2019, un air de fin de cycle

  • Coupe du monde 2019 - Guilhem Guirado (France) à la fin du quart de finale perdu contre le pays de Galles
    Coupe du monde 2019 - Guilhem Guirado (France) à la fin du quart de finale perdu contre le pays de Galles Icon Sport / Icon Sport
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Comme il est de coutume en ces périodes de fêtes de fin d’année, Midi Olympique propose de jeter un regard décalé sur l’année qui vient de s’écouler, riche de mille péripéties. Si le Japon et l’Afrique du Sud se sont taillés la part du lion, l’année fut aussi marquée par la chute de la maison All Black après dix ans de domination totale. Dans l’air du temps au niveau mondial, ce changement de paradigme s’est aussi propagé à l’échelle de l’europe et du Top 14, après une saison riche en rebondissements sur et hors des terrains.

Que dire, que retenir, que déduire de l’année 2019 qui vient de s’écouler? Difficile, au vrai, de se hasarder à l’exercice périlleux de la synthèse, dans ce milieu devenu plus tumultueux que jamais… Impossible toutefois de passer à côté de l’essentiel, à savoir la conquête par le rugby mondial d’un nouveau territoire, le Japon, par le biais d’une Coupe du monde où l’enthousiasme des supporters locaux, couplé à la révélation de ces Cherry Blossoms au jeu si singulier, ont fait souffler un sacré coup de frais sur un univers trop souvent empoussiéré. Comme si un vent nouveau devait se lever, ou plutôt qu’un nouveau cycle était sur le point de démarrer, pour le meilleur ou pour le pire, comme si souvent après une année de Coupe du monde…

On exagère, vous dites? Eh non, même pas. Car on brûle désormais de savoir comment les Néo-Zélandais, rois déchus après une dizaine d’années de règne sans partage, vont remettre leur style au goût du jour pour épouser les nouveaux canons de performance du rugby mondial, à savoir la prédominance du jeu au pied et de la défense, illustrés par l’accession de l’Afrique du Sud et de l’Angleterre à la finale de la Coupe du monde. Comment le XV de France, qui s’est doté du meilleur technicien mondial en matière de défense (Shaun Edwards, pour ne pas le nommer) saura tenir compte de ces évolutions pour les tourner en sa faveur et en respectant sa culture profonde, mission qui incombera à l’aigle à deux têtes incarné par Raphaël Ibanez et Fabien Galthié.

Et comment, finalement, d’autres nouveaux cycles seront amorcés au sein de notre bien-aimé Top 14, à savoir l’après-Boudjellal pour Toulon, l’après Travers-Labit pour le Racing, l’ère Urios du côté de Bordeaux et bien évidemment les performances du Stade toulousain, dont on veut désormais savoir si le titre de l’an dernier n’était qu’un feu de paille ou le début d’une nouvelle ère glorieuse… En attendant, au terme de ce cru 2019 si riche, la rédaction de Midi Olympique a choisi d’établir une liste non-exhaustive des événements qui auront, en bien ou en mal, marqué cette année de rugby. Avec son lot de victoires, de défaites, d’injustices, d’histoires, de boucs émissaires et de héros qui auront marqué ces 365 jours d’actualité…

Affaire Folau : homophobie, pognon et extrémisme religieux

C’est sans doute l’une des affaires les plus nauséabondes que le rugby ait connue dans cette dernière décennie : auteur (à plusieurs reprises) de propos homophobes sur les réseaux sociaux, l’ancien arrière des Wallabies Israel Folau a, après plusieurs avertissements, fini par être licencié par la fédération australienne. S’en est suivie une véritable guerre juridique (que Folau finança en lançant une cagnotte de crowdfunding) qui, après de longs mois au cours desquels Folau a revu à la hausse sa demande de dédommagement (la faisant passer de 7 à presque 9 millions d’euros), a fini par déboucher sur un accord financier (tenu secret) dont Folau s’est dit « satisfait ». L’affaire aura donc coûté une fortune à la fédération australienne, mais au moins la voilà débarrassée de l’un de ses pires représentants… 

Une sanction record pour les Saracens

On en entendait parler depuis deux ou trois ans mais on n’y croyait pas vraiment. Et puis, le verdict est tombé, les Saracens, le mastodonte du rugby anglais (Farrell, Itoje, Kruis, Daly…), condamné à un retrait de 35points plus une amende énorme de 6,1millions d’euros. La sanction la plus spectaculaire de l’histoire du rugby professionnel. PRL, l’organisme qui gère l’élite anglaise n’a pas fait de cadeaux. Les Londoniens ont payé au prix fort leur politique de contournement du plafond salarial qui énervait énormément les autres clubs. En plus le Daily Mail avait sorti une enquête explosive démontrant que le président Nigel Wray avait offert des parts de sociétés immobilières à certains joueurs phares. Le club tenant du titre national et du titre européen s’est donc retrouvé avec un énorme boulet au pied, même si la comparaison avec les saisons passées montre qu’il peut assurer le maintien malgré tout. L’information sonne comme une défense face à la dictature de l’argent. En France, certains se réjouissent de la nouvelle, en espérant que les coups de règles sur les doigts s’appliqueront à ceux qui font la même chose en Top 14.Condamné à 400000 euros d’amende sur le sujet, Montpellier a fait appel avec succès avant de saisir le Conseil d’état pour faire annuler la notion même de « plafond salarial ». Mais cette fois, il n’a pas eu gain de cause.

Scott Robertson, prophète ignoré en son pays

Après des mois d’entretiens, de tractations et de réunions au sein de la fédération néo-zélandaise, le verdict a fini par tomber : Ian Foster, l’assistant de Steve Hansen va prendre la succession de ce dernier à la tête des All Blacks. Un choix de la stabilité qui s’inscrit dans la tradition néo-zélandaise, et au grand dam de celui que l’on présentait comme l’outisder le plus crédible au poste : Scott Robertson qui, en trois ans d’exercice auprès des Crusaders, a raflé les trois derniers titres de Super Rugby. Mais qu’importe, Robertson a déjà annoncé qu’il repostulera dès qu’il en aura l’occasion.

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