• Un capitaine, Charles Ollivon, un sélectionneur, Fabien Galthié, une jeune génération confirmée à l’approche du Tournoiet une autre qui laisse sa place.
    Un capitaine, Charles Ollivon, un sélectionneur, Fabien Galthié, une jeune génération confirmée à l’approche du Tournoiet une autre qui laisse sa place. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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XV de France

Vent de fraîcheur

Ce mercredi, le nouveau duo d’hommes forts en Bleu Galthié-Ibanez a levé le voile sur la liste de 42 joueurs qui préparera le prochain Tournoi des 6 Nations. Si le rajeunissement était annoncé et attendu, il est particulièrement prononcé. Le XV de France nouveau est arrivé.

Puisque c’est encore la période, d’abord un vœu. Souhaitons à Raphaël Ibanez et Fabien Galthié que le Tournoi des 6 Nations débute mieux que cette conférence de presse pour dévoiler leur première liste de joueurs. Mercredi, le manager du XV de France venait à peine d’entamer sa prise de parole qu’un vilain Larsen assourdissant est venu l’interrompre quelques minutes. Sourires gênés de circonstance sur l’estrade, branle-bas de combat pour les services fédéraux en coulisses. Pour le nouveau duo — angoissé du bocal à l’idée de ne pas maîtriser sa communication — premier couac. "Il y a trop d’ondes dans cette salle" a alors ironisé l’ancien talonneur. Et de préciser : "Des ondes positives, évidemment. "

Ensuite, un constat. à l’heure où l’âge du départ à la retraite est un sujet brûlant de l’actualité nationale, Fabien Galthié n’a pas été d’un précieux secours pour le gouvernement d’Edouard Philippe. Exit les trentenaires, exception faite de Bernard Le Roux qui vient tout juste de franchir le cap. Galthié le jure pourtant : "Il n’y a pas d’âge pivot ", pour prétendre à l’équipe de France. Il n’empêche. Rabah Slimani (30 ans), Maxime Médard (33 ans), Yoann Huget (32) ou encore Wenceslas Lauret (30), tous titulaires lors du quart de finale perdu contre le pays de Galles lors du dernier Mondial, sont plus ou moins priés de prendre leur retraite. De quoi rendre jaloux quelques cheminots en lutte pour sauver leur régime spécial. "On ne fait pas du jeunisme, se défend encore Galthié. On s’est vraiment concentrés sur les forces en présence et leur potentialité. Nos choix sont les choix les plus équilibrés possible. " Soit…

Les chiffres sont implacables (voir ci-dessous) et font parfois voler en éclats les certitudes. Sur les quarante-deux joueurs retenus, dix-neuf n’ont jamais vu, ni de près ni de loin, le maillot du XV de France. Jusqu’à mercredi, certains n’y pensaient sans doute même pas. Un exemple ? Un garçon comme Lester Etien n’a pas eu la chance - au contraire de six de ses partenaires du Stade français - d’avoir un entretien avec le staff tricolore et son nom n’avait pas fuité dans la presse.

Galthié et Ibanez ont insisté : ils veulent s’appuyer sur la jeunesse dorée française. Sacrés champions du monde chez les moins de 20 ans, Romain Ntamack et Demba Bamba ont déjà mis le pied à l’étrier. Ils seront rejoints par Louis Carbonel, Kilian Geraci, Jean-Baptiste Gros, Arthur Vincent et Cameron Woki. "Ces joueurs qui vont porter le maillot du XV de France ont déjà gagné chez les jeunes, justifie Ibanez. Et ils pourraient jouer dès le 2 février (contre l’Angleterre) sans qu’on ait le sentiment de prendre un risque." "Ce n’est pas une sélection qui tombe du ciel, ajoute Galthié. S’ils sont là, c’est qu’ils ont prouvé qu’ils pouvaient aspirer à devenir des joueurs de l’équipe de France." Les deux anciens partenaires ne se sont pas quittés d’une semelle pour défendre leurs choix, le premier venant au soutien du second et inversement. Un joli numéro pour cette unité spéciale.

Cinq questions

Durant cette conférence de presse, comme lors des deux premières à Montgesty et Hossegor, il a encore été beaucoup question de l’identité du XV de France, du fonctionnement et du cadre de vie des Bleus. Autant de chevaux de bataille de Galthié et Ibanez. Après les entretiens d’embauche, les heureux élus ont pour mission, sous cinq jours, de répondre à cinq questions. Et dès le premier jour de rassemblement à Nice (le 20 janvier), ils seront répartis par groupes de huit ou neuf pour travailler sur des "Practices", dixit Galthié. "Nous en avons défini cinq : le sacré, la santé et la nutrition, la gestion du matériel et la logistique, la gestion de la compétition et notre image, notre parole". Un bachotage nécessaire à la bleusaille pour "co-construire" un projet en direction de France 2023. Mais Galthié l’a aussi rappelé : "on veut vite gagner des matchs et des compétitions." Deux objectifs aussi louables qu’ambitieux. Reste la question de la compatibilité…

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