Les Lyonnais de requins à dauphins

  • Josua Tuisova (Lyon) et sa puissance n'auront pas suffi à renverser les Castrais.
    Josua Tuisova (Lyon) et sa puissance n'auront pas suffi à renverser les Castrais. Icon Sport / Laurent Frezouls / Icon Sport
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Deuxième pour la première fois de la saison, le Lou a confirmé à Castres ses difficultés du moment. L’ancien leader refuse de tomber dans la sinistrose. Place aux actes, alors.

Pour la première fois de la saison, le Lou ne trône plus au sommet du Top 14 ce lundi. Après dix journées de suprématie, cette rétrogradation dans la hiérarchie paraît logique, au regard de la prestation souffreteuse livrée à Castres samedi et de la spirale négative des Lyonnais : dans le Tarn, ils ont subi une cinquième défaite sur leurs six dernières rencontres, toutes compétitions confondues.

Dans le Tarn, comme à Northampton (19-0 à la 36e), Montpellier (21-0 à la 37e) et Trévise (12-0 à la 14e), les Rhôdaniens ont livré un premier acte rédhibitoire avant un sursaut resté vain : malgré un vent favorable, ils ont déjoué dans les grandes largeurs, concédant dix pénalités, deux cartons jaunes et deux essais avant la pause. "L’équipe a perdu l’initiative alors qu’elle aurait dû l’avoir ", résume Pierre Mignoni. Pendant quarante minutes, on n’a pas reconnu le Lou sûr de sa force, aux idées claires et à la poigne de fer. Au contraire, il est apparu stratégiquement brouillon et sur le reculoir trop souvent. Jonathan Pélissié met le doigt sur un point fâcheux : "Nous avons manqué un petit peu d’envie, soupire le demi de mêlée. On y était moins que les Castrais dans l’engagement." Ce constat interpelle, pose question. Comme si une lassitude passagère ou un léger relâchement avait atteint les rangs rouge et noir après un début de saison au presque parfait… Comme si les parenthèses européennes avaient semé un doute, depuis. "La coupe d’Europe n’a pas forcément marqué le groupe en soi. C’est sûr que l’on en a marre d’apprendre en perdant mais je n’ai pas senti plus d’amertume que ça ", tempère Jonathan Pélissié. Mickaël Ivaldi relativise aussi : "Toute équipe a une période de moins bien à un moment de la saison. Nous sommes dans le dur, il n’y a pas de honte à le dire. Les résultats négatifs n’aident pas à avoir de la maîtrise."

Ivaldi : "Nous sommes de grands garçons"

Pierre Mignoni ne veut pas blâmer ses hommes mais il attend une réaction de ses troupes dans les plus brefs délais. "On n’est pas mort, on est toujours dans les six premiers. Il faut juste sortir de cette dynamique. Les gars ont envie et je n’ai rien à leur reprocher sur leur travail. Mais je veux voir des joueurs avec plus de caractère dans la difficulté. On va régler ça entre nous. " Le manager espère aussi une prise de conscience de ses protégés sur un secteur fondamental : "J’ai des hommes qui ne sont pas capables de rester froids dans les instants chauds. Ils n’y arrivent pas. Or, un joueur de haut niveau, c’est quelqu’un qui arrive à se maîtriser. On a fait certainement l’opposé de ce qui avait été dit. Je n’accorde aucune excuse. Je ne sais pas. Je vais parler à certains des joueurs concernés. "

Une petite mise au point s’impose, incontestablement : "Chacun doit faire son autocritique ", confirme Jonathan Pélissié. "Nous sommes de grands garçons et nous allons relever la tête, promet Mickaël Ivaldi. Ça va revenir. " Avec deux victoires de marge sur la troisième place, le Lou dispose encore d’une avance confortable et peut se projeter avec un optimisme relatif sur la suite. Contre Bayonne puis à Agen, il devra de nouveau afficher le niveau d’une équipe de haut de tableau. Sinon, le bénéfice de l’automne sera dilapidé. Et les discours finiront par se durcir.

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