Bayonne fait front

  • Djibril Camara (Bayonne) contre Bordeaux
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Il n’était pas question pour Bayonne de revivre la déconvenue de Lyon. Chez le leader, l’Aviron n’a pas sombré, même s’il a été bien dominé. Sa deuxième période est-elle annonciatrice de jours meilleurs ?

Les idées étaient claires pour Bayonne avant ce déplacement aquitain. Pas question de victoire mais un désir de s’évaluer face à un adversaire d’une autre dimension, le classement l’atteste… "C’est une chance de jouer dans de très bonnes conditions, disait Yannick Bru avant le déplacement à Bordeaux, face à un adversaire de haut calibre, de très haut niveau qui produit un rugby positif. On pourra observer notre progression dans des secteurs identifiés." Malgré la défaite, le manager bayonnais aura pu mesurer l’amélioration générale de sa formation. La deuxième période la garantit, même s’il reconnaît une baisse de vigilance de l’adversaire qui avait fait le plein durant les quarante premières minutes. "Personne ne lâche le navire en ce moment. Tout le monde s’accroche. Les joueurs sont conscients aussi qu’on n’est pas préparé pour exister à ce niveau. On a sauté une classe l’année dernière… Quand vous voyez la profondeur de l’effectif, la densité physique, devant, derrière, la qualité du coaching de l’UBB, il ne faut pas avoir honte de le dire, on n’est pas armé pour challenger de genre d’équipe."

La satisfaction vient donc de cet engagement, de cette volonté de se surpasser qui a permis aux Bayonnais de n’encaisser aucun point en deuxième période. Il n’était pas question d’abdiquer comme à Lyon. Deux défaites chez les deux premiers mais différentes dans le comportement. "On n’a rien à se reprocher, ajoutait Guillaume Ducat. Il faut retenir en premier notre état d’esprit. Pour notre construction, c’est assez positif."

Problèmes d’effectif

Si paradoxalement, l’Aviron avait eu la possession en première période, c’est à ce moment-là, qu’il a failli, encaissant trois essais. Pas d’étonnement chez l’entraîneur bayonnais mais une explication rationnelle. "Ce qui sépare le leader du Top 14 d’une équipe comme la nôtre qui ne dispute pas vraiment la même compétition, c’est qu’il marque sur trois erreurs idiotes de notre part mais qui font partie du rugby de haut niveau. Trois essais où l’UBB n’a pas forcé son talent mais qui ont fait parler sa maîtrise, sa domination technique et athlétique." Et en face, l’Aviron n’a pas concrétisé ses occasions. Malgré ce problème, sa détermination en deuxième mi-temps a rassuré le staff qui a dû faire face aussi à des problèmes d’effectif. Trois cadres avaient déjà déclaré forfait jeudi avant le match : Peyo Muscarditz, gastro-entérite, Pieter van Lill et Baptiste Héguy, oreillons. Brandon Fajardo, très vraisemblablement oreillons aussi, avait déposé les armes le matin du match. Et dès les premières minutes, Mariano Galarza sortait du pré, K.-O. "Les dieux du rugby testent notre résilience en ce moment, commente Yannick Bru. Mat Luamanu a joué avec de la fièvre. Après, ça devient très compliqué. On s’est quand même accroché." Le manager a pu ainsi tester la profondeur de l’effectif, faisant même appel à des joueurs inexpérimentés dans le Top 14 comme les jeunes Yann Lestrade et Maile Mamao. Autre paradoxe, Bayonne qui n’a pas gagné en championnat depuis six matchs ne s’inquiète pas outre mesure. Les circonstances du calendrier accentuent cet effet. "On a été à Toulon, Toulouse, à Lyon, à Bordeaux, tempère Yannick Bru. On verra quand les autres y passeront, s’ils ramèneront beaucoup de points. Il y a eu une contre-performance contre Pau à domicile, et une autre contre Brive, relative, puisqu’on a partagé les points dans les conditions que vous connaissez." L’Aviron est désormais au pied du mur. Le prochain match, ciblé, puisqu’il s’agit de la réception d’Agen, sera lourd d’enjeu. Bayonne s’y prépare et rassemble ses forces en vue de cette échéance. "Sur l’état d’esprit, l’engagement, ce qui sera nécessaire pour le combat qui est le nôtre pour cette deuxième partie de saison, on était là, analyse Yannick Bru. Je vois une progression dans notre cheminement." À défaut, pour l’instant, de progression comptable.

Edmond Lataillade
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