• Arthur Vincent (France) champion du monde U20 avec les Bleus
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Edito

Nouvelle vague

L'édito de Léo Faure... Tout juste la liste des 42 premiers joueurs de l’ère Galthié-Ibanez dévoilée qu’on se plonge vers la suite. Il y aura ce stage à Naples, tout d’abord, pour le staff uniquement qui ira auprès des moins de vingt ans "s’entraîner à entraîner", comme il aime tant le faire savoir. Il y aura Nice, les premiers galops d’entraînement à balles réelles où, en quelques jours seulement, la nouvelle direction sportive du XV de France devra faire d’une sélection, une équipe. Avec ce que cela comporte comme exigences de jeu, de vie, d’ambitions. C’est peu.

Il y aura le grand raout de Londres, où Ollivon fraîchement nommé étrennera une première fois ses galons de capitaine, pour le lancement officiel du Tournoi des 6 Nations. Exercice de communication en perspective. Il y aura, surtout, le 2 février à 16 heures. Un dimanche, pour commencer. Le Stade de France, pour se réconforter. L’Angleterre, pour mieux se tester.

C’est là, déjà, que les esprits chagrins se projetaient ce mercredi après-midi, dès que Gatlhié eut conclu son exercice d’énumération des 42 joueurs retenus. Le XV de la Rose et son collectif si éprouvé en ouverture, voilà qui vous immerge sans attendre dans la vérité du meilleur niveau planétaire. Et qui accélère encore un peu plus le temps disponible pour se présenter, déjà, prêts.

En ce sens, la liste de Galthié a pu inquiéter. En faisant appel à 19 nouveaux joueurs et un groupe de moins de 24 ans de moyenne d’âge, le nouveau sélectionneur s’est certainement compliqué la tâche, à court terme. Il faudra à ces jeunes hommes apprendre et vite.

On comprend cependant un peu mieux la stratégie de ce nouveau staff en place, derrière ses éléments de langage : il promettait trois flèches du temps — à court, moyen et long terme — comme autant d’objectifs mais jurait se soucier en premier lieu du Tournoi des 6 Nations, version 2020. Avant tout le reste. Message rassurant et engageant pour le public, les partenaires, les médias. La vérité de la liste dit autre chose : le Mondial 2023 est bien l’objectif prioritaire. La disparition des trentenaires, exception faite de Bernard Le Roux (trente ans tout juste) à un poste en souffrance, en atteste.

Sans le dire, ce XV de France réclame donc du temps. Il en aura, comme ses devanciers qui, à chaque nouveau mandat, à chaque entame de cycle, ont bénéficié d’une certaine indulgence. En 2020 dans ce si cher Tournoi des 6 Nations, on aimera donc la victoire mais on jugera surtout le fond, le contenu de la performance et plus encore la progression. On évaluera le potentiel et les promesses, se détournant une fois de plus de l’absolu nécessité de victoire. Si elle vient, tant mieux. Faute de mieux, on se pansera d’espérances.

Mais l’expérience montre aussi ceci, que cette indulgence n’est jamais éternelle. En Bleu encore mois qu’ailleurs. Une fois éprouvée, cette jeunesse française que Galthié vient de propulser en responsabilité devra gagner.

Elle a le talent pour. Un talent immense, comme aucune génération tricolore depuis quinze ans. Ça ne fait pas tout. Il lui faudra demain accepter les exigences intenses du niveau international, pour s’y complaire. Casier vierge en Bleu, cette nouvelle vague a tout pour réussir et fait déjà naître, dans son innocence, une sacrée dose d’enthousiasme chez ses plus fervents supporters. Trop peut-être, comme autant d’attentes à porter. Car il reste le plus dur, justement : réussir.

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