• Fabien Galthié lors de la présentation de la liste des 42 joueurs retenus pour le 1er match du Tournoi des 6 Nations contre l'Angleterre
    Fabien Galthié lors de la présentation de la liste des 42 joueurs retenus pour le 1er match du Tournoi des 6 Nations contre l'Angleterre Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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XV de France

Galthié : « J'ai eu la chance d'annoncer sa sélection à Macalou »

Le nouveau sélectionneur Fabien Galthié, flanqué de son manager Raphaël Ibanez, a dévoilé ce midi à Marcoussis sa première liste de joueurs. Un liste de 42 éléments avec de nombreuses surprises. Il revient ici sur la façon dont il a construit son groupe, sur sa méthodologie de travail et a dressé l'éventail de ses attentes à l'égard des joueurs.

Comment avez-vous choisi Charles Ollivon pour être le capitaine du XV de France ?

Pendant deux mois on s'est intéressé aux différents leaders car on avait besoin d'avoir des hommes forts et convaincus de notre projet. On l'a choisi pour son parcours, un joueur brillant du Pays Basque, de Toulon et de l'équipe de France, touché par des graves blessures, on est tous passé par ces moments-là. Il a réussi, avec l'aide de la médecine, à revenir très fort. Son retour au premier plan, notamment à la Coupe du monde où il était réserviste, puis ses titularisations, puis son statut de leader dans le secteur de la touche ... Tout ça a démontré qu'il avait le potentiel d'assumer cette charge.

Avez-vous songé à nommer Jefferson Poirot, jusque-là vice-capitaine du XV de France ?

Bien sûr puisque nous l'avons rencontré à plusieurs reprises. Nous allons tenir compte de sa présence dans le leadership et dans l'accompagnement de notre capitaine. Le poste de vice-capitaine n'existe pas pour nous. Nous aurons des leaders. Nous avons identifié dix joueurs qui peuvent accompagner Charles sur l'ensemble des tâches. Dix joueurs présents dans différentes lignes, présents à différents postes.

Comment avez-vous mené votre réflexion pour établir cette liste de 42 joueurs ?

Seize joueurs de cette liste ont effectué la préparation à la Coupe du monde. Et puis, il y a un renouvellement naturel. Notre sélection est le fruit de notre travail depuis deux mois. On a rencontré tous les joueurs, on ne s'est pas limité. On ne s'est rien interdit à travers les échanges avec des coachs aussi. On ne s'est pas interdit de sélectionner des joueurs plus vieux comme Bernard Le Roux qui a 30 ans. On a une vision à court terme avec le Tournoi et la tournée en Argentine cet été, puis sans oublier 2023 avec la Coupe du monde. Il a fallu trouver un équilibre. Cette liste, on la fait bouger toutes les semaines. Ce matin (mercredi), elle a été finalisée et assez facile à trouver.

Dix-neuf joueurs de votre liste ne compte aucune sélection. N'est ce pas un risque ?

On n'a pas fait du jeunisme. On s'est concentré sur les forces en présence, sans faire un focus sur l'Angleterre (premier adversaire du XV de France, le 2 février). Il nous semble que nos choix sont le plus équilibrés possible. La moyenne d'âge est de 24 ans, on ne dépasse pas en moyenne les 10 sélections par poste. On se rend compte qu'on est pas très haut (en expérience), mais c'est aussi l'évolution de ce groupe et cette équipe de France. C'est une équipe jeune et inexpérimentée.»

Un seul joueur de plus de trente ans (Bernard Leroux) figure dans cette liste. Y-avait-il un âge « pivot » pour être retenu pour cette aventure ?

Il n'y a pas d'âge pivot. On a eu Maxime (Médard, 33 ans) ce matin au téléphone et on a choisi trois autres arrières. On a choisi des joueurs plus jeunes, mais il n'a pas été non-sélectionné à cause de son âge. C'est un ensemble de critères. Vous savez, au niveau international, après 30 ans, ce n'est pas simple. Il n'y a pas d'âge éliminatoire. Et personne ne s'est éliminé durant les entretiens. Il y a des joueurs qui ont annoncé leur retraite. Mais, vraiment, personne ne nous a dit qu'il ne souhaitait pas venir, à part Sébastien Vahaamahina. Les plus expérimentés qui sont encore à notre disposition, on les a appelés et ils comprennent notre sélection.

Où se situent des joueurs comme Iturria ou encore Camara dans votre esprit ?

Ils sont dans notre liste « groupe France », notre liste des 75. Mais il ne sont pas dans les 42. Peut-être 43e, 44e, ils ne sont pas loin. Ils sont membres de l'équipe de France. On les a eu ce matin au téléphone, on a partagé avec eux cette décision qui peut être difficile à vivre pour eux. Ça fait partie du jeu. On veut de l'émulation. Le groupe des 42 est légitime On a d'ailleurs une idée des 28 (le groupe sera réduit à 28 le jeudi avant le premier match contre l'Angleterre) et même une idée du XV de départ.

Certains joueurs ont-ils été écartés en raison de leur comportement durant le Mondial ?

Non, ça n'a pas été un critère de choix. Après le Mondial, lorsque nous avons basculé sur les listes à établir, ce n'est pas un sujet qui est venu interférer dans nos choix.

Sekou Macalou avait été écarté du XV de France en raison de son comportement lors de son unique sélection. Vous avez décidé de le rappeler. Vous a-t-il donné des garanties ?

Sekou Macalou, nous l'avons rencontré avec Karim (Ghezal) et Nicolas Buffat (analyste vidéo). Nous avons conservé une relation sur la durée. Nous avons évoqué nos exigences, qui sont des exigences du rugby international. Nous n'avons pas senti la moindre défiance de sa part ou quelques chose qui pouvait le mettre à la marge. C'est pourquoi ce matin, j'ai eu la chance de lui annoncer sa sélection. Et pour l'instant, nous avons partagé ce bonheur ensemble, avec ses proches aussi, avec les gens qui l'ont accompagné dans ses moments difficiles. Des moments où l'on peut se retrouver piégé parce qu'on manque d'expérience. Ce niveau international, si on ne s'y prépare pas, on peut être surpris.

Vous avez évoqué une liste de cinq questions auxquelles les 42 joueurs doivent vous répondre par retour de mail sous cinq jours. Pourquoi cette démarche ?

On veut qu'il se projette et anticipe les semaines à avenir. On leur a fait parvenir un questionnaire avec 5 questions puissantes, pour qu'il pense déjà aux entraînements, aux plans de jeu, aux rendez-vous à venir. On veut qu'ils soient le moins surpris possibles. Pour leur dire que ce n'est pas une sélection qui tombe du ciel, qu'ils ont prouvé leur dimension pour être appelé. On veut leur donner envie de partager cette mission, à savoir redevenir une grande équipe du rugby mondial. On veut travailler sur la contagion positive. C'est notre tâche, c'est parfois négligé et c'est essentiel. On veut que les joueurs deviennent les maîtres de leur jeu. Et les maîtres de leur vie.

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