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Les nouvelles règles de plaquage font débat...

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Loïc BRICOUT Arbitre de Fédérale 2, (Ligue Bourgogne-Franche-Comté) : « Les chocs tête contre tête ont considérablement réduit »

C’était nécessaire. Je voyais de plus en plus de plaquages hauts. Les équipes régionales ont eu plus de mal à s’adapter que les fédérales, qui se sont bien adaptées comme mon club NuitsSaint-Georges. On voit l’importance des arbitres qui agissent directement au sein des clubs. Cela fait descendre les bonnes informations. Tous les axes nécessaires à l’intégration de ces règles sont bien repris aux entraînements. Et sur le terrain, évidemment il y a une différence entre les niveaux en ce qui concerne la vitesse de jeu. Mais on doit imposer la règle et être rigoureux. Les chocs tête contre tête ont considérablement réduit.

Bernard AGULLO, Manager de L’Isle-sur-Sorgues (Fédérale 3) : « Le rugby doit passer par là inévitablement »

D’abord, il faut resituer l’ambition de cette réforme. Il fallait attirer de nouveau vers notre sport qui perd ses jeunes fidèles. Il fallait réformer pour enlever des craintes et rassurer les gens. Et je vois tout cela d’un très bon œil. Cela nous permet d’apprendre ou réapprendre à plaquer comme cela se faisait, en serrant bien aux hanches pour glisser vers les cuisses. Cela limitera les accidents. On doit arrêter avec ces plaquages hauts. Aujourd’hui, on distingue mieux les fautes intentionnelles des mauvais réflexes, que l’on remarquait notamment au début de saison. Avec la venue d’arbitres au club dès juillet, nous avons insisté sur ces changements avec le staff en faisant la police à l’entraînement. Nous avons voulu anticiper les choses et il faut continuer dans ce sens-là. Cela va beaucoup limiter les accidents et le rugby doit passer par là inévitablement. De plus cela privilégie le rythme, et donc les paquets d’avants allégés. Les joueurs capables de se déplacer sont favorisés et le spectacle n’en est que meilleur ! On essaie de se pencher sur cette philosophielà, très ambitieuse avec beaucoup de rythme.

Marcel PEREZ, Entraîneur et éducateur à Saint-Andiol (Troisième Série Provence) : « C’est un vrai plaisir de jouer »

Ce réapprentissage du plaquage a été fait de façon intelligente. Du côté des enfants, cela a été très bien amené, progressivement, avec du toucher éducatif jusqu’en janvier puis, petit à petit, du plaquage accompagné avant le vrai plaquage avec rucks. Cela nous permettra de développer des rugbymen qui, à 20 ans, sauront plaquer dans la bonne zone et qui par ailleurs auront un vrai sens du jeu debout. Chez les seniors nous sommes d’ailleurs à fond dans la règle car je prône du rugby très offensif. Et les règles qui ont changé favorisent ce jeu en mouvement. Sans être un cador de la poule, nous sommes la deuxième meilleure attaque. C’est un vrai plaisir à jouer, nous marquons des essais à tout le monde. Le seul hic concerne la cohérence arbitrale d’un match à l’autre qui n’est pas toujours égale.

Alix THIEBAUT-GEORGES, Entraîneur et responsable du pôle jeunes de Concarneau (Promotion Honneur Bretagne) : « Cela favorise le jeu debout et la continuité »

Ces nouvelles règles de plaquages sont vraiment positives pour le jeu et sa continuité. Le fait d’avoir descendu la ligne de plaquage à la ceinture permet de libérer les bras du porteur qui est plus libre et peut faire jouer derrière lui. Cela favorise vraiment le jeu debout et la continuité du jeu. La technique de plaquage redevient au cœur des apprentissages et est primordiale pour éviter les sanctions voire les blessures. Car désormais les porteurs de balle sont moins exposés aux blessures qu’avant, mais les défenseurs le sont plus en cas de mauvaise technique ou d’attitude. Mais dans l’ensemble, cela reste vraiment positif, il faut le temps que tout cela se mette en place… notamment en ce qui concerne l’uniformisation entre les arbitres d’un week-end à l’autre et d’une Ligue à une autre.

