Le nouvel équilibre du pack

  • Sekou Macalou of France during the rugby test match between France and New Zealand at Stade des Lumieres on November 14, 2017 in Lyon, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport)
    Sekou Macalou of France during the rugby test match between France and New Zealand at Stade des Lumieres on November 14, 2017 in Lyon, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

Obligé de reconstituer l’axe droit de sa mêlée tout en présentant des garanties en touche, dans les ballons portés mais aussi dans le jeu courant, le pack tricolore devrait trouver un nouvel équilibre autour de profils de joueurs clairement définis, en deuxième comme en troisième ligne.

"Retrouver une conquête qui fait peur ". Voilà, en quelques mots glissés dans nos colonnes, en quoi consistait la priorité des priorités de Fabien Galthié, bien conscient que, "pendant la Coupe du monde, le XV de France présentait une des plus mauvaises conquêtes ". Preuve en avait été apportée au Japon, où toutes les équipes du monde cherchaient (et souvent parvenaient…) à prendre les Tricolores sur leur point faible des ballons portés. Le pack des Bleus buvant même le calice jusqu’à l’hallali face au pays de Galles, en se faisant démembrer sur la mêlée la plus importante du Mondial. Vous savez, ce ballon que le demi de mêlée Tomos Williams parvint à arracher des mains d’un Charles Ollivon sur le reculoir, pour provoquer à l’aide d’un réalisateur peu zélé l’essai de la victoire galloise, aplati par Ross Moriarty. Des instantanés qui ont évidemment fait mal à tous les glorieux anciens et autres aficionados des Bleus, et forcément nourri la réflexion du nouveau staff au moment de constituer sa liste… "La base du rugby est là : la touche, la mêlée, la défense, les mauls, appuyait Galthié. L’agressivité, en fait. "

Deuxième ligne : la puissance d’abord

Un sujet qui dépend, à l’évidence, des hommes qui l’incarnent. Et si à ce sujet, le nouveau staff a pris soin de tripler tous les postes avec des critères facilement identifiables (deux "confirmés ", un novice), force est de constater que certaines idées-forces affleurent clairement, qui suggèrent quelques partis pris quant aux profils voulus à chaque poste du pack, notamment au niveau du "cinq de derrière. "

Si l’on part en effet du postulat que Bernard Le Roux (seul trentenaire conservé par le sélectionneur) fait figure de titulaire certain au poste de deuxième ligne gauche, on peut aisément envisager que celui-ci soit aligné aux côtés de Paul Willemse ou Romain Taofifenua, les deux seuls "droitiers " de métier en l’absence de Sébastien Vahaamahina. Deux joueurs au profil assez similaire, qui laisse entendre que Fabien Galthié et son staff attendent d’abord de leurs deuxième ligne qu’ils imposent en premier lieu leur puissance au sol plutôt que dans les airs. Un argument qui explique probablement pourquoi Arthur Iturria, moins massif qu’un Palu (appelé, au nom de sa capacité à pousser des deux côtés de la mêlée, à faire figure de remplaçant idéal…) a vu sa candidature retoquée au dernier moment en deuxième ligne !

Troisième ligne : de la hauteur… et de la vitesse !

Mais alors, sachant que le jeu aérien sera davantage l’apanage de la troisième ligne, pourquoi justement ne pas y avoir retenu le Clermontois, dont la polyvalence demeure le principal atout ? Justement parce qu’en l’espèce, sa polyvalence devient sa faiblesse au vu des profils de flankers souhaités, certes aériens, mais d’abord jugés sur leur vitesse. Les convocations de Cretin, de Woki et évidemment de Macalou trouvent ici tout leur sens, tout comme la non-séléction des Lauret, Camara et autres Jelonch. Ceci étant dit, la triplette titulaire a de fortes chances d’être plutôt constituée du trio Ollivon-Alldritt-Cros, qui a de par sa complémentarité et sa justesse technique tapé dans l’œil de tous les observateurs au mois d’août à Nice, lors du premier France-Écosse en préparation de la Coupe du monde. Cros ayant en outre le mérite d’apporter à l’équipe sa science de la défense des ballons portés, dont il demeure un des meilleurs spécialistes dans l’Hexagone, ce qui a probablement beaucoup manqué aux Bleus au Japon…

Un choix effectué au détriment de la touche, diront certains ? Peut-être. Sauf qu’on leur rétorquera que les Bleus présenteront tout de même de la hauteur, avec trois joueurs aux alentours du double mètre (Le Roux, Willemse et Ollivon). Et que, en cas d’urgence, ces derniers pourront compter sur Sekou Macalou pour apporter une solution supplémentaire en cours de match… Quant au dernier grief susceptible d’être adressé, au sujet de l’absence de "plaqueur-gratteur" en troisième ligne, à l’exception (notable) d’Alexandre Fischer ? On se bornera simplement à constater qu’il s’agit là de l’ambition d’une équipe désireuse d’imposer son rugby plutôt que le subir, d’abord. Mais aussi qu’au sein du cinq de devant, les Le Roux, Poirot, Chat ou Bamba sont loin d’être maladroits dans l’exercice des contests, ce qui compense aisément les présumées lacunes d’une troisième ligne qui sera d’abord là pour imposer une immense pression et chasser les adversaires le plus haut possible, selon les vieux principes de Shaun Edwards…

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir