Roulez jeunesse !

  • Matthieu Jalibert (France)
    Matthieu Jalibert (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

Alors qu’il annoncera mercredi sa première liste des 42 sélectionnés appelés à préparer le Tournoi et le Crunch, Fabien Galthié donnera le coup d’envoi d’un double chantier, qui consistera à séduire sur le court terme tout en conservant à l’esprit un seul leitmotiv, autour duquel tout le rugby hexagonal semble enfin entrer en synergie : remporter la Coupe du monde 2023 en France… Une mission pour laquelle le nouveau sélectionneur devrait procéder à une mue douloureuse en écartant les derniers trentenaires pour mieux laisser éclore les talents de demain.

Ils seront 42, et ce n’est évidemment pas anodin. Pour éviter la plaie du "désentraînement " qu’il a régulièrement constaté de l’autre côté de la barrière (lorsqu’il voyait les joueurs du XV de France revenir dans son club moins en forme qu’ils ne l’étaient avant de partir), Fabien Galthié en avait même fait la condition sine qua non pour accepter le poste de sélectionneur. Raphaël Ibanez et lui-même avaient d’ailleurs pris quelques risques dans leur communication en affirmant leur certitude d’arriver à cette issue, alors que rien n’était encore acté entre la Fédération et les clubs… Reste que, en vertu d’un contexte actuel globalement favorable aux intérêts du XV de France (les clubs ayant enfin pris conscience, au vu des difficultés actuellement rencontrées par le Top 14, de la nécessité de présenter une équipe nationale forte) et de l’état de grâce qui précède chaque prise de fonction, Galthié et son staff ont fini par avoir gain de cause. Cela par le biais d’un geste des joueurs et de leur syndicat, qui a finalement accepté la proposition de rogner sur les jours de congés des internationaux… Le genre d’arrangement propre au rugby qui peut évidemment prêter à sourire mais qui, dans le contexte actuel, peut après tout se défendre. En effet, après avoir déploré pendant des années chez les joueurs un manque d’entrain au moment de rejoindre le XV de France, voir ces derniers concéder un effort (fut-il symbolique...) semble faire sens.

Clap de fin pour Slimani, Médard, Huget et Lopez ?

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, alors ? En tout cas, en matière d’environnement, celui-ci n’a jamais semblé aussi propice aux intérêts du XV de France depuis des années, quand bien même il ne serait pas parfait. Reste désormais le plus difficile, à savoir concrétiser rapidement les efforts consentis par tout le rugby français en résultats… Un impératif qui sera évidemment l’apanage des joueurs, mais en premier lieu de leur staff, qui devra en quelques jours trouver les hommes pour vaincre au Stade de France les vice-champions du monde.

L’énorme chantier du pack

Le hasard est parfois bien ironique, pas vrai, sachant que les Bleus prépareront cette rencontre sur la Promenade des Anglais ? Blague à part, l’heure ne sera évidemment pas au farniente à Nice, mais au travail. Cela en particulier au niveau du pack, où le chantier proposé à William Servat et Karim Ghezal s’avère juste immense, puisque ces derniers devront trouver les solutions pour remplacer des cadres comme Guirado, Slimani ou Vahaamahina. "Pendant la Coupe du monde, nous avions une des plus mauvaises conquêtes, admettait Fabien Galthié dans ces colonnes lundi dernier. La première des choses, pour ceux qui porteront bientôt ce maillot, c’est d’avoir une conquête qui fait peur. La base du rugby est là : la touche, la mêlée, la défense… L’agressivité, en fait. Et c’est un sujet identitaire. " Une identité qui sera, qu’on le veuille ou non, tributaire des hommes qui l’incarneront. D’où l’importance de cette première liste où des nouveaux noms comme Etrillard, Gros, Haouas ou Palu pourraient surgir au sein du pack, tandis que des vieilles connaissances comme Taofifenua ou Willemse feront leur retour, tout comme la troisième ligne Cros-Alldritt-Ollivon qui avait fait naître tant de promesses au mois d’août. Autant de joueursqui auront la lourde tâche de faire rapidement mieux que les trentenaires de la "génération maudite " qu’incarnent bien malgré eux les Slimani, Huget, Lopez, Guitoune ou même Médard, priés de laisser la place... Car si l’heure est à la reconstruction, le chantier n’en devra pas moins avancer très vite. Alors, roulez jeunesse !

Voir les commentaires
Réagir