Une touche d’inquiétude

  • Martin Puech est à la lutte avec Sergio Parisse lors de la défaite contre Toulon mais les Palois n’ont toujours pas réglé leurs problèmes en touche qui ont encore pesé lourd face à l’UBB. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Martin Puech est à la lutte avec Sergio Parisse lors de la défaite contre Toulon mais les Palois n’ont toujours pas réglé leurs problèmes en touche qui ont encore pesé lourd face à l’UBB. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Pau - Les Béarnais, qui ont déjà concédé trois défaites à domicile, sont sous pression au moment de recevoir La Rochelle, d’autant plus que les manques sont maintenant bien connus.

Le scénario se rejoue cruellement pour les Palois. Leurs trois défaites à domicile ont toutes un point commun : la défaillance de l’alignement en touche. Le co-manager Nicolas Godignon a même trouvé un nom à ce diagnostic : "On a la touchite, une inflammation de la touche." Lors de la première défaite au stade du Hameau face au Racing 92 (3-31), six ballons avaient été égarés en route. On avait alors évoqué la théorie de l’accident, du jour sans. La Section venait de s’imposer face à Clermont avant de tenir le bras de fer à Toulouse donc ce premier raté n’avait pas alerté outre mesure. D’autant plus que le contre a toujours été un point fort du Racing 92. Face à Toulon le 30 novembre, le manque de précision de l’alignement béarnais était revenu comme un boomerang à la figure des Palois, perdant sept ballons dans ce secteur (seulement 58 % de réussite). Il avait été impossible de lancer le jeu avec un tel déchet mais les conditions climatiques dantesques pouvaient servir d’alibi pour expliquer ce nouveau trou d’air. La qualité du contre adverse avait aussi servi d’excuse. Les six ballons de nouveau perdus contre l’Union Bordeaux-Bègles ne laissent plus aucune place au doute. La Section a un problème avec sa touche. Les chiffres sont maintenant là pour confirmer un simple ressenti puisque les Béarnais ont déjà perdu 41 ballons dans cet exercice (soit 74 % de réussite). Difficile de nier le problème et Nicolas Godignon ne cherchait pas à le minimiser après la dernière défaite face à l’UBB : "On est trop approximatifs, à commencer par la touche ce qui n’est pas une surprise. On se pose trop de questions, dès que ça ne va pas, on commence à paniquer. On fait de bons choix, mais il y a un manque d’efficacité dans la réalisation […] C’est un manque de maîtrise collective en raison de notre état de confiance. On peut tirer sur n’importe qui, hurler plus fort, même lancer des pierres, ça peut soulager sur l’instant, mais ça ne résout pas le problème en profondeur, qui vient aujourd’hui de notre manque de confiance."

Lucas Rey titularisé

Le doute est l’ennemi numéro un du sportif de haut niveau. Il ronge le cerveau, rend fébrile, dérègle un geste technique pourtant maîtrisé et répété sans relâche à l’entraînement. "Cela va demander du temps, du travail. On est plutôt en place à l’entraînement mais rien ne vaut une performance en match dans ce secteur-là." Effectivement, le doute est vicieux et s’immisce dans des moments bien précis, quand la pression est forte. C’est ainsi que les Palois ont perdu quatre touches dans les 22 mètres adverses alors qu’ils étaient en position de marquer. Le problème n’est donc pas technique, engendrant une frustration qui vient alimenter le cercle vicieux qui plombe les Béarnais à domicile. Cette touche branchée sur courant alternatif pour ne pas dire en souffrance est donc une source d’inquiétude alors que la Section a raté son passage à la nouvelle année avec deux revers avant la Saint-Sylvestre qui ont plombé les ambitions de qualification. La Section joue maintenant le maintien comme l’a reconnu Nicolas Godignon, devenant ainsi une proie pour toutes les autres équipes qui savent qu’il est possible de prendre des points au Hameau, à condition de mettre le doute dans l’alignement palois. Pour tenter d’inverser la dynamique, le staff palois devrait promouvoir Lucas Rey au poste de talonneur face à La Rochelle. Ce n’était plus arrivé à domicile depuis plus d’un an. C’était le 22 décembre 2018 face à… La Rochelle. À lui de lancer.

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