Pau : au sabordage !

  • Tom Taylor (Pau) est l'auteur d'une belle passe après-contact.
    Tom Taylor (Pau) est l'auteur d'une belle passe après-contact. Icon Sport / Baptiste Fernandez / Icon Sport
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Les Palois disposaient de très bonnes conditions pour enfoncer Paris et rester dans la première partie de tableau. Ils ont laissé passer une chance énorme.

S’il fallait choisir une action en particulier qui a symbolisé le mieux l’habileté de ces Palois à bien viser et se tirer une balle dans le pied, celle de la quarante et unième minute résumerait à elle seule l’ensemble de leurs errements, qui ont laissé un succès inestimable s’égarer sur la pelouse de Jean Bouin. Ils avaient laissé poireauter un peu les Parisiens sur le terrain au retour de la pause. Eux tremblaient, il fallait tirer les premiers. Quentin Lespiaucq avait insisté dans son discours à la mi-temps sur la nécessité de leur laisser la tête sous l’eau. Quand Joris Segonds sur son premier ballon, leur a fait l’offrande d’un coup de pied de titan tapé directement en ballon mort quatre-vingts mètres plus loin, la mêlée dont les Palois ont hérité sur les vingt-deux mètres du Stade Français augurait du passage de la parole au geste. Ils allaient les inscrire, ces premiers points, qui devaient faire tomber sur Jean boudin un voile vert et blanc. Dans la foulée d’une première tentative mal emmanchée, les Palois ont même récupéré une touche, comme on attrape au hasard une deuxième occasion de saisir une opportunité. Balle perdue dans l’alignement, contre "à la va-comme-je-te-pousse" du Stade Français, touche à cinq mètres pour les Parisiens, et maul perforant pour un essai de Quentin Béthune : les locataires de Jean Bouin ont pris la tête là-dessus, sur un renversement de domination improbable, exercé en deux minutes et quelques gestes au raccroc, au cours duquel leur recrue Pablo Matera, le capitaine de l’Argentine, a rajouté au désespoir de ce coup du sort, l’humiliation d’un coup de pied à suivre donné comme il l’a pu par ce déménageur aux pieds carrés. Au rang des symboles de leurs maladresses à répétition, on retiendra aussi cette dernière touche perdue sur la sirène par les Palois, dans le moment de l’abandon de leur dernière possibilité de gagner cette partie.

La touche, le problème récurrent

Le résultat de cette défaite au petit point de bonus défensif insuffisant, dans ce championnat serré comme jamais, est une dégringolade jusqu’à la douzième place du classement. De ça, Quentin Lespiaucq s’en moquait comme d’une guigne. "On fera le premier bilan à la fin des matchs aller, pas avant", a botté en touche le capitaine. Il a aussi préféré "basculer sur du positif", pour jauger cette partie. Leur défense, leur agressivité, l’état d’esprit, suffisaient à une petite joie de fin d’année. Mais la compilation de toutes ces petites satisfactions estimables, ne réglera pas ce problème récurrent de leur difficulté en conquête, qui a produit cette désillusion. Les avants de Pau naviguaient à peine à 75 % de réussite sur leurs propres lancers avant ce déplacement. Ce voyage à Paris n’a pas du tout amélioré cette statistique. "Nous nous sommes précipités, et nous sommes sortis de nos schémas, dès lors que Paris nous a contestés sérieusement", a expliqué Lespiaucq, laissant percevoir dans ce commentaire, l’extrême fébrilité béarnaise dans ce seul secteur de jeu. Cette carence récurrente a donné aux Parisiens l’occasion de ce contre de la quarante et unième minute. On rejouera aussi toutes les maladresses qui ont grevé le bilan général, cet en avant de précipitation de Sam Marques, derrière un maul, qui a donné trois points au Stade Français, ou cette prise de balle hors jeu par Alexandre Dumoulin, placé devant le coéquipier qui avait tapé dans le ballon. Ce qui fit encore trois points pour les Parisiens. Les Palois ne pouvaient pas se saborder avec plus générosité.

Guillaume CYPRIEN
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