Clermont : La colère sans les raisins

  • Les Auvergnats ont réalisé une première mi-temps remarquable mais laissent échapper le bonus offensif.
    Les Auvergnats ont réalisé une première mi-temps remarquable mais laissent échapper le bonus offensif. MAXPPP / Thierry Larret / MAXPPP
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Vexés par leur déroute à Toulon, les Jaunards rêvaient d’une réaction d’orgueil qui eut lieu pendant une mi-temps. Reste que pour avoir cédé bêtement aux provocations adverses, ces derniers sont encore passés à côté d’un premier bonus offensif qui leur tendait les bras.

C’est un euphémisme d’avancer que la semaine qui vient de s’écouler fut des plus tendues en Auvergne. Le manager Franck Azéma, qui y était allé de sa prise de responsabilités devant la presse après la défaite face à Toulon en se demandant si "les joueurs l’entendaient encore", l’avait clairement laissé comprendre, tant la manière dont ses hommes s’étaient laissés rouler dessus à Toulon l’avait laissé perplexe. "On peut perdre des matchs dans une saison, je n’ai aucun problème avec cela, mais pas de la sorte, avait enfoncé le Catalan dans la semaine. J’attends une prise de responsabilité de chacun, on s’est menti à Toulon, on doit "s’y filer" tous ensemble. Les joueurs ne peuvent pas fonctionner uniquement à réaction." "Nous nous sommes dit ce qu’il fallait se dire dans de telles circonstances, et c’est normal, soulignait l’ouvreur Camille Lopez. Franck a pris ses responsabilités, et nous a fait part de sa vision. Il est bien entendu solidaire, mais les principaux responsables ce sont bien, nous, les joueurs, sur le terrain. À nous d’assumer et de faire en sorte que chacun mette les ingrédients d’implication et de détermination, où il faut et quand il faut." Un message sobrement décodé par le numéro 8 Fritz Lee : "Face à nos problèmes, les solutions sont à trouver individuellement, mais surtout collectivement. Et pour cela l’endroit le plus sûr pour les chercher reste le combat. Plus vite et plus fort."

Timani, la claque du cow-boy

Un mantra que les Auvergnats se sont appliqués à respecter dès les premières minutes, dans le sillage d’un échauffement quelque peu modifié par rapport à leur routine de ces derniers mois. Manière de corriger leur point faible des entames de match, et surtout de tuer dans l’œuf toute velléité de suspense. C’est ainsi qu’après une première période des plus complètes, proche d’une référence en championnat, les Auvergnats comptaient une avance de 27 points (30-3) et surtout tenaient entre leurs mains une rareté, à savoir leur premier bonus offensif de la saison. "De par le comportement de notre pack et du volume de jeu que nous avons pu produire, cette mi-temps était intéressante. Mais on savait que les Castrais allaient réagir, on se doutait comment, et on en a prévenu les joueurs à la mi-temps."

Sauf que, là encore, ces belles paroles furent vaines. "On est tombés dans leur piège de la provocation, on s’est excité, avec un Rory Kockott qui parle à tout le monde, racontait Lopez. Il y a deux ou trois ans, il avait déjà fait la même chose… À ce jeu-là, il est très bon, et il a réussi à faire dégoupiller Sita Timani après son plaquage manqué sur l’essai de Jelonch…" De quoi déclencher une claque de cow-boy de la part du colosse wallaby qui restera assurément comme une des images de la saison et ne manquera pas de susciter quelques jalousies dans tout le Top 14, quand bien même ses conséquences directes furent forcément préjudiciables. "Évoluer un de moins pendant 30 minutes et même à 13 pendant 10 minutes, ce n’est évidemment pas anodin, rageait le pilier Rabah Slimani. On avait ce bonus entre les mains et on a perdu le fil. Mais on a au moins le mérite d’avoir su rester solidaires."

Besoin de consistance

Un discours volontairement positif, qui ne masque toutefois pas la réalité selon laquelle l’ASMCA a probablement davantage perdu un point ce week-end qu’elle n’en a gagné quatre. Un mal récurrent depuis le début de la saison qui l’empêche probablement de figurer parmi les quatre premiers du classement, et dont les Auvergnats commencent à mesurer les conséquences sur le plus long terme. "On sait que cette saison se jouera à pas grand-chose et que tous les points vont compter, convenait Azéma. On doit travailler pour être en mesure de ne plus lâcher ces points lorsqu’on les a en main." Un désir de régularité, que ce soit d’un match à l’autre ou durant 80 minutes, qui constitue forcément le vœu pieux du manager clermontois à l’heure d’attaquer une nouvelle année. "On sait de quoi on est capable, mais désormais on doit être capable de consistance. Il faut trouver un équilibre en termes de comportement et d’attitudes. Cela d’autant plus qu’avant la trêve du Tournoi, le bloc hivernal qui se présente ne laissera pas le moindre répit sur tous les tableaux, entre les réceptions de l’Ulster et du Stade français et deux déplacements au Racing et chez les Harlequins…"

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