse au terme de ce derby joué dans des conditions dantesques. Il a poussé un cri de détresse : "Je suis énervé, déçu… J’en ai ras le bol de ces matchs qu’on aurait pu gagner et qu’on ne gagne pas. Encore une fois, on n’est pas loin, on va encore dire "ils sont dans le coup" mais on perd tous les matchs ! […] J’ai envie que ça tourne et ça ne tourne jamais en notre faveur… On le mériterait pourtant. Ce n’est pas le premier match où j’ai ce sentiment. On n’y arrive pas, c’est rageant. Je ne veux pas passer pour une pleureuse mais ça ne veut pas. Ça fait dix journées que l’on peut trouver des motifs de satisfaction à nos matchs. Ce soir on a posé des problèmes au grand Stade toulousain, et je crois toujours en mon groupe. Mais là, je ne sais pas quoi faire. Je suis entraîneur de rugby : je peux améliorer un peu une attaque, réparer deux ou trois trucs dans une défense, mais ça ne tourne jamais en notre faveur. Ce soir on rate cette occase qui nous aurait permis de finir ce match de m.… en apothéose." De quelle occase parlait Laussucq ? De celle manquée par l’ouvreur remplaçant Raphaël Lagarde qui, en un clin d’œil, est passé de la lumière au néant.

Berdeu : "on garde la gagne en nous"

Entré en jeu à la 74e minute à la place de Léo Berdeu touché à la cuisse, Raphaël Lagarde a d’abord été flamboyant. Sur l’un de ses premiers ballons, il a ajusté un superbe petit coup de pied par-dessus qu’il récupéra au milieu d’une défense toulousaine en alerte orange. Deux minutes plus tard, il trouvait une pénaltouche magistrale de plus de 45 mètres qui allait donner aux Agenais une précieuse touche à cinq mètres de la ligne d’en-but. Un coup de maître qui réveillait d’un coup un public d’Armandie frigorifié par les averses et les incessantes rafales de vent. Après une prise impeccable de Zafra et un maul (qui avança en crabe) où l’on ne trouva pas moins de treize Agenais, ces derniers héritèrent d’une dernière pénalité. Touche ? Mêlée ? Christophe Laussucq laissa le choix à ses leaders, qui optèrent pour la touche comme nous le confirma le capitaine Romain Briatte. Lagarde n’avait donc plus qu’à envoyer le ballon en touche, entre les 5 mètres et l’en-but. Mais son pied glissa, et la balle partit en ballon mort, donnant ainsi aux Toulousains un renvoi au 22 inespéré. "Raph’ se précipite, il rate cette touche qui est immanquable. J’en veux à Raphaël", tonnait Laussucq après le match. Ses coéquipiers, eux, semblaient désolés pour lui. À commencer par Briatte : "Cela arrive à tout le monde, comme un talonneur qui manque un lancer ou un troisième ligne qui manque un plaquage." Même écho du côté de son partenaire Léo Berdeu : "J’en ai parlé avec lui, il a la tête dans les chaussettes. Il trouve une touche fantastique deux minutes avant, c’est cruel. C’est une petite erreur mais on ne perd pas le match là-dessus. Nous avons couru au score toute la partie. Rien ne nous sourit mais on garde la gagne en nous. On va aller chercher des points partout." Une sage promesse, d’autant que le Stade français n’est plus qu’à trois points du SUA…

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