Cours magistral de l'UBB

  • Les arrières bordelais de Nans Ducuing ont mis à mal la défense paloise avec leurs courses et leur vitesse.
    Les arrières bordelais de Nans Ducuing ont mis à mal la défense paloise avec leurs courses et leur vitesse. David Le Déodic / David Le Déodic
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Les Bordelais signent un nouveau succès à l’extérieur avec maestria. Il fut riche de quatre essais superbes, dont le premier à quatorze contre quinze. Cette équipe avait la maîtrise et la confiance de son côté. C’était flagrant.

Quel effort et quel cours magistral des leaders bordelais, qui n’ont cédé leur fauteuil à Lyon que l’espace de 24 heures. Dimanche, ils ont été capables de marquer quatre essais à l‘extérieur à des Palois qu’on sentait pourtant hypermotivés devant une foule record. Cette victoire conforte la première place de l’UBB et elle rend probable une place dans le satané top 6. Personne, à Bordeaux, ne pourra plus se cacher derrière son petit doigt avec cette troisième victoire à l’extérieur (après Castres et le Racing) plus un match nul ramené de Montpellier. Ce succès, les Bordelais sont allés le chercher, ou plutôt le graver au burin.

Résister à une entame favorable des Béarnais, à une première infériorité numérique après le carton jaune de Lamerat, ce n’est pas anodin. À quatorze contre quinze, les Girondins ont marqué dix points, contre zéro encaissé. Ce fut là le cœur du succès des Bordelais, le signe qu’ils avaient quelque chose en plus, plus de talent et plus de créativité. La beauté de leurs essais en témoigne… Des ballons aplatis en bout de ligne sur des séquences ambitieuses. On repense à cet essai de Higginbotham (23e), seul sur l’aile gauche servi par Woki et Connor. Bordeaux fut capable quand même de déstabiliser toute la défense adverse par du jeu de passes en jouant avec un attaquant de moins.

Le duo Jalibert-Cordero

Maxime Lucu a résumé ainsi la situation : "Quand nous mettons les choses dans l’ordre et qu’on cherche patiemment les extérieurs, on réussit de belles choses, c’est vrai. En plus nous avons des joueurs qui ont des fulgurances quand nous sommes dans le dur, comme Santiago Cordero, Nans Ducuing et bien sûr Matthieu Jalibert qui a montré qu’il était digne de son statut…" Oui, c’est devenu une rengaine, mais Matthieu Jalibert a encore pesé de tout son poids mouche sur cette performance girondine. La façon dont il a transpercé la défense paloise avant de taper pour offrir le troisième essai à Cordero, fut assez incroyable. Dire que depuis notre poste, on lui reprocha une fraction de seconde de ne pas avoir servi Woki sur sa gauche. Son coup d’œil et la confiance en son jeu de jambes valaient bien plus que notre ressenti. Sur le second, c’est encore lui qui avait déjà servi Cordero d’une passe au pied magistrale (mais on n’oubliera pas l’attaque grand large qui précéda avec Dubié, Gorgadze, Connor et Higginbotham).

Bien sûr, l’UBB eut un peu de réussite sur son essai de pénalité sans doute, il fut un peu sévère envers Tom Taylor en position de dernier défenseur sur une attaque au large. On peut se focaliser sur ça, on peut aussi se remémorer le maul énorme qui précéda après un coup de pied diabolique de Lucu pour trouver une touche. Bordeaux avait la précision et la confiance de son côté. Avec Pau, la différence était flagrante. Tout était moins fébrile et moins désordonné du côté des Girondins. Le plus drôle, c’est que Maxime Lucu regretta une certaine impatience et une certaine nervosité dans le jeu de son équipe près des lignes. Sincèrement, on s’est dit qu’il en faisait un peu trop dans le perfectionnisme, sur ce coup. Bordeaux a magistralement assommé les Palois au point de les empêcher de saisir la chance d’arracher un match nul. La pénalité du bonus défensif palois, c’est aussi une victoire psychologique de l’UBB. Elle vaut presque le bonus qui ne fut qu’entrevu. Mais on n’en demandera pas trop à l’escouade de Christophe Urios qui tint à mettre l’accent avec virilité sur dix dernières minutes de souffrance, face à la furia désordonnée paloise : "Psychologiquement cette équipe a changé. Vous lui avez assez reproché de manquer de caractère… Ce soir, on a porté nos c..."

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