Taofifenua à pas feutrés... mais sûrs

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Recalé à Perpignan, Filimo Taofifenua a rebondi à Dax, connu la montée avec l’Aviron, où il est devenu un rouage essentiel. Son sens du jeu et sa technique pèsent dans le jeu des basques.

L’impatience ronge Filimo qui s’est fait désormais un prénom dans la saga des Taofifenua, un nom de référence dans le rugby français. Il est le deuxième de la famille à porter le maillot de l’Aviron. Son oncle, Jean-Jacques, dont le fils Donovan évolue à Clermont, l’a enfilé lors de la saison 2004-2005. Lui est le fils de Jean-Claude, l’aîné de la fratrie, dont le plus célèbre est Willy, père des Toulonnais, Sébastien et Romain. Le numéro 8 bayonnais sera dans le XV de départ à Lyon. "J’ai hâte de jouer !", lâche-t-il après avoir purgé trois semaines de suspension, pour un plaquage dangereux à Toulouse qui lui a valu le premier carton rouge de sa carrière. "Je n’ai pas voulu le faire", précise ce joueur loyal qui, en cinq saisons au plus haut niveau, n’a écopé que de trois cartons jaunes dus à des fautes de jeu… et non pas à de mauvais gestes.

Formé à VII

"Respectueux" : comme par hasard, ce mot vient spontanément dans la bouche des managers de Dax et de Bayonne, les deux clubs qu’il a connus récemment, après Perpignan qui l’avait accueilli en Reichel alors qu’il venait de quitter sa Nouvelle-Calédonie natale et qui ne l’avait pas conservé. Une grosse déception vite oubliée. Grâce à l’un des amis, Fabrice Tao, de Nouméa comme lui. "Fabrice me l’avait conseillé, se souvient Jérôme Daret, alors manager de Dax. Il m’avait dit que l’Usap ne voulait pas le garder. Nous lui avions fait passer des tests et on avait décelé quelques qualités chez lui… Et je me rappelle parfaitement de son premier match. On jouait justement contre Perpignan. Il avait traversé le terrain et fait marquer l’essai qui avait débloqué le match. Énorme. Et Bruno Rolland, le directeur de Perpignan m’avait aussitôt joint en me disant : je t’appelle avant que tu m’en parles…"

Et c’est ainsi que démarre véritablement sa carrière. Trois saisons pleines en Pro D2 avec Dax où il occupe les trois postes de la troisième ligne. "Je le faisais même jouer centre, précise l’actuel entraîneur de l’équipe de France à VII. Il s’imposait comme un gros franchisseur, gros plaqueur. Il enchaînait les tâches. Je le ferais bien venir à VII mais il a son mot à dire. Je l’ai quand même à l’œil…" Le troisième ligne a justement débuté à VII au Mont-Dore, club de la banlieue de Nouméa. Et n’a pratiqué que cette discipline jusqu’à son départ pour la métropole, à 18 ans. "Je n’ai pas la caisse pour ce jeu, justifie-t-il. Mais ça m’a aidé pour les duels, pour sortir de situations compliquées."

Une ascension fulgurante

À Dax, il s’impose d’emblée comme un joueur indiscutable. Au point qu’après trois saisons, il tape dans l’œil de Pierre Berbizier, alors manager de l’Aviron bayonnais. "Je n’ai pas hésité à répondre favorablement, explique Filimo Taofifenua. Je voulais vivre autre chose que de jouer le maintien." Et il a été servi ! C’était l’ascension en Top 14 qui lui était promise avec Bayonne. "Que de bons souvenirs avec la demi-finale à Oyonnax et la finale face à Brive. Extraordinaire ! Mais je suis vite passé à autre chose. " Le Top 14 l’attendait, en effet. Avec une adaptation rapide. "Ça va plus vite mais le Pro D2 est plus dur avec beaucoup de ballons portés et de mêlées."

Cette ascension fulgurante et cette adaptation au plus haut niveau n’étonnent guère Yannick Bru qui l’a placé en numéro 8. "Il a de grosses qualités pour ce poste, explique le manager des Basques. Il démarre très vite, a d’excellentes mains, une bonne arme pour manipuler le ballon derrière la mêlée. Il a des capacités de contre-attaque, épaule l’arrière, les ailiers. Personne dans le staff n’avait de doute quant à son adaptation au Top 14. Il a la compréhension du jeu, des capacités athlétiques. C’est un joueur redoutable." Et que Yannick Bru récupère avec soulagement pour ce déplacement appréhendé à Lyon, l’équipe de ce début de saison.

Edmond Lataillade
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