• L’essai d’Yvan Reilhac permit aux Montpelliérains de s’imposer dans les toutes dernières minutes.
    L’essai d’Yvan Reilhac permit aux Montpelliérains de s’imposer dans les toutes dernières minutes. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Champions Cup

Le plan a changé à Montpellier

Les Héraultais s’imposent dans les dernières minutes et terminent leur parcours décevant en Champions Cup, sur une bonne note (succès bonifié). Évitant ainsi, la dernière place de leur poule.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Un leitmotiv respecté à la perfection par les hommes de Xavier Garbajosa, devenus maîtres dans l’art de se saborder. Même lorsque le plan adopté semble parfait. Dès l’entame, et cet essai de Chilachava survenu après une séquence de jeu de trois minutes trente, les avants héraultais montrent la voie à suivre. Dominateurs dans ce jeu à une passe, simple mais efficace, ils avancent dans l’axe et dominent leurs vis-à-vis sur pick and go. Ainsi que sur maul. Deux groupés pénétrants avancent sur vingt mètres (22e et 23e), et sur le troisième, c’est le nouvel appelé en équipe de France Gabriel Ngandebe, qui multiplie les crochets pour aller à l’essai. Bis repetita sur un sublime lancement de jeu après mêlée : Pollard trouve Reilhac d’une merveille de diagonale au pied, l’ailier prolonge d’un coup de pompe récupéré par Goosen et Ngandebe se retrouve à la conclusion (après des pick and go). Impériaux en conquête (100 % en touche, onze lancers sur onze conservés), en réussite offensivement grâce à d’excellents soutiens (11 franchissements, 41 défenseurs battus et 18 offloads) et bien organisés en défense, les Cistes ont trouvé la tactique gagnante. Ils n’ont plus qu’à la respecter à la lettre pour faire craquer les Irlandais dans le défi physique. Et les étouffer en misant sur le jeu au pied de Pollard et de Goosen. Afin de se diriger ainsi vers un succès tranquille, précieux sur le plan de la confiance. Simple non ? Pensez-vous…

Cinquante trois mètres parcourus en mauls !

"On fait une super entame et, trou noir ! […] Il faudra vite gommer ces trous d’air que nous avons un peu à tous les matches et qui nous mettent en stress à chaque fois. C’est pesant", explique Gabriel Ngandebe. Une ritournelle pour le MHR, qui se déconcentre, manque d’humilité et se met à surjouer dès qu’il prend un peu d’assurance : relâchement défensif, mauvais dégagement au pied, passe de trop inutile entre "gros"… Xavier Garbajosa confirme : "On a le don de se remettre au fond de la gamelle quand on fait de belles choses. On parle toujours de manque de confiance, là, on parle peut-être d’un manque d’humilité parce que ça devient facile, ou alors on ne reste pas suffisamment en alerte." Jusqu’à ce que Montpellier, mené et en danger (lire le match), ne se reconnecte tactiquement à la réalité. Les locaux misent alors à nouveau sur un rugby axial, des mauls gagnants (52e et 62e) et reprennent le momentum. Avant de s’imposer grâce à un essai de Reilhac, après un lancement derrière mêlée… Le manager poursuit : "Après, j’ai envie de retenir le positif. Je pense que ce match fera date. Prendre quatre essais en onze minutes… Je pense que pas mal d’équipes se seraient délitées et auraient fini par éclater. Les gars se sont accrochés, encore plus à quatorze à la fin, jusqu’à pousser les Irlandais dans leurs retranchements." Précieux pour le moral. Le capitaine Kélian Galletier conclut : "Je pense que nous prenons un peu confiance avant La Rochelle. Et que nous avons aussi quelques certitudes, mais elles sont fragiles." Alors messieurs, svp, arrêtez de vouloir faire compliqué pour séduire à tout prix ; quand la simplicité et vos forces naturelles peuvent vous faire gagner sans trembler.

Julien Louis
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