Thomas Darmon : le caméléon

  • Thomas Darmon est un peu le couteau suisse de la ligne de trois-quarts montpelliéraine. Un outil précieux pour Xavier Garbajosa. Photo Icon Sport
    Thomas Darmon est un peu le couteau suisse de la ligne de trois-quarts montpelliéraine. Un outil précieux pour Xavier Garbajosa. Photo Icon Sport
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Numéro dix de Montpellier Entré au centre après un quart d’heure de jeu à la place de Nadolo, blessé à la cuisse, il s’est révélé. Par son envie, il a guidé son équipe vers un succès tout sauf convaincant, mais tellement important.

Appelez-le Jarod ! Ce clin d’œil fait au personnage principal de la série télévisé "le Caméléon ", illustre à merveille la qualité première de Thomas Darmon. Quel que soit le poste où vous l’alignez, il s’y adapte sans sourciller. Face à Toulouse en Champions Cup au GGL Stadium, pour sa seule titularisation cette saison, il se distingue à l’arrière. Avant d’échanger de numéro à la pause avec Goosen, pour se faire remarquer à l’ouverture. Après une semaine passée à s’entraîner en numéro quinze… Chapeau ! Samedi, c’est en premier centre qu’il saisit l’opportunité de briller, après la blessure de Nadolo (Vincent glisse à l’aile et Steyn en treize). Précieux pour le MHR et Xavier Garbajosa, qui n’avait pris que deux trois-quarts sur le banc : "Thomas a fait soixante-dix minutes de bonne facture et a amené beaucoup à l’équipe. Surtout sur l’état d’esprit où il a été irréprochable. Et ça c’est important." Malgré un faible temps de jeu (164 minutes), l’intéressé ne déçoit jamais.

Dix, douze ou quinze, à vous de choisir !

Auteur de son premier essai cette saison, après ses deux refusés face à Toulouse (le 19 octobre alors qu’il n’avait joué que sept minutes), Darmon s’impose comme un "utility player" brillant en sortie de banc : "J’ai cette polyvalence et je suis capable de jouer les trois postes. Je comprends donc l’entraîneur qui veut me tester un peu partout. Si ça peut aider l’équipe, il n’y a pas de problème pour moi !"

Un coach, qui ne lui a pas donné sa chance durant deux mois, préférant replacer Bouthier et Goosen à l’ouverture, en l’absence de Cruden puis Pollard. Vexant pour le numéro dix de formation ? "Non, car sur le match face à Toulouse par exemple, ça dépannait le collectif que je joue à l’arrière. Et là ce soir (samedi, N.D.L.R.), c’est centre. Je le répète, je n’ai pas l’habitude d’évoluer dans ces positions, mais ça ne me dérange pas. Et en plus ça c’est plutôt bien passé. Après, bien sûr, mon poste de prédilection reste le dix. Mais j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises avec Xavier et il n’y a pas de souci."

Un dialogue avec son manager qui n’a jamais été rompu selon l’intéressé : "On a eu plusieurs discussions depuis le début de saison et cela me permet de ne pas lâcher, de rester motivé. Je savais qu’il allait y avoir des opportunités, c’était pareil l’an dernier (huit matchs l’an, dont cinq titularisations en dix convaincantes). C’est à moi d’être présent et à la hauteur dès que je rentre."

Un attaquant de ligne racé

Pari réussi. La preuve en chiffres contre Brive : neuf courses, 62 mètres parcourus ballon en main (quatrième meilleure performance), deux franchissements et surtout neuf défenseurs battus. L’atout principal de Darmon reste sa capacité à casser les plaquages et à se défaire des pressions défensives grâce à sa fougue et ses crochets courts.

Rapide et puissant malgré un gabarit modeste (1,81 m et 88 kg), le Montpelliérain, présent au club depuis ses cinq ans, s’épanouit dans l’attaque de ligne. Bon buteur, solide défenseur et joueur propre techniquement, il doit encore progresser dans sa gestion et son jeu au pied courant : "J’ai essayé aux entraînements de prouver constamment que je méritais d’avoir du temps de jeu. Après, j’ai travaillé toute la panoplie du numéro dix, en insistant beaucoup sur les tirs au but et les gestes techniques."

L’Héraultais a prouvé samedi son utilité. La doublure d’Handré Pollard, c’est lui. Et à l’avenir, le premier nom a être couché sur le banc des remplaçants en Top 14 pourrait être le sien ! Avant cela, il devrait enchaîner à Gloucester samedi, là où le MHR n’aura plus rien à jouer. Lui, aura tout à y gagner. Et prouver ainsi, qu’il peut se montrer régulier et être plus qu’un joker de luxe, malgré une énorme concurrence. Thomas Darmon, un talent "invisible" au milieu des stars ; dont la maturité et la précocité (présent avec les pros depuis trois ans), font souvent oublier, qu’il n’a que 21 ans.

Julien LOUIS
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