L’épine dorsale du MHR en question

  • Handre Pollard (Montpellier) a assuré pour sa première en France.
    Handre Pollard (Montpellier) a assuré pour sa première en France. Icon Sport / Dave Winter / Icon Sport
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La blessure de Picamoles, l’arrivée de Pollard, et la nécessité de relancer la machine après les échecs européens : Montpellier s’est lancé dans une expérimentation de composition d’équipe qui a fourni de bons résultats.

À l’heure des grands débuts dans son équipe de l’ouvreur champion du monde sud africain Handré Pollard, Xavier Barbajosa avait donc choisi d’associer à la charnière cette recrue fantastique au très inexpérimenté Gela Aprasidze. Le jeune Géorgien (21 ans) honorait à l’Arena sa deuxième titularisation seulement après deux ans et demi de présence au club. "Un choix positif et réfléchi, qui n’était pas dicté par un souci de rotation", a immédiatement précisé le manager héraultais après la partie. Il avait aussi décidé d’aligner en titulaire pour la deuxième fois en top 14 le talonneur Youri Delhommel, et de replacer Kélian Galletier dans le couloir pour la première fois de la saison. Exceptée la présence de l’excellent Anthony Bouthier à l’arrière — huitième titularisation au poste — Montpellier s’était déplacé à Nanterre avec une colonne vertébrale complètement expérimentale. Cette composition d’équipe a dit combien cet axe central sera l’objet principal des préoccupations du staff montpelliérain lors des prochaines échéances.

Pollard sobre et en maîtrise

La grave blessure au genou subie par Louis Picamoles la semaine dernière avait lancé dans une urgence le grand chantier du poste qui devait rester son pré carré. L’arrivée tardive d’Handré Pollard, et les dernières prestations très aléatoires de Johan Goosen, devaient logiquement impulser une reconfiguration immédiate du poste d’ouvreur. Et puisque les deux dernières sorties européennes contre Toulouse avaient provoqué des questionnements sur la capacité de cette équipe à prendre vraiment le jeu à son compte, les présences de Youri Delhommel et de Gela Aprasidze correspondaient au besoin de régénérer l’état d’esprit général. Le bilan de cette expérimentation est plutôt bon. "On ne peut pas se satisfaire d’une défaite, mais je dirai que celle-là appartient à celles qui sont encourageantes", l’a qualifiée Xavier Garbajosa. Cette épine dorsale "new look" lui a offert quelques satisfactions. Handré Pollard, dans le rôle du dernier arrivant, s’est fondu facilement dans son nouveau collectif, avec maîtrise et beaucoup de sobriété. Son jeu dans le dos de sa ligne offensive utilisé en leurre, a même déjà atteint une petite perfection, quand il a délivré une passe à la seconde dans le bon tempo à Antony Bouthier sur le chemin de son essai. C’est une bonne nouvelle pour les Montpelliérains : Handré Pollard est déjà complètement opérationnel. Devant le Sud Africain, de son jeu au pied précis et de sa passe laser, le demi de mêlée Géorgien Gela Aprasidze s’est montré à son avantage. Revenu de la Coupe du monde — quatre matchs disputés — avec une commotion cérébrale, il avait repris la compétition la semaine dernière en espoir. En grande forme, élu "homme du match" chez les réservistes, cette reprise d’activité flambante avait convaincu Xavier Garbajosa de l’embarquer à Paris pour dynamiser les abords des rucks. "En ce moment, on ne recherche pas de personnes idoines à des postes précis, a expliqué le manager au sujet de cette titularisation. On recherche des joueurs qui veulent tout donner. Gela a des imperfections, qui sont les défauts de ses qualités. À force d’animer, il perd parfois des ballons, et nous met sous pression. Mais c’est bien de pouvoir compter sur son envie débordante. Aujourd’hui, dans notre situation, nous avons vraiment besoin de tout le monde, et dans le bon état d’esprit."

Guillaume CYPRIEN
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