Ça, c’est Paris !

  • Comme Gaël Fickou, qui devance ici Gela Aprasidze, les cadres parisiens ont su mener la révolte pour bien finir l’année.
    Comme Gaël Fickou, qui devance ici Gela Aprasidze, les cadres parisiens ont su mener la révolte pour bien finir l’année. Icon Sport - Icon Sport
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À Paris, les stars de l’effectif ont enfin pris leurs responsabilités. À l’hiver 2019, Paris sort enfin ses muscles...

Si on osait la provocation, on dirait volontiers que Heyneke Meyer avait raison lorsqu’il nous assurait ceci via la messagerie "WhatsApp", aux pires heures de la crise parisienne : "Vous voulez savoir ce qu’il nous manque pour être bons ? Nos internationaux, pardi !" Il manquait évidemment bien davantage au Stade français à l’époque où le grand "Bokke" en était le patron sportif. Mais sur ce point précis, il n’avait pas tout à fait tort et qu’on le veuille ou non, l’actualité parisienne est en train de le démontrer. Car soyons clairs : le visage du Stade français n’a plus rien de livide depuis trois semaines. Et maintenant que Waisea est revenu au centre de l’attaque rose, que Nicolas Sanchez semble avoir retrouver une bonne partie de son allant offensif (on ne parle évidemment pas de sa réussite dans les tirs au but), que Tolu Latu épaissit la "cage" rose ou que Sefa Naivalu a enfin le droit de culbuter quelques bougres, Paris relève doucement la tête et regarde enfin ses adversaires, quels qu’ils soient, dans le blanc des yeux.

Alors, doit-on croire à l’"opération survie" entamée après la fessée reçue lors du derby francilien, à Jean-Bouin ? Est-il imaginable que cette équipe, totalement larguée voici deux mois, coiffe au printemps ses rivaux brivistes, agenais et bayonnais sur le fil ? À ce sujet, il y a ceux qui assurent que le Top 14 a changé, que les "petits" ne sombrent plus à mi-saison comme ils le faisaient jadis et qu’en tout état de cause, Paris ne pourra revenir dans la course au maintien. Concernant le Stade français, il y a également ceux, dont nous faisons partie, qui pensent que cette équipe n’est clairement pas à sa place au fond du classement, qu’elle laissera tôt ou tard le strapontin de "barragiste", ou celui de condamné à mort à d’autres qu’elles et, mieux, jouera probablement les trouble-fêtes en championnat, en fin de saison. Normal, pour le plus gros budget du Top 14, vous dîtes ? Peut-être. Mais à ce sujet, il faut surtout se rappeler comment jouait le Stade français début novembre, à l’époque où certains des joueurs les mieux payés du Top 14 parisiens erraient sur le terrain tels des spectres.

Alo-Émile ? T’es là !

À l’hiver 2019, il est donc impossible de dissocier le sursaut d’orgueil du Stade français du travail entrepris, au départ de Heyneke Meyer et son staff, par Julien Arias et Laurent Sempere. Bien qu’inexpérimentés, bien qu’encore incapables de construire un projet d’envergure comme ont pu le faire, ailleurs, les plus grands managers du rugby pro (Joe Schmidt au Leinster, Warren Gatland au pays de Galles ou Bernard Laporte à Toulon), ceux-ci ont bel et bien purgé le vestiaire parisien des luttes de clans qui le gangrenaient et assaini une situation qui sentait le rance. De son côté, Sempere a beau répéter, après la victoire face à Pau ou le match nul à Montpellier, qu’il n’a pas "réinventé le rugby", on est pourtant contraint de constater qu’il a au moins "réinventé" la mêlée parisienne : parfois en souffrance à l’époque où Pieter de Villiers en était le seul garant, l’édifice du Stade français a aujourd’hui retrouvé la solidité qui était la sienne aux grandes heures et, en mettant les Montpelliérains quatre fois à la faute dans ce secteur de jeu, les soldats roses ont marqué psychologiquement leurs adversaires, comme ils l’avaient face à la Section paloise, quelques jours plus tôt. Et puisqu’il est ici question de combat de première ligne, on soulignera à Montpellier la nouvelle magnifique performance du meilleur droitier du championnat — Paul Alo-Émile — souverain dans le combat collectif et à son aise balle en mains. Lui qui arrivera en fin de contrat en juin 2021 a déjà tous les plus gros clubs du Premiership à ses basques et affolera probablement le marché, l’heure venue. En attendant ce jour béni, Paul Alo-Émile continue, pour le plus grand bonheur du Stade français, de torturer les gauchers du Top 14 avec un plaisir non feint…

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