Ni jambes ni tête à la Section

  • Match du Top 14 opposant la Section Paloise à La Rochelle
    Match du Top 14 opposant la Section Paloise à La Rochelle / David Le Deodic
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Quatrième défaite à domicile pour les joueurs de la Section paloise qui sont apparus désemparés en seconde période.

C’est tout d’abord un sentiment d’impuissance qui a gagné le Hameau avant de voir une équipe de la Section basculer dans la soumission totale après une courte rébellion en fin de première période et en début de seconde. À force de taper sans imagination ni vitesse sur le rideau défensif adverse, à force de courir derrière le score en surjouant, les Béarnais y ont laissé leurs forces et leur lucidité. Et certainement bien plus encore, à commencer par leurs espoirs d’une saison à batailler aux portes des places qualificatives. Il n’y avait plus de collectif, seulement des hommes hagards, jambes coupées et bras baissés. Ils ont quitté la pelouse avec la tête basse, à commencer par celle du comanager Frédéric Manca : "On a coulé, on a été battus partout par une belle équipe de La Rochelle, mais il n’y a pas quarante points d’écart, surtout pas à la maison, surtout pas au Hameau donc, tous ensemble, on est honteux, et déçus pour les supporters et les partenaires." Mais comment la Section paloise, pourtant revenue à sept points en début de seconde période a pu se laisser aller à une telle démission. "Je pense que l’équipe s’est mise dans une situation d’impuissance. Elle a été prise à la gorge par cette équipe de La Rochelle. Elle nous a mis sous pression dans tous les domaines. Elle a été bien meilleure que nous ce soir, et elle a pris un ascendant psychologique au fil du match." Jusqu’à ce moment où la foi et l’envie ont déserté les rangs béarnais. "On a baissé les bras. On n’a pas su se relever et nous n’avons pas vu la même énergie… Nous n’avons pas reconnu la Section que l’on connaît. ça c’est dur." Alors que les Palois pensaient monter en puissance lors de ce bloc en prenant leur destin en main et en rêvant d’une qualification, ils ont été incapables de gagner le moindre match depuis le 9 novembre, enchaînant quatre revers de rang. L’envie de se battre dans cette période de vents contraires a fini par s’effriter. Une usure psychologique inquiétante pour Fred Manca : "Quand on ne prend que deux points en trois matchs, c’est compliqué. Mais sur les deux premiers, on se bat comme des lions. On arrive à ramener quelque chose à chaque fois malgré les circonstances mais ce soir on lâche complètement. Quand je dis on, je me mets dedans car nous aussi, nous avons dû manquer quelque chose pour rendre cette copie. On ne peut pas avoir le comportement vu au Stade français, revenir face au leader bordeaux et s’effondrer ce soir. On peut parler d’urgence et si vous voulez dire crise, alors dites-le."

Soigner les têtes

Les Palois ont maintenant quinze jours de "trêve" européenne pour trouver des ressources psychologiques et tenter de créer une nouvelle dynamique avant un déplacement très attendu à Brive, un promu qui compte deux points de plus que la Section paloise à la fin de la phase aller. Le demi de mêlée Samuel Marques était bien conscient que le manque de réaction de son équipe était bien plus inquiétant que le score en lui-même : "Quand nous perdons autant de matchs d’affilée, on peut être inquiet. On va se parler bille à bille, et se dire des choses que certaines personnes ne voudront pas entendre, mais on ne peut pas rester comme ça et prendre cinquante points à domicile car c’est une honte […] Le groupe vit bien ensemble mais peut-être pas assez. On va se resserrer, on ne peut pas livrer une prestation comme ça sans aucune réaction. Je ne vise personne en particulier mais le comportement du groupe en lui-même, qui n’a eu aucune réaction. Ce n’est pas possible à la maison." L’ancien briviste prévenait ses partenaires que le prochain déplacement en Corrèze était certainement le meilleur endroit pour jauger de l‘état d’esprit du groupe béarnais : "Nous avions la possibilité de se bagarrer en milieu tableau mais là on va commencer à être dans le dur. C’est là que nous allons voir si nous sommes une vraie bande de copains. Je pense que nous le sommes, donc à nous de vite relever la tête et évacuer cette lourde défaite à domicile qui nous fait mal. Je crois dans ce groupe donc il ne faut pas que l’on abandonne." Ce serait dramatique puisque la Section paloise va maintenant lutter pour le maintien. Fred Manca ne pouvait pas le nier : "Ce n’est pas un mot tabou. Au contraire c’est une lutte qu’il va falloir mener. On en parle sans problème, même si avant ce soir, il existait encore une possibilité de rester dans le milieu de tableau. On a manqué notre match donc maintenant il faut l’employer […] À Brive, ce sera un match capital. Il va falloir soigner les têtes, se dire pourquoi les choses n’ont pas marché et trouver des solutions." En espérant que l’usure psychologique ne soit pas irréversible.

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