Le coaching gagnant de Mignoni

  • Les entrées de Xavier Chiocci et des autres remplaçants lyonnais furent décisives en deuxième mi-temps. Photos DDM
    Les entrées de Xavier Chiocci et des autres remplaçants lyonnais furent décisives en deuxième mi-temps. Photos DDM
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Auteurs de l’une des pires première mi-temps de leur saison, les Lyonnais ont finipar s’imposer grâce à un coaching efficace et à la pugnacité de ses cadres, comme Charlie Ngatai et Patrick Sobela.

Pierre Mignoni n’aime pas spécialement passer pour "le mec qui gueule". C’est qu’il nous répondit quand on lui demanda s’il fit trembler les murs du vestiaire lyonnais à la mi-temps, pour transformer quinze mecs amorphes qui venaient d’encaisser un cinglant 12-0 en une équipe conquérante qui a répondu par un 13-0 dans le second acte : "ça ne me plait pas de gueuler. Ce n’est pas ce qui m’intéresse. Moi, je veux voir mes joueurs prendre des initiatives. Bien sûr que mon rôle est de donner des consignes et de remettre des choses à leur place. Mais j’ai un groupe assez jeune qui a besoin de se construire sur des matchs comme ça, afin de devenir plus autonome. Moi, je ne joue pas. Oui, je gueule à la mi-temps, mais j’espère que ce n’est pas la seule raison qui explique ce retour en deuxième mi-temps. J’ai aussi des joueurs comme Charlie Ngatai ou Patrick Sobela qui montre l’exemple et qui doivent guider cette jeune génération." On reviendra un peu plus tard sur le dernier cité. Pour l’heure, intéressons au coaching du technicien. Car réduire celui-ci à une simple gueulante des familles à la mi-temps serait terriblement réducteur.

Quatre décisions qui changent tout

Certes, Mignoni ne joue pas. Mais depuis son poste d’observation, le général lyonnais a pris les bonnes décisions pour sauver la campagne agenaise de son équipe qui virait à la bérézina en première période. Face à un pack agenais remonté comme jamais et emmené par un superbe Romain Briatte, les Lyonnais ont subi : "dans l’engagement, par moments", comme il le concédait après le match, mais surtout sur le plan tactique : "On ne s’attendait pas à un match facile, car à l’exception du déplacement à La Rochelle, cette équipe d’Agen a posé des problèmes à tout le monde et il faut la féliciter. Après, on ne s’est pas rendu le match facile non plus car nous avons tout fait pour ne pas entrer dans ce match. Je l’explique parce que nous nous sommes trompés sur le plan stratégique." Comment ? Dylan Cretin explique: "On a voulu envoyer du jeu alors qu’il venait de pleuvoir et que le ballon était glissant. Il fallait simplement occuper, mais nous ne l’avons pas fait." La faute à une charnière Pélissié-Fernandez totalement à côté de ses pompes, que Mignoni a très judicieusement coaché: "J’ai joué à la place de Jonathan, cela m’est déjà arrivé. On en a parlé. C’est un grand joueur et je ne veux pas qu’on le blâme." Le calvaire de Pélissié terminé, Hidalgo-Clyne a remis un peu d’ordre dans le jeu lyonnais. Ce fut le premier geste fort de Mignoni. Le deuxième fut le recadrage à la mi-temps. Le troisième fut un retour précoce sur le terrain pour que les Lyonnais effectuent une rapide remise en route physique afin d’être plus performants dès la reprise. Et enfin, il y eut l’entrée du banc : l’entrée de l’ouvreur Jonathan Wisniewski acheva de remettre le jeu rhodanien sur pied, tandis que celles de Xaver Chiocci et de Francisco Gomez Kodela permit à la mêlée lyonnaise de reprendre l’ascendant.

Sobela, encore et toujours

Là encore, réduire cette victoire lyonnaise à l’impact des remplaçants serait réducteur. Car certains titulaires ont fait le nécesssaire pour aller la chercher. Pierre Mignoni évoquait le rôle de Charlie Ngatai qui, à côté d’un Patricio Fernandez hésitant, pris les rênes de l’attaque lyonnaise jusqu’à l’entrée de Wisniewski. Mais il faut aussi signaler le rôle essentiel du flanker Patrick Sobela, à l’engagement et à l’efficacité exemplaires. Sobela fut de ceux qui "ont eu du caractère et n’ont jamais baissé les bras malgré les essais refusés", expliquait Mignoni, et qui ont fait preuve "d’une vraie volonté de revenir dans ce match. Patrick, c’est un leader naturel, un leader de combat. Quand j’ai recruté ce mec, peu de gens le connaissaient et c’était tant mieux car il gagne à être connu. Il ne lâche jamais rien et c’est pour moi une grande fierté de l’avoir récupéré." Et ce ne sont pas les supporters lyonnais qui diront le contraire...

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