Trois hommes, un ouvreur

  • Romain Ntamack.
    Romain Ntamack. Icon Sport / Icon Sport
  • Matthieu Jalibert.
    Matthieu Jalibert. Icon Sport / Icon Sport
  • Louis Carbonel
    Louis Carbonel Icon Sport / Icon Sport
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Avec Louis Carbonel, Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, le nouveau sélectionneur du XV de France Fabien Galthié dispose de trois ouvreurs de grand talent. Mais qui sera son titulaire ? Doit-il privilégier la continuité avec Romain Ntamack ou donner sa chance à l’homme en forme, à savoir le Bordelo-Béglais Mathieu Jalibert ? Sur le sujet, plusieurs écoles s’opposent…

Le problème, on le pose ici de façon très claire : depuis Christophe Lamaison, l’un des grands messieurs de la Coupe du monde 1999, le XV de France ne s’est jamais plus appuyé sur un demi d’ouverture de carrure internationale. Depuis « Titou », beaucoup se sont succédé : il y a eu Gérald Merceron, Damien Traille, François Gelez, Frédéric Michalak, Rémi Talès, Lionel Beauxis, Jules Plisson, David Skrela, François Trinh-Duc, Camille Lopez et on en oublie probablement. Mais qu’on le veuille ou non, aucun d’entre-eux ne s’est jamais imposé comme le Johnny Sexton tricolore, le Dan Carter français, soit un meneur de jeu immuable, indéboulonnable et faisant, autour de sa seule personne, l’unanimité.

Pour expliquer le marasme, on a longtemps plaidé le fait que les postes d’ouvreur, en Top 14, étaient tous squattés par des étrangers, à savoir Jonny Wilkinson à Toulon, Brock James à Clermont-Ferrand, Diego Dominguez au Stade français. Mais ces derniers mois, le panorama a néanmoins beaucoup évolué, « l’effet Jiff » a joué à plein et, malgré Zac Holmes à Toulouse ou Finn Russell dans les Hauts de Seine, les clubs français ont décidé de responsabiliser à ce poste clé des « joueurs sélectionnables. ».

A l’hiver 2020, le XV de France n’a donc jamais été aussi riche à l’ouverture et, alors que le vieux Tournoi pointe son nez, le nouveau sélectionneur Fabien Galthié peut compter sur trois meneurs de jeu de très grand talent, à savoir Romain Ntamack (20 ans), Matthieu Jalibert (21 ans) et Louis Carbonel (20 ans). Mais dans quel ordre, au juste ? A ce jour, il se murmure que le successeur de Jacques Brunel souhaiterait démarrer la compétition européenne avec le Bordelais Jalibert à l’ouverture.

Le meneur de jeu girondin est l’homme en forme du début de saison et, s’il était titularisé face à l’Angleterre, cette décision conduirait probablement au déplacement de Romain Ntamack au poste de premier centre. Gaël Fickou, dont la collaboration avec Virimi Vakatawa avait été convaincante au Japon, serait dès lors poussé sur le banc de touche, au nom d’une polyvalence qui commence à lui coûter cher au niveau international.


Honneur aux Mondialistes face aux Anglais ?


L’autre tendance, qui était la plus crédible il y a encore deux mois, voudrait que la ligne de trois-quarts tricolore soit au contraire construite sur le modèle de la Coupe du monde japonaise, laissant Romain Ntamack (titulaire lors du dernier Mondial) et Antoine Dupont aux manettes, poussant Jalibert sur le banc de touche mais offrant aux Tricolores des repères avant d’affronter l’Angleterre, vice-championne du monde en titre.
Alors, qu’attend donc Fabien Galthié pour trancher, au juste ? à ce sujet, on dira simplement que les premiers entraînements en opposition des Tricolores, prévus à partir du 19 janvier à Marcoussis puis à Nice, donneront à l’ancien capitaine du XV de France une idée claire. Pardon ? On ne parle pas de Louis Carbonel, vous dites ?

A ce jour le Toulonnais fait clairement figure de numéro 3 dans la hiérarchie des ouvreurs tricolores. Instable par nature, celle-ci pourrait néanmoins offrir au Varois sa chance, tôt ou tard dans la saison, au gré des humeurs de la vox populi et du tempérament, plutôt changeant, des rugbyphiles latins...

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