Bordeaux : discours d’un roi d’automne

  • Avec le bonus offensif, les Bordelais de Scott Higginbotham restent concentrés sur leur objectif qui est de se qualifier. Photo Icon Sport
    Avec le bonus offensif, les Bordelais de Scott Higginbotham restent concentrés sur leur objectif qui est de se qualifier. Photo Icon Sport
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(22-3) En tête au terme de la phase aller, les Girondins savourent à leur juste valeur la distinction. Tout en se projetant sur la suite, Avec lucidité et un brin de méfiance.

"Mais je pensais que l’on allait avoir un trophée. Je suis tellement déçu du coup. Même pas une assiette, un truc. Que dalle." Samedi, sur les coups de 23 h 30, dans les coulisses de Chaban-Delmas : Christophe Urios sourit, savoure, s’amuse. Une petite heure plus tôt, son Union Bordeaux-Bègles a décroché le titre de champion d’automne, après avoir logiquement dominé Bayonne devant 28 121 spectateurs. Entre-temps, le couronnement des rois d’automne n’avait donné lieu à aucune cérémonie, au grand dam du malicieux manager. Ni coupe ni champagne, donc. Mais pour un club en quête de reconnaissance et de grandeur, la distinction mérite d’être appréciée à sa juste valeur. Quand les Toulousains et autres Clermontois n’y prêtent même plus attention, Yann Lesgourgues et ses partenaires en parlent, sans fausse modestie : "Cette première place, c’est beaucoup de fierté, reconnaît le demi de mêlée. On l’avait en tête, nous avons travaillé pour y être. Ce n’est pas une finalité mais c’est un objectif." Rémi Lamerat insiste sur le sujet : "Nous sommes vraiment très contents et fiers. Il faut l’être. On se souvient d’où l’équipe était partie en début de saison. Il ne faut pas se mentir : pas grand monde ne nous voyait là, nous les premiers. On espérait faire quelque chose de sympa, construire petit à petit mais on ne pensait pas être sur le devant de la scène aussi vite."

"les cadors vont vouloir se farcir l’ubb"

Jusqu’à présent, tout va bien. Très bien même. La greffe Urios s’est opérée en un temps record, les recrues, Lucu, Cordero et Lamerat en tête, tiennent leurs promesses, la concurrence se disperse, le groupe vit bien… "Tout nous sourit, au niveau des résultats comme de l’effectif, poursuit le centre. Quand je vois que nous arrivons dans l’hiver avec deux blessés seulement. Ça doit être du jamais vu. Il y a une super émulation du coup, chaque week-end les mecs qui sont sur le terrain ont faim." Après l’éclosion, place à la confirmation. Inévitablement, les promesses d’hier et d’aujourd’hui suscitent des espoirs pour demain. Et des attentes.

Comment ne pas être tenté de regarder plus haut ? "Pour l’heure, nous restons concentrés sur l’objectif qui est de qualifier pour la première fois ce club", reprend Rémi Lamerat. Sans plus ? "Peut-être que l’on va revoir les objectifs. Ce n’est pas de la langue de bois mais on ne s’est pas encore réuni avec le staff pour en discuter. Peut-être que ce serait un manque d’humilité ou une forme d’ambition que de viser autre chose." Tout un club se sait attendu au tournant, au printemps. "On sait que les premiers, tout le monde veut les manger", rappelle Yann Lesgourgues. Christophe Urios relativise et place chacun face à ses responsabilités. "Tout à l’heure, on m’a dit que c’était le plus dur qui commençait. Mais pourquoi est-ce le plus dur qui commence ? Ça veut dire quoi ? Il n’y a pas de piège, on contrôle tout ce qu’on fait. Si le groupe continue à travailler aussi bien, il n’y a pas de raison que ça change. C’est aussi simple que ça. Après, c’est sûr que si ça travaille moins bien, que chacun pense à son petit cul et oublie de mettre le collectif en avant, là, on sera en difficulté. Alors, faisons preuve d’humilité, cherchons à progresser tout le temps, il n’y a pas de raison que ça s’effondre."

Rémi Lamerat, en cadre d’expérience, sait sur qui compter et qui craindre : "Le piège, il est simple, c’est de se laisser endormir. Mais bon, vous pouvez être sûr que Christophe va faire en sorte que ça n’arrive pas. Les ennemis, ce sont aussi les cadors qui ont les dents longues et qui vont avoir envie de se farcir l’UBB." À commencer par le champion en titre, dans deux semaines : "À la reprise du Top 14, il y aura le déplacement au Stade toulousain qui peut nous mettre la tête à l’envers."

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