L’axe du bien

  • Les Toulonnais de Louis Carbonel, auteur d’un essai, ont largement dominé les débats face à des Castrais sans solution. Photo Julien Poupart
    Les Toulonnais de Louis Carbonel, auteur d’un essai, ont largement dominé les débats face à des Castrais sans solution. Photo Julien Poupart
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Bien aidé par son trio Serin-Carbonel-Belleau, Toulon s’impose largement face à des Castrais dépassés. Le RCT enchaîne un dixième match sans revers, conforte sa 3e place et peut rebasculer sereinement sur un déplacement décisif chez les Scarlets, samedi prochain.

Si elle a longtemps été agitée, la vie est redevenue un long fleuve tranquille sur la rade ces dernières semaines. Une mêlée qui malaxe les autres packs du Top 14, une attaque qui se montre de plus en plus inspirée et c’est tout une ville qui recommence à vibrer aux exploits de ses protégés. D’autant qu’au-delà du plaisir retrouvé, Toulon s’est - avec désormais une série de 10 matchs sans revers - doucement mais sûrement rapproché d’un podium sur lequel il est assis depuis quatre journées. "Cette série nous met en confiance et on va essayer d’enchaîner sur cette dynamique, décrivait en ce sens le puissant gaucher Bruce Devaux en milieu de semaine. Je n’avais jamais connu cela de ma vie donc c’est une joie pour moi. L’ambiance est beaucoup mieux : on travaille dans la joie et la bonne humeur." Et si Mauricio Reggiardo avait prévenu ses joueurs, expliquant que son groupe savait "où il mettait les pieds", les Castrais n’ont rien pu faire face à la fougue toulonnaise. Alors même qu’ils baissaient le pied après un essai de pénalité rapidement inscrit (2e), les Toulonnais faisaient en sorte de garder une marge au tableau d’affichage, pour finalement complètement lâcher les chevaux à compter de la demi-heure de jeu.

Le scalp des trois derniers champions de France

En inscrivant trois nouveaux essais (de pénalité, Louis Carbonel et Romain Taofifenua) entre la 32e et la 36e minute, le RCT tuait tout suspens. La suite de la rencontre ne sera que formalité. Ainsi, dans le sillage d’un Swan Rebbadj — comme souvent depuis deux mois — dans tous les bons coups, Toulon s’est facilement défait de Castrais particulièrement indisciplinés (quatre cartons jaunes). Or, même si Castres n’a jamais semblé en mesure de rivaliser avec un RCT, Toulon enchaîne tout simplement sa dixième rencontre sans revers (huit victoires, quatre bonifiées et deux matchs nuls). Pour trouver trace d’un résultat négatif ? Il faut remonter au 13 octobre, et un déplacement contre le Stade français (33-30). À l’époque, la mêlée commençait à peine à trouver des repères, l’infirmerie était pleine à craquer mais surtout Sergio Parisse et les autres mondialistes n’étaient pas encore revenus du Japon. Vous dîtes que de l’eau a coulé sous les ponts en trois mois ? Et comment : Toulon vient tout simplement de tenir tête consécutivement au champion de France 2017 (Clermont), 2018 (Castres) et 2019 (Toulouse), pour définitivement enfoncer la porte qui le séparait du gratin français depuis plusieurs mois.

Serin, Carbonel et Belleau trouvent leurs repères

Mais s’il est une certitude, ces dernières semaines sur la rade, c’est évidemment le bon fonctionnement de la triplette Serin-Carbonel-Belleau, qui sublime sortie après sortie le jeu varois. Et alors même que le deuxième - dans une forme internationale à quelques semaines du Tournoi des 6 nations - devait initialement démarrer sur le banc, un forfait de dernière minute de Julian Savea a permis au trio d’enchaîner une septième titularisation consécutive. Et si leur talent et leur complémentarité sautaient jusqu’alors aux yeux, les automatismes que sont en train de prendre les trois joueurs font des dégâts à leurs adversaires. Avec la précision du pied et la vista de Serin, la vitesse et le sens du jeu de Carbonel, ainsi que la régularité face aux perches et la capacité à lire les défenses adverses de Belleau, c’est un RCT irrésistible qui démarre cette année 2020, après avoir terminé 2019 sur les chapeaux de roues. Par ailleurs, vous avait-on précisé qu’Eben Etzebeth, Ramiro Moyano ou encore Charles Ollivon manquaient à l’appel ce dimanche à Mayol ? Preuve, s’il en fallait, que le RCT a de beaux jours devant lui. Désormais, les Varois tenteront de poursuivre leur excellente série par un déplacement on ne peut plus décisif du côté de Llanelli. L’enjeu : la première place de leur groupe de Challenge Cup, qui pourrait leur offrir un quart mais également une demi-finale à Mayol, avant une hypothétique finale au stade Vélodrome de Marseille. Un challenge à la hauteur de ce RCT nouveau ? Réponse dans moins d’une semaine, face à des Scarlets "prévenus".

Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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