"Lâcher-relever" la nouvelle donne

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    "lâcher-relever" la nouvelle donne
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Utilisée avec parcimonie voilà peu encore, la technique du "lâcher-relever" dans la phase de plaquage tend à se généraliser. Et s’en trouve logiquement surveillée de très près par les arbitres, ne laissant aucune place à l’imprécision.

C’est un point de règlement de plus en plus sensible, donc scruté, qui se vérifie chaque week-end européen. On veut parler ici de cette technique empruntée au VII qui veut que le porteur de balle, une fois plaqué, s’applique à relâcher clairement son ballon pour mieux se relever et repartir dans l’axe, afin de gagner de précieux mètres susceptibles de concentrer la défense ou du moins de procurer une sortie de balle rapide. "Comme les premiers rideaux sont toujours mieux organisés, on doit saisir la moindre opportunité pour déstabiliser une défense et cette technique en fait partie", nous expliquait, durant la Coupe du monde, l’entraîneur du Racing, Chris Masoe.

"lâcher-relever" la nouvelle donne
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"lâcher-relever" la nouvelle donne
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"Tout est parti d’un constat : pour économiser des joueurs et les placer le plus efficacement possible sur le premier rideau, plus aucune défense ou presque ne mobiliser un joueur dans l’axe des regroupements. C’est pourquoi la transition entre la phase de plaquage et de ruck est devenue intéressante, puisque les défenseurs ont le réflexe de faire le tour pour se placer en position de garde mais ne regardent pas nécessairement le joueur plaqué. De fait, si celui-ci parvient à lâcher le ballon, se relever et redémarrer assez vite, il a naturellement une bonne possibilité d’avancer."

Provoquer une brèche… ou une pénalité !

Et les joueurs ne s’en privent pas, ainsi qu’on l’observe de plus en plus souvent… Cette technique de "lâcher-relever" ayant même un autre avantage, plus indirect : celui de provoquer une faute de l’adversaire et donc de récupérer une pénalité facile, ainsi qu’on l’a notamment observé lors des deux premières journées de Coupe d’Europe, où les arbitres sont toujours très pointilleux quant aux attitudes du plaqueur. "La règle le stipule clairement : une fois que le plaquage est terminé, c’est-à-dire lorsque l’attaquant est tenu au sol, le plaqueur doit immédiatement le relâcher et se remettre sur ses pieds." Une faille dans laquelle des petits malins s’engouffrent puisque si le plaqueur n’a pas fait l’effort de relâcher le plaqué alors que celui-ci a relâché le ballon et essaie de se relever pour le jouer, celui-ci doit être logiquement sanctionné. La faute étant d’autant plus difficile à éviter que le plaqueur sait parfaitement ce à quoi son équipe s’expose, si l’attaquant réussit sa manœuvre…

Revers de la médaille

Toutefois, toute médaille a son revers et cette technique en a évidemment une, qui réside dans le strict respect du règlement, et donc dans la nécessité d’observer de bonnes attitudes, perceptibles par l’arbitre… Ainsi, si un joueur ne relâche pas assez clairement son ballon avant de se relever, celui-ci doit également être pénalisé. La notion de "plaquage effectué" achevant de flouter ce point de règlement, la limite étant très mince entre les situations où le plaqueur est tenu au sol ou pas… "Lors de son déplacement au Munster voilà deux semaines, nous en avons fait les frais plusieurs fois, rappelait Masoe. J’ai le souvenir d’une situation où Henry Chavancy, pensant qu’il n’était pas tenu, s’est relevé sans lâcher le ballon… Sauf que l’arbitre avait considéré que le plaquage avait été effectué dans un premier temps et donc qu’il devait lâcher le ballon avant de se relever. C’est pourquoi je conseille à mes joueurs de toujours lâcher la balle s’ils veulent essayer de se relever, pour ne pas prendre de risque. D’autant qu’avec les mains libres, le joueurs dispose de deux points d’appui supplémentaires pour se remettre rapidement debout." Le fait de s’appuyer sur les mains, tel un sprinter, permettant même aux plus au point d’entre eux de démarrer plus vite, donc de causer de plus gros ravages dans l’axe profond.

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