Un Lou à réaction

  • Malgré les doutes, les Lyonnais de Patrick Sobela, qui a inscrit le premier essai à la 5e minute, ont su se remobiliser face à des Bayonnais dépassés.
    Malgré les doutes, les Lyonnais de Patrick Sobela, qui a inscrit le premier essai à la 5e minute, ont su se remobiliser face à des Bayonnais dépassés. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Vexés après leurs revers à l’extérieur et en Coupe d’Europe, les Lyonnais ont passé leurs nerfs sur les Bayonnais, en deuxième période. Dans un premier temps, le Lou a montré qu’il vivait encore une période de doute.

Pour terminer l’année, Lyon a joué une partition symptomatique de son début de saison. On y a retrouvé le Lou du début de saison, celui qui assommait ses matchs à domicile en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire ou l’écrire aux mois d’août et septembre, avec cette fois dix points d’avance dès la cinquième minute. Nous avons vu un Lou solide en conquête directe, quand il a fallu défendre son territoire, avec par exemple ces deux touches volées (34e, 48e) dans sa moitié de terrain ou cette mêlée défensive conquérante (46e), au pied de ses perches, après une occasion d’essai pour Bayonne. Dans les vingt dernières minutes, nous avons aussi vu un Lou carnassier et insatiable, ajouter quatre essais à des Bayonnais dépassés et usés, qui ne méritaient pas de vivre une telle débandade et de repartir avec cinquante points dans la musette.

Mignoni : "Ne pas priver mes joueurs d’engagement"

En effet, avant une fin de match en feu d’artifice pour régaler les seize mille spectateurs annoncés dans les tribunes, record d’affluence de la saison en cours, les Lyonnais avaient soufflé l’effroi, dans une fin de première mi-temps inquiétante. Nous avions alors revu cette équipe indisciplinée et fébrile, nerveuse et en manque de maîtrise de son rugby. "Bayonne nous a bien étudiés, a bien joué autour des rucks, tempérait le flanker Patrick Sobela. Stratégiquement, notre adversaire nous a posé beaucoup de difficultés en première mi-temps. À la pause, nous avons parlé entre nous. Il n’y avait pas de danger. L’adversaire a le droit d’être bon."

Heureusement pour les Lyonnais, l’adversaire n’était pas trop bon et n’a pas su concrétiser pleinement les pénalités concédées et la supériorité numérique, suite à l’exclusion temporaire de Kilian Geraci (28e). Un autre, plus efficace, aurait sûrement su valider ces errements au tableau d’affichage et instiller le doute.

Après une semaine de remise en question, où le manque d’agressivité à Castres a été stigmatisé, les Lyonnais se sont montrés débordants d’énergie, et — on a toujours le défaut de ses qualités — brouillons parfois, nerveux trop souvent. "Nous avons commis quinze fautes, c’est trop, mais je ne veux pas priver mes joueurs d’engagement, tempérait, de son côté, Pierre Mignoni, sans nier les problèmes actuels. Il faut trouver cet équilibre, avec des joueurs plus intelligents. Il faut qu’on soit plus malins. Nous essayons de le travailler avec eux. L’indiscipline nous fait perdre l’initiative du match, et le tempo du match."

Faire le dos rond

La grande force de l’équipe a été finalement de ne pas lâcher. D’avoir cette capacité, lors de ce match comme depuis le début de sa mauvaise passe, de faire le dos rond, de savoir laisser passer l’orage dans l’attente de jours meilleurs. "Nous nous sommes dit les choses, franchement, rappelait le manager. Félicitations aux joueurs, qui se sont remis en question, comme le staff. Ce groupe est soudé. C’est difficile d’être régulier, efficace onze mois dans l’année. Chaque saison, cela arrive à cette période. Nous essayons de travailler pour éviter les trous d’air." De notre côté, nous avons dû travailler pour trouver à redire sur une victoire du Lou avec cinquante points marqués. Mais comme les ambitions du club sont élevées à l’orée des années 2020, il ne suffit plus de mettre cinquante points à un promu pour rentrer chez soi avec le sentiment du devoir accompli. "Cela s’appelle une réaction, rappelait Pierre Mignoni, au sujet de la prestation de son équipe. Mais il faut aussi être dans l’action." Cela paraît une bonne résolution pour la nouvelle année qui va commencer…

Sébastien Fiatte
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