Lionel LAURENT, Arbitre de Fédérale 2 (Ligue Sud-Paca) : « La règle reste simple »

C’est un très bon changement ! Lors des matchs auxquels j’officie je vois une grosse différence dans le jeu. Le rugby avait besoin que les règles changent pour éviter les zones de combat où apparaissent les blessures. Les gens réticents, qui craignaient la perte du rugby, sont aujourd’hui favorables car c’est le jeu que cela favorise. On évite les mauls, et le temps effectif de jeu est plus conséquent. Sur la sécurité des acteurs en revanche, je ne vois pas, pour l’instant, la différence. Il n’y a pas plus ou moins de blessés. En ce qui concerne les différences d’appréciation d’un arbitre à l’autre, l’important pour nous est d’avoir le même message, pour appliquer la règle à 100 %. La règle reste simple : le plaquage doit s’effectuer à la taille, en encerclant grâce aux deux bras. Les variations concernent plus de la gestion de match (éviter de sortir le carton trop facilement au début de match, par exemple) que de l’appréciation.

André AIT-SAIDI, Entraîneur des juniors de Fresnes et des féminines à 10 d’Athis-Mons (Ile-de-France) : « Un apport positif chez les jeunes et les féminines »

La règle a eu un apport positif chez les jeunes et les féminines. Les cadets et juniors sont encore en apprentissage donc cela n’a pas été trop difficile de changer les mentalités, au contraire des plus âgés à qui l’on apprenait à bloquer les bras du porteur. Chez les féminines, la pratique est assez récente donc nous sommes toujours sur de l’apprentissage et non sur un changement de mentalités. Il y a moins la recherche du défi qu’il peut y avoir chez les hommes. Ces dernières sont plutôt rassurées même et favorables.

Aurele SARAFIAN, Troisième ligne de Sarcelles (Fédérale 3) : « Le jeu est devenu différent »

C’était très dur au début, il a fallu un certain temps d’adaptation par rapport aux appréciations des arbitres mais désormais tout le monde s’est mis au diapason. Le jeu est devenu différent. Le porteur de balle est avantagé tout comme les équipes joueuses, car il y a toujours une faute de faite. Du coup, les équipes attaquantes ne se séparent que très rarement du ballon. Il y a moins de coups de pied, et ça arrive de plus en plus que les équipes tentent de relancer de leurs 22 mètres car elles savent qu’à tout moment elles peuvent obtenir une pénalité pour se dégager. C’est une manière différente de jouer. Au niveau de la sécurité, il n’y a aucune différence avec les saisons passées. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des commotions entre un joueur venant aider son partenaire pour faire tomber le porteur de balle. Comme les deux joueurs doivent attaquer la même zone, on voit souvent des têtes contre tête entre coéquipiers. J’ai moi-même subi deux K.-O. cette saison de la sorte.

Thomas DUBAIL, Entraîneur de Besançon (Honneur Bourgogne-Franche-Comté) : « Le jeu est plus sécuritaire »

En tant qu’entraîneur je ne suis pas là pour juger des règles mais pour les appliquer. Nous avons travaillé durant l’été avec notre arbitre de club, et les matchs amicaux furent précieux. C’est la règle du plaquage à deux qui fut la plus difficile à faire intégrer aux joueurs. L’abaissement de la ligne de plaquage n’a pas été trop difficile car les plaquages aux jambes ont toujours existé. Avec le recul, je trouve qu’elles favorisent les équipes qui attaquent, qui déplacent le ballon et qui le tiennent car il est plus facile d’être sanctionné en défense qu’en attaque. Le jeu est plus rapide, et je le trouve plus sécuritaire car les joueurs ne prennent plus de coups au sternum. Nous n’avons pas retravaillé la technique de plaquage, mais plutôt la communication en défense car chaque joueur doit savoir quel adversaire il doit prendre.

Contre

Vincent BLOND, Entraîneur de Montmorency (Honneur Ile-de-France) : « C’est la fin de l’avantage »

Ces règles devaient favoriser la continuité. Malheureusement c’est l’effet inverse qui se passe. Sur les plaquages hauts ou à deux, les arbitres sifflent directement et ne laissent plus du tout l’avantage sur ces fautes d’antijeu. C’est la fin de l’avantage. Et quand il y a 25 fautes sur 40 minutes, ça réduit le temps de jeu effectif. Pour les spectateurs, c’est souvent ennuyant, les matchs deviennent de plus en plus longs…

Jean-Marc LANNE-PETIT, Entraîneur de Gujan-Mestras (Fédérale 2) : « Les règles ont eu l’effet inverse de celui escompté »

J’étais plutôt satisfait et content de l’instauration de ces nouvelles règles de plaquages censées promouvoir les équipes joueuses avec un rugby fluide et beaucoup de mouvement. Malheureusement après quelques semaines, les règles ont eu l’effet inverse de celui escompté. En effet, on voit toujours un nombre incroyable de pénalités sifflées par les arbitres. Nous avons donc une multiplication d’arrêts de jeu, de touches et de mêlées… et un match très haché. Cela desserre plus le jeu qu’autre chose.

Michel GONNET, Pilier à Noves-Eyragues (Honneur Provence) : « Les anciens réflexes restent et ça casse le rythme »

Cela incite à se baisser très bas. La difficulté aussi est sur le plaquage à deux. Quand on veut gratter le ballon, il faut être sûr que son partenaire relâche le porteur pour gratter car même si ce n’est pas simultané, les arbitres ont tendance à siffler. Cela change complètement le style de jeu. Il n’y a plus besoin d’être un gros gabarit et ça joue beaucoup après contact, ce qui en soit n’est pas plus mal même si je me sens moins utile. Souvent les anciens réflexes restent et ça casse le rythme d’un match.

Mathieu GUYOU, Entraîneur de Cergy-Pontoise (Fédérale 3) : « Le principe est bon, l’introduction beaucoup moins »

Je trouve le principe bon de vouloir favoriser le jeu, mais le rendu est tout autre. Un match à plus de 40 pénalités est plus haché que fluide. Selon moi, c’était une bonne chose à la base mais qui a été lancé trop vite et dans la précipitation, notamment chez les seniors. Cela amène son lot d’incompréhensions chez les joueurs pour qui ça a été compliqué de s’adapter. Il aurait peut-être fallu lancer cette réforme sur plusieurs saisons : tout d’abord dans les catégories inférieures chez les cadets et juniors puis ensuite chez les seniors. Le principe est bon mais l’introduction beaucoup moins.

Lionel CONDOURET, Entraîneur de Castelnaudary (Fédérale 2) : « Les équipes besogneuses sont embêtées »

Il a été très difficile de s’adapter. Les arbitres font au mieux mais souvent l’intensité ou le moment du match font varier les décisions. De plus, cela nous fait reprendre les bases et beaucoup de nos joueurs, de grands deuxième ligne par exemple, ne peuvent plus coffrer le ballon ou plaquer à leur hauteur. Les équipes comme nous très axées sur le combat d’avants, soit le pick and go et les rucks, sont embêtées. Cela favorise les équipes joueuses et non les besogneuses comme nous, surtout quand on affronte les équipes toulousaines qui ont ça dans leur ADN. On a beau répéter avant et pendant les matchs à nos gros gabarits de plaquer en bas, on est quand même beaucoup pénalisés. Pour ces joueurs-là, c’est très difficile.

 

 

